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Netanyahu : la grève nationale « éloigne la libération de nos otages »

Le Forum des otages accuse le Premier ministre d'avoir "trompé" l'opinion publique et rejeté plusieurs accords qui auraient pu permettre le retour des otages

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors de la réunion hebdomadaire du cabinet le 17 août 2025. (Crédit : Capture d'écran/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors de la réunion hebdomadaire du cabinet le 17 août 2025. (Crédit : Capture d'écran/GPO)

Dimanche, alors que les Israéliens bloquaient les routes dans tout le pays, réclamant la fin de la guerre et un accord pour la libération des otages, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir que cette grève nationale rendait moins probable un cessez-le-feu avec le Hamas.

Ces propos ont provoqué la colère des familles des otages, qui ont accusé le Premier ministre de mentir à l’opinion publique.

« Ceux qui aujourd’hui appellent à mettre fin à la guerre sans infliger de défaite au Hamas entraînent un durcissement de la position du Hamas et éloignent la libération de nos otages. De plus, ils garantissent également que les atrocités du 7 octobre se répéteront encore et encore, et que nos fils et nos filles devront se battre, encore et encore, dans une guerre sans fin », a déclaré Netanyahu au début de la réunion hebdomadaire du cabinet.

« Pour faire progresser nos efforts pour la libération de nos otages et nous assurer que Gaza ne représentera plus une menace pour l’État d’Israël, nous devons mener notre mission à son terme et vaincre le Hamas », a-t-il poursuivi, des propos rendus publics par le bureau du Premier ministre.

Netanyahu s’est dit « déterminé à mettre en œuvre » la décision adoptée par le cabinet de sécurité au début du mois appelant l’armée à prendre le contrôle de Gaza-City. C’est pour protester contre cette décision qu’une grève a été organisée dimanche.

La grève générale est une initiative du Conseil d’octobre, qui représente des membres des familles des otages et des personnes tuées le 7 octobre, ainsi que des survivants de l’attaque qui estiment que la guerre contre le Hamas à Gaza doit prendre fin, que les otages doivent être ramenés chez eux, et que les dirigeants israéliens doivent assumer la responsabilité de leur incapacité à empêcher le massacre perpétré par le Hamas.

Des Israéliens bloquant la Route 1, l’artère reliant Jérusalem à Tel Aviv, près de Latroun, dans le cadre d’une manifestation demandant la libération des otages israéliens détenus par le Hamas à Gaza, le 17 août 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon Netanyahu, le Hamas persiste dans son refus des conditions posées par Israël pour mettre fin à la guerre à Gaza : « Nous insistons non seulement pour que le Hamas soit désarmé, mais aussi pour qu’Israël mettre en œuvre la démilitarisation de la bande de Gaza au fil du temps, en prenant des mesures contre toute tentative de réarmement ou d’organisation par un groupe terroriste, quel qu’il soit. »

Le Hamas, a-t-il souligné, veut un retrait total d’Israël de Gaza, y compris du corridor de Philadelphie, le long de la frontière entre la bande et l’Égypte ainsi que du périmètre de sécurité entourant l’enclave côtière.

« Une telle situation permettrait au Hamas de se reformer, de se réarmer et de nous attaquer à nouveau », a ajouté Netanyahu.

Les commentaires du Premier ministre ont fait écho à ceux de plusieurs ministres de sa coalition qui, dimanche matin, avaient accusé les manifestants et les grévistes de semer la division et de renforcer le Hamas.

Des centaines d’autorités locales, d’entreprises, d’universités, de sociétés de technologie et d’autres organisations se sont jointes à la grève ou ont autorisé leurs employés à y participer s’ils le désiraient malgré le refus de la Histadrout, le syndicat central, de s’y associer officiellement. Dimanche, les manifestants ont bloqué des routes et des carrefours dans des dizaines de villes de tout le pays, et les manifestations se sont poursuivies tout au long de la journée.

Dans un communiqué, le Forum des familles des otages, une organisation regroupant la majorité des familles des personnes toujours retenues en captivité, a accusé Netanyahu de mentir à la population et de rejeter toute possibilité de ramener leurs proches chez eux.

« Netanyahu, les otages croupissent à Gaza depuis 22 mois – sous votre responsabilité », a affirmé le groupe. « Au lieu de mentir à l’opinion publique, de diffuser des informations biaisées et de calomnier les familles des otages, concluez un accord, ramenez-nous nos proches et mettez fin à la guerre. »

Des manifestants réclamant un accord sur la libération des otages et un cessez-le-feu bloquent l’autoroute Begin à Jérusalem, le 17 août 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Et d’ajouter : « Aujourd’hui, tout le monde en Israël sait qu’il y a eu de nombreuses opportunités de ramener les otages. Celui qui a torpillé, refusé et évité [un accord], c’est celui qui a fait monter les enchères. »

Netanyahu a toujours rejeté les accusations – de plus en plus nombreuses – selon lesquelles il aurait à plusieurs reprises, au cours des deux dernières années, refusé plusieurs accords de cessez-le-feu qui auraient pu permettre la libération des otages. Selon le Premier ministre, c’est le Hamas qui a formulé des exigences impossibles à satisfaire et qui s’est plusieurs fois retiré de la table des négociations.

« Ils ont été kidnappés en Terre d’Israël sous votre responsabilité, Netanyahu. Ils sont désormais là-bas depuis 22 mois », a ajouté le communiqué du Forum des otages. « Il est de votre responsabilité de les ramener chez eux. »

D’après le Forum, les manifestations de dimanche ont réuni « des centaines de milliers » de personnes. « Des milliers de petites et grandes entreprises ont fermé leurs portes pour permettre à leurs employés de se joindre à cet appel clair : solidarité, responsabilité mutuelle et retour de nos proches (…) Aujourd’hui, le peuple a voté en se mobilisant pour marcher, et s’est exprimé d’une seule voix : ramenez les otages et les soldats à la maison, et mettez fin à la guerre ».

Cinquante otages – 49 des 251 personnes enlevées le 7 octobre et la dépouille d’un soldat assassiné en 2014 – sont toujours retenus captifs à Gaza. Selon les autorités israéliennes, 28 d’entre eux sont morts et 20 sont encore en vie. Le sort de deux autres suscite de plus de graves inquiétudes. Le Hamas détient également la dépouille d’un soldat tué et enlevé en 2014.

Dans le cadre du premier accord de cessez-le-feu, en novembre 2023, 105 otages ont été relâchés par le Hamas. Trente autres, ainsi que les corps de huit otages tués, ont été libérés ou restitués à Israël dans le cadre d’un autre accord conclu en janvier et février 2025. Cinq autres otages ont été relâchés en dehors de ces accords. Huit ont été secourus par l’armée israélienne, et les corps de 49 captifs ont été retrouvés à Gaza tout au long de la guerre.

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