Netanyahu et Rivlin prônent l’unité au service de commémoration de l’Altalena
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Netanyahu et Rivlin prônent l’unité au service de commémoration de l’Altalena

Le président a estimé que "nous ne devons pas permettre au discours de la division de tout détruire ; et personne ne le sait mieux que le Premier ministre"

Le président Reuven Rivlin lors d'une cérémonie à la mémoire des soldats israéliens tués au Liban à Jérusalem, le 19 juin 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/FLASH90)
Le président Reuven Rivlin lors d'une cérémonie à la mémoire des soldats israéliens tués au Liban à Jérusalem, le 19 juin 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/FLASH90)

Le président Reuven Rivlin et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont prôné « l’unité » lors d’une cérémonie de commémoration qui a eu lieu mardi en hommage aux victimes du navire Altalena, coulé pendant la guerre de l’Indépendance dans un contexte de guerres intestines entre les groupes militaires juifs.

Netanyahu a dit : « Nous sommes tous attachés à prévenir une guerre entre frères. Une divergence d’opinion fait partie intégrante de la démocratie ».

« La démocratie, c’est l’unité du peuple », a-t-il ajouté. « L’unité n’est pas l’uniformité mais lorsque nous sommes en conflit, nous devons garder en mémoire que nous sommes frères. Nous ne formons qu’un seul peuple et il n’y en a pas d’autre. »

Rivlin a noté que la cérémonie était un rappel que « la plus grande menace faite à notre pays, même 70 années après la fondation de la nation, se trouve en nous ».

Il a averti que « le discours altalénique gouverne Israël. Un discours qui est par moment superficiel et violent. Même le mot ‘unité’, lancé dans l’air, semble ne plus avoir de signification et disparaître dans le contexte de l’atmosphère générale ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une cérémonie en mémoire des présidents israéliens et des Premiers ministres décédés à la résidence du président de Jérusalem, le 17 juin 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

« Chaque tribu désire que son histoire seule soit racontée, que sa vérité seule l’emporte. Au lieu de se battre en faveur d’un cadre partagé, droite et gauche tentent d’effacer le récit de l’autre », a-t-il dit. « Nous ne devons pas permettre au discours de la division de tout détruire. »

Il a alors ajouté, critiquant possiblement Netanyahu : « Et personne ne le sait mieux que le Premier ministre ».

Netanyahu a souvent été accusé de tenir un discours clivant. Ces derniers mois, alors que ses déboires judiciaires ne cessaient d’augmenter, il a clamé de manière répétée que les accusations lancées à son encontre faisaient partie d’un complot ourdi par la gauche israélienne pour le déchoir du pouvoir, même s’il n’en a jamais présenté aucune preuve.

« Si nous ne parvenons pas à sauver ce tissu qui nous lie, nous sombrerons alors dans l’abîme de haine qui a détruit notre foyer national à plus d’une occasion », a poursuivi Rivlin.

Le navire Altalena, qui transportait une importante cargaison d’armements, avait été amené en Israël par la milice Irgoun de Menachem Begin pendant la guerre de l’Indépendance du pays, au mois de juin 1948.

Le jeune gouvernement de David Ben-Gurion, qui était alors en conflit avec Begin, avait demandé que le bateau et son chargement soient remis à la toute nouvelle armée israélienne.

Alors que le navire atteignait la côte, venant s’échouer près du rivage, une confrontation a eu lieu et s’est conclue par une fusillade entre les membres de la milice Irgoun qui se trouvaient à bord et les soldats de l’armée qui étaient à terre et qui avaient reçu l’ordre de détruire le vaisseau. Le bateau avait été incendié par des tirs de canon militaires sous le commandement du jeune Yitzhak Rabin, qui deviendra chef d’Etat-major puis Premier ministre.

L’Altalena est en flammes après avoir été la cible d’un tir de canon, au large de Tel Aviv, le 22 juin 1948. (Crédit : GPO)

Seize membres de la milice Irgoun et trois soldats ont perdu la vie et la cargaison du navire avait été perdue.

Cette affaire était devenue plus tard un cri de ralliement pour la droite israélienne.

« S’il y a de l’héroïsme dans l’affaire Altalena… Menachem Begin est le héros », a dit Rivlin. « Begin est un symbole et il est l’exemple illustre de ce que même après que le sang a coulé, il est possible de tout faire pour maintenir notre unité. »

Netanyahu, pour sa part, a dit que pendant des décennies, le narratif « d’un camp avait été placé de côté » dans la transmission de l’histoire de l’Altalena.

« L’histoire a été écrite et parfois réécrite par ceux qui se sont considérés comme les vainqueurs », a-t-il dit. « Ce n’est que grâce à nos actions, à celles de notre gouvernement, que les guerriers tiennent dorénavant la place qui est la leur dans les annales d’Israël. »

Lundi, Rivlin et Netanyahu ont paru se quereller sur le rôle du système judiciaire israélien lors d’un événement organisé à la résidence du président de Jérusalem, lors duquel le président a semblé critiquer l’attitude de Netanyahu envers les tribunaux.

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