Netanyahu : je garde les Communications parce que je suis le seul à résister à la pression
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Netanyahu : je garde les Communications parce que je suis le seul à résister à la pression

Le Premier ministre affirme essayer d’ouvrir le marché à la concurrence, pas de régner sur la presse ; Herzog le surnomme le “Fidel Castro israélien”

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive à la réunion de Likud à la Knesset, le 1er août 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive à la réunion de Likud à la Knesset, le 1er août 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lundi qu’il gardait le ministère des Communications parce qu’il savait qu’il pouvait résister au désir d’ « obtenir les faveurs » de la presse.

« Je comprends qu’il y ait des politiciens qui veulent obtenir les faveurs de certains membres des médias, qui veulent maintenir un monopole sur ce que le public voit et entend », a déclaré Netanyahu pendant une réunion du Likud.

« Et c’est pour ça que j’ai pris sur moi le poste de ministre des Communications », a-t-il ajouté, soulignant qu’il pouvait résister à « toutes les pressions et toutes les attaques. »

Répondant aux accusations de chercher à contrôler la presse, Netanyahu a souligné qu’il essayait simplement d’étendre la concurrence dans le marché médiatique.

Miri Regev, ministre Likud de la Culture. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)
Miri Regev, ministre Likud de la Culture. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)

Le cabinet a voté dimanche le report de l’ouverture d’une nouvelle autorité de diffusion publique à 2017, des mois après la date de lancement initialement prévue en septembre 2016, ce que beaucoup ont interprété comme une tentative de Netanyahu de trouver un moyen de restreindre son indépendance.

Pendant une session du cabinet houleuse, les ministres se sont affrontés sur la mise en place de la corporation de diffusion, et Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports, a demandé quel était l’intérêt de mettre en place cette corporation « si nous ne la contrôlons pas. »

Netanyahu a rejeté cette affirmation, et a demandé lundi qu’il existe « des discussions sur le contrôle des médias ? La concurrence est le contraire absolu du contrôle. »

Accroitre la concurrence est « un processus important pour la démocratie d’Israël », a affirmé le Premier ministre. « Ce n’est pas un secret que pendant des années, une grande part du public a été exclue des médias israéliens. Eux, et leurs opinions, n’étaient pas représentés correctement, et parfois n’étaient pas représentés du tout dans les studios de télévision et les bulletins d’information. »

Isaac Herzog, dirigeant du Parti travailliste, pendant une conférence du parti à Tel Aviv, le 31 juillet 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Isaac Herzog, dirigeant du Parti travailliste, pendant une conférence du parti à Tel Aviv, le 31 juillet 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le chef de l’opposition, Isaac Herzog, a déclaré lundi que Netanyahu « essaie de devenir le Fidel Castro israélien et veut créer un média qui est soumis, dégradé […], pour transformer Yedioth Ahronoth en Yedioth Netanyahu, et la radio militaire en radio Netanyahu. »

En pressant pour un report de l’ouverture du diffuseur public, Netanyahu avait déclaré que les employés de la corporation n’étaient pas prêts logistiquement à émettre à l’automne 2016, mais des députés de gauche et de droite, comme le ministre de l’Education Naftali Bennett, qui dirige le parti HaBayit HaYehudi, ont suggéré que le délai permettait de créer une incertitude sur la direction de la corporation afin de l’affaiblir.

Le parti HaBayit HaYehudi de Bennett et le Likud se sont affrontés lundi, ce dernier accusant le parti de droite de se battre « pour préserver l’hégémonie de la gauche dans les médias. »

En réponse, HaBayit HaYehudi a sévèrement critiqué Netanyahu pour sa volonté d’élargir sa coalition en y incluant des partis de l’opposition, et sa gestion des projets de réforme de l’Autorité de la radiodiffusion d’Israël (IBA).

Haviv Rettig Gur et Stuart Winer ont contribué à cet article.

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