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Netanyahu : Israël ne veut ni déplacer les Gazaouis, ni gouverner Gaza

Jérusalem et Washington poursuivent un "objectif commun" dans la guerre, déclare le Premier ministre à Fox News, et accuse Rashida Tlaib d’appeler au "génocide" des Israéliens

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est interviewé par Fox News le 9 novembre 2023. (Crédit : Capture d'écran X, utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est interviewé par Fox News le 9 novembre 2023. (Crédit : Capture d'écran X, utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Pour la première fois depuis le début de la guerre contre le Hamas, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré publiquement qu’Israël n’avait pas pour objectif de déplacer les Palestiniens de la bande de Gaza, répondant ainsi aux craintes exprimées par un nombre croissant de dirigeants régionaux qui pensent que tel est l’objectif caché de Jérusalem.

« Nous n’essayons pas de déplacer qui que ce soit », a déclaré Netanyahu lors d’une interview accordée à Fox News jeudi soir.

« Ce que nous essayons de faire, c’est d’amener les habitants de la partie nord de la bande de Gaza, où les combats ont eu lieu, à se déplacer de 1 à 6 km vers le sud, où nous avons établi une zone de sécurité », a poursuivi le Premier ministre. « Nous sommes favorables à la mise en place d’hôpitaux de campagne. Nous encourageons et facilitons l’acheminement de l’aide humanitaire. C’est ainsi que nous menons cette guerre. »

Il a également fourni de nouveaux détails concernant la vision d’Israël sur ce à quoi ressemblera Gaza après la guerre. « Nous souhaitons que la bande de Gaza soit démilitarisée, déradicalisée et reconstruite. Tout cela est faisable », a déclaré Netanyahu.

« Nous ne cherchons pas à conquérir Gaza. Nous ne cherchons pas à occuper Gaza. Et nous ne cherchons pas à gouverner Gaza », a ajouté le Premier ministre. Il ne s’est toutefois pas totalement aligné sur la position de l’administration du Président américain Joe Biden, qui a exprimé son souhait de voir l’Autorité palestinienne (AP) reprendre le contrôle de Gaza pour réunifier l’enclave avec la Cisjordanie sur le plan politique et ouvrir la voie à une solution à deux États.

Netanyahu, dont le gouvernement entretient des relations conflictuelles avec l’AP, a déclaré, sans détailler, qu’Israël devra « trouver un gouvernement civil sur place. »

« Dans un avenir proche… Il faudra qu’une force crédible puisse, si nécessaire, entrer dans la bande de Gaza et tuer les assassins. C’est ce qui permettra d’éviter l’émergence d’une autre entité semblable au Hamas », a-t-il ajouté.

De la fumée s’élève après une frappe aérienne israélienne dans la bande de Gaza, vue du sud d’Israël, le 9 novembre 2023. (Crédit : Leo Correa/AP)

L’interview de jeudi est la deuxième que Netanyahu accorde aux médias américains cette semaine. Elle intervient après une absence de toute interview pendant la majeure partie du premier mois qui a suivi l’assaut du Hamas le 7 octobre, lorsque quelque 3 000 terroristes ont pris d’assaut Israël, tuant environ 1 400 personnes et prenant au moins 240 otages. En réponse à ces attaques, Netanyahu a déclaré la guerre, dont l’objectif, selon Israël, est la destruction du groupe terroriste à Gaza.

Le Premier ministre a développé les propos qu’il avait tenus lundi sur ABC News, où il avait déclaré qu’Israël assumerait « la responsabilité globale de la sécurité » dans la bande de Gaza « pour une période indéterminée » après la fin de la guerre contre le Hamas.

« Mais ce que j’espère voir, c’est une bande de Gaza reconstruite pour les habitants de Gaza », a affirmé Netanyahu à Fox News.

Au cours de l’interview, le Premier ministre a également confirmé qu’Israël avait accepté des pauses humanitaires dans les combats menés par Tsahal dans certaines zones spécifiques du nord de la bande de Gaza, afin de permettre aux civils palestiniens d’évacuer les lieux.

« Les combats se poursuivent contre les terroristes du Hamas, mais dans des certaines zones spécifiques et pour une période déterminée de quelques heures… Nous voulons faciliter le passage en toute sécurité des civils loin de la zone des combats, et c’est ce que nous faisons”, a-t-il déclaré.

Netanyahu a continué à éviter d’utiliser l’expression « pause humanitaire » employée par l’administration Biden, ce qui semble être une manière de minimiser ce que nombre d’Israéliens considèrent comme une concession inacceptable, tant que le Hamas détiendra des otages. Mais un haut responsable israélien qui a informé le Times of Israel a reconnu que les pauses humanitaires formalisées étaient exactement ce que Jérusalem avait accepté.

Netanyahu a également réaffirmé qu’Israël n’accepterait pas un cessez-le-feu à plus long terme tant que les otages ne seraient pas libérés.

Ces pauses « tactiques et localisées » quotidiennes qu’Israël a accepté jeudi viendront élargir le corridor humanitaire mis en place dimanche pour permettre aux habitants de Gaza d’évacuer du nord au sud de la bande de Gaza, loin des zones de combat les plus intenses, a déclaré le haut responsable israélien, sous couvert d’anonymat.

Des Palestiniens fuyant vers le sud de la bande de Gaza le long de la rue Salah al-Din à Bureij, désignée comme corridor humanitaire par l’armée israélienne pour fuir le nord de Gaza, le 9 novembre 2023. (Crédit : Hatem Moussa/AP Photo)

Les nouvelles pauses de quatre heures auront lieu chaque jour dans un quartier différent du nord de la bande de Gaza. Les habitants seront prévenus trois heures à l’avance.

Ils pourront utiliser ce temps pour évacuer vers le sud en empruntant les deux couloirs humanitaires mis en place par Israël ou pour quitter leur domicile afin de se réapprovisionner en nourriture, en fournitures médicales et en autres produits d’aide, a précisé le haut responsable israélien.

Sur Fox News, Netanyahu a nié tout désaccord entre lui et Joe Biden, rumeurs qui sont venues suite aux propos du Président américain qui a déclaré aux journalistes que convaincre le Premier ministre israélien d’accepter une pause humanitaire de plusieurs jours avait pris plus de temps que prévu.

« Effectivement, cela a pris un peu plus de temps que je ne le pensais », a répondu Netanyahu après la diffusion d’un extrait des remarques de Biden au cours de l’interview.

« J’espérais que cela pourrait être rapidement mis en place, mais nous nous sommes heurtés aux conditions sur le terrain, à la sécurité de nos propres forces, aux otages que nous voulons faire sortir et aux corridors humanitaires que nous souhaitons voir fonctionner de manière optimale, ce qui, comme je l’ai dit, a été entravé par le Hamas qui a tiré sur les civils palestiniens… les empêchant de partir », a-t-il déclaré.

« Cela a pris un peu de temps, mais je pense que nous partageons un objectif commun, et j’apprécie beaucoup le soutien que le président Biden, l’administration, le peuple américain et le Congrès des deux bords ont manifesté », a-t-il ajouté.

Au sujet du soutien du Congrès, Netanyahu a salué la Chambre des représentants des États-Unis pour avoir censuré la représentante démocrate Rashida Tlaib du Michigan qui a utilisé le slogan « du fleuve à la mer, la Palestine sera libre », ainsi que d’autres discours anti-israéliens depuis l’assaut du Hamas du 7 octobre.

« Du fleuve à la mer signifie qu’il n’y a plus d’Israël du Jourdain à la Méditerranée », a déclaré Netanyahu.

« Ce que cette députée préconise, c’est un génocide, l’élimination du seul et unique État du peuple juif. C’est absurde, et je salue le Congrès pour l’avoir censurée », a-t-il ajouté.

La représentante démocrate du Michigan, Rashida Tlaib, prend la parole lors d’une manifestation pro-palestinienne à Washington, le 20 octobre 2023. (Crédit : Jose Luis Magana/AP)

Il a également critiqué les manifestants pro-palestiniens à travers le monde, qui manifestent leur soutien au Hamas, alors que ce groupa a été comparé tant par les dirigeants occidentaux, que par Israël, à l’Etat islamique (EI) et aux nazis.

« Ils s’alignent sur l’Etat islamique (EI), sur Al-Qaïda, sur ces meurtriers, sur ces brûleurs de bébés, sur ces violeurs, sur ces tortionnaires, sur ces coupeurs de têtes – voilà ce sur quoi ils s’alignent ».

« Notre monde pourra-t-il survivre si des individus aussi moralement dépravés soutiennent ces meurtriers ? ». Netanyahu a ajouté. « C’est une condamnation de l’enseignement supérieur dans de nombreux pays occidentaux, où les gens qui sont censés être éduqués ne sont pas capables de distinguer le bien du mal », a-t-il ajouté. Le Hamas est diabolique et nous devons vaincre le mal, et non pas protester et manifester au nom du mal ».

Malgré la guerre en cours contre le Hamas à Gaza et la condamnation d’Israël par l’Arabie saoudite, Netanyahu a déclaré à Fox News que les conditions d’un accord de normalisation avec Ryad « seront encore plus favorables » après la réalisation par Israël de son objectif de guerre, à savoir la destruction du Hamas.

« Je pense que les forces de la civilisation et du progrès sont mises à l’épreuve contre les forces médiévales qui veulent nous ramener à l’âge des ténèbres », a-t-il déclaré, ajoutant qu’Israël était déterminé à remporter la victoire et que celle-ci serait également une victoire pour les États-Unis et les « États arabes modérés ».

« Une fois que nous y serons parvenus, la promesse de paix que nous avons vue pour la première fois dans les accords d’Abraham et que nous étions sur le point d’élargir avec la paix entre Israël et l’Arabie saoudite – je pense que cette promesse se concrétisera », a déclaré le Premier ministre. « Les conditions seront favorables. En fait, après notre victoire, je pense que les conditions seront encore plus favorables ».

De leur côté, les responsables saoudiens n’ont pas non plus renoncé aux pourparlers de normalisation. En octobre, Biden et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane se sont mis d’accord pour « poursuivre » les négociations engagées sous l’égide des États-Unis dès la fin des hostilités.

Ce n’est pas le premier blitz médiatique du Premier ministre auprès de divers médias américains auxquels il avait accordé de nombreux interview depuis son entrée en fonction en décembre dernier, dans un effort, vain, d’apaiser les critiques de la refonte judiciaire de son gouvernement, aujourd’hui gelée. Il a par contre occulté les grands médias israéliens, une stratégie qui lui a largement évité d’avoir à répondre à ses détracteurs

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