Netanyahu : Israël ne va pas « coopérer » avec la CPI
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Netanyahu : Israël ne va pas « coopérer » avec la CPI

"La CPI n'a pas de légitimité pour ouvrir une enquête" contre l'État hébreu, lit-on dans un communiqué du bureau du Premier ministre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors d'une conférence de presse à la Knesset à Jérusalem, le 2 novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors d'une conférence de presse à la Knesset à Jérusalem, le 2 novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Israël ne va pas « coopérer » avec la Cour pénale internationale (CPI) dans le cadre d’une enquête sur des crimes de guerre présumés dans les Territoires palestiniens, a indiqué jeudi le bureau du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, dans un communiqué.

« Israël a décidé de ne pas coopérer avec la CPI », affirme le texte, affirmant que « la CPI n’a pas de légitimité pour ouvrir une enquête » contre Israël.

La procureure générale de la Cour, Fatou Bensouda, a ouvert début mars une enquête sur des crimes de guerre présumés dans les Territoires palestiniens, une initiative rejetée par Israël mais saluée par les Palestiniens.

L’Etat hébreu n’est pas membre de la CPI, contrairement à l’Autorité palestinienne.

Selon le système de la CPI, qui siège à La Haye, un Etat peut, s’il le souhaite, tenter de prouver qu’il a lui-même ouvert une enquête sur les crimes concernés et ainsi demander que l’enquête de la Cour lui soit déférée.

Le 19 mars, la Cour a donné un délai d’un mois à Israël et aux Palestiniens pour demander le report de l’enquête.

« L’ingérence inacceptable du tribunal est dépourvue de toute base légale et contrevient aux objectifs pour lesquels elle a été établie. L’État d’Israël est attaché à l’état de droit et continuera d’enquêter sur toute accusation portée contre lui, quelle qu’en soit la source, et espère que la cour s’abstiendra de violer son autorité souveraine. Le Premier ministre Netanyahu a déclaré que pendant que les soldats de Tsahal se battent avec une moralité suprême contre des terroristes qui commettent de nouveaux crimes de guerre tous les deux jours, c’est Israël que le tribunal de La Haye a décidé de condamner. Il n’y a pas d’autre mot pour décrire cela que l’hypocrisie. Un organisme qui a été fondé pour défendre les droits de l’homme est devenu un organe hostile qui défend ceux qui bafouent les droits de l’homme. »

M. Netanyahu a tenu plusieurs réunions avec des hauts responsables sécuritaires et politiques pour décider de la réaction israélienne face à l’ouverture de cette enquête, précise le communiqué. Ont participé aux discussions le ministre de la Défense Benny Gantz, le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, le ministre Yuval Steinitz, le ministre Yoav Gallant, le ministre Michael Biton, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général. Aviv Kochavi, le chef du Conseil national de sécurité (NSC) Meir Ben-Shabbat, le procureur général Avichai Mandelblit et d’autres hauts fonctionnaires.

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La CPI « a pris une décision qui est l’essence même de l’antisémitisme et de l’hypocrisie », avait réagi M. Netanyahu après l’ouverture de l’enquête, ajoutant que son pays « prenait toutes les précautions pour minimiser les pertes civiles » dans sa lutte contre le terrorisme.

La CPI, seul tribunal permanent au monde pour les crimes de guerre, a été créée en 2002 pour juger les pires crimes de la planète lorsque les tribunaux locaux ne veulent pas ou ne peuvent pas intervenir.

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