Netanyahu et Gantz parlent d’unité alors que leurs partis se déchirent
Rechercher

Netanyahu et Gantz parlent d’unité alors que leurs partis se déchirent

Selon le Premier ministre les différences sont minimes et invite le chef de Kakhol lavan à le rencontrer pour former une coalition ; Gantz insiste pour diriger un tel gouvernement

Photo composite du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et de Benny Gantz dans des bureaux de vote de Jérusalem et de Rosh Haayin, respectivement, pendant les élections à la Knesset, le 2 mars 2020. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL, AP Photo/Sebastian Scheiner)
Photo composite du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et de Benny Gantz dans des bureaux de vote de Jérusalem et de Rosh Haayin, respectivement, pendant les élections à la Knesset, le 2 mars 2020. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL, AP Photo/Sebastian Scheiner)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son rival Benny Gantz ont tous deux exprimé mardi leur volonté de poursuivre les efforts pour former un gouvernement d’unité qui inclurait leurs deux partis, alors même que le Likud et Kakhol lavan ne cessent de s’invectiver.

Gantz a été chargé la semaine dernière de former un gouvernement suite au soutien de 61 députés qui l’ont désigné pour être Premier ministre. Il lui reste une semaine pour former une coalition. Cependant, comme il n’a pas assez de voix pour un gouvernement qui compte sur le soutien du parti faucon d’Avidgor Liberman, Yisrael Beytenu, et de la Liste arabe unie à majorité arabe, l’option principale est restée un gouvernement d’unité.

Ces derniers jours, le Likud et Kakhol lavan se sont affrontés à propos de la demande de ce dernier de convoquer un vote à la Knesset pour remplacer le président du Parlement, Yuli Edelstein, membre du Likud. Une telle décision donnerait au parti de Gantz le contrôle du programme législatif, y compris, éventuellement, l’adoption d’une loi qui empêcherait Netanyahu d’être Premier ministre. Lundi soir, la Cour suprême a décidé que M. Edelstein devait procéder à un tel vote avant mercredi. Le Likud a averti que si Edelstein était remplacé, ce serait la fin des négociations sur l’unité.

Netanyahu a tweeté mardi que la pandémie de coronavirus était un moment crucial dans lequel le leadership et la responsabilité nationale devaient primer, affirmant que les désaccords entre les rivaux concernant les spécificités d’un gouvernement d’unité sont faibles et peuvent être surmontés.

« Les citoyens d’Israël ont besoin d’un gouvernement d’unité qui agisse pour sauver leurs vies et leurs moyens de subsistance », a-t-il déclaré, s’adressant à Gantz. « Ce n’est pas le moment de procéder à une quatrième élection. Rencontrons-nous maintenant et formons un gouvernement aujourd’hui. Je vous attends ».

Un plénum presque vide, en raison des restrictions contre le coronavirus, lors de la prestation de serment de la 23e Knesset, le 16 mars 2020. À gauche, Benny Gantz. Au centre, de dos, Benjamin Netanyahu. (Gideon Sharon/ Porte-parole de la Knesset)

Gantz a déclaré qu’il exigeait d’être le premier à occuper le poste de Premier ministre dans le cadre d’un accord de rotation.

« Je demande et exige que le gouvernement d’union soit dirigé par moi, puisque je suis celui qui dispose de 62 sièges à la Knesset », a-t-il indiqué aux militants de son parti qui manifestaient devant sa maison, l’appelant à former une coalition d’unité plutôt qu’un gouvernement minoritaire soutenu par la Liste arabe unie.

« Certains espèrent faire partie d’un gouvernement d’unité sous la direction de Netanyahu, comme si c’était la seule alternative », a ajouté M. Gantz. « J’ai dirigé des guerres. Nous savons comment gérer les crises nationales aussi bien qu’eux ».

Le Likud s’est enflammé plus tôt mardi à la suite de la décision de la Cour suprême et de la formation de commissions de contrôle parlementaire par Kakhol lavan malgré l’opposition du parti de Benjamin Netanyahu.

Après avoir pris le contrôle de la commission des Arrangements, qui détermine quelles commissions parlementaires seront formées et qui y siégera pendant un gouvernement de transition, le bloc de centre-gauche a fait avancer, lundi dernier, la formation de six commissions parlementaires spéciales, dont une pour contrôler la gestion de la crise du coronavirus par Israël. Le bloc du Likud a boycotté tous les votes.

« Kakhol lavan, le leader d’Yisrael Beytenu, Avidgor Liberman, et la Liste arabe unie, majoritairement arabe, ont décidé de voler la Knesset à 2,5 millions d’électeurs de droite », a clamé le Likud dans un communiqué mardi.

« Tout en faisant preuve d’une force destructrice sans précédent, ignorant toute norme existante dans l’histoire de la Knesset, ils ont décidé de former pas moins de six commissions temporaires, dans lesquelles ils se sont tous fixés une majorité avec leur représentant à la tête de la commission », a-t-il accusé. « C’est tout à fait contraire à la répartition globale des sièges à la Knesset et à la pratique acceptée par les 22 Knesset précédentes ».

Le parti a déclaré que le bloc de droite « ne coopérera pas avec cela et ne participera pas à ces discussions et votes antidémocratiques, qui invalident et ignorent 58 députés choisis par le peuple ». Il s’est engagé à lutter contre « les comportements de voyous et d’antidémocrates ».

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, lors du vote sur un projet de loi visant à dissoudre la Knesset, le 11 décembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Lundi soir, les juges de la Cour suprême ont ordonné à Edelstein d’organiser un vote d’ici mercredi pour le remplacer, se prononçant contre ses efforts destinés à bloquer celui-ci et qualifiant ses tactiques dilatoires d’injustifiées et d’antidémocratiques.

Cette décision est intervenue à peine une heure après que M. Edelstein a rejeté la demande des juges qui lui avaient réclamé plus tôt dans la journée de procéder à un vote pour désigner un nouveau président.

Si Edelstein devait à nouveau défier la cour, Israël serait plongé dans une crise constitutionnelle.

L’intéressé perdrait probablement son poste lors du vote, car une alliance de 61 députés dirigée par le rival de Netanyahu, Benny Gantz, chef du parti Kakhol lavan, devrait soutenir le fidèle de Gantz, Meir Cohen, pour le poste. Le parti Kakhol lavan prendrait alors le contrôle de l’agenda parlementaire.

Kakhol lavan cherche également à faire avancer une législation qui empêcherait un membre de la Knesset faisant l’objet d’accusations criminelles de former un gouvernement, ce qui aurait pour effet de disqualifier Netanyahu.

Edelstein a déclenché une tempête de critiques mercredi dernier après avoir refusé que le plénum de la Knesset se réunisse pour voter à la fois sur la création de la Commission des arrangements et sur l’élection d’un nouveau président. Edelstein a d’abord soutenu que le gel était lié à des mesures de sécurité dans le contexte de l’épidémie de coronavirus, mais il a ensuite expliqué qu’il visait à forcer le Likud et Kakhol lavan à faire des compromis dans les négociations d’unité.

Les critiques ont dénoncé que cela équivalait à une fermeture illégale du Parlement par le Likud afin d’améliorer l’influence du parti dans les négociations de coalition, et d’autres ont fait valoir que cela faisait partie d’une tentative de manœuvre politique, avec une majorité parlementaire dirigée par Gantz empêchée de prendre le contrôle de l’agenda de la Knesset.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...