Netanyahu : le Likud risque de perdre le pouvoir
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Netanyahu : le Likud risque de perdre le pouvoir

Le Premier ministre encourage les électeurs de droite à le soutenir au détriment des petits partis alliés, dit qu'il n'est pas certain qu'il dirigera le prochain gouvernement

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une conférence de presse à son bureau à Jérusalem, le 3 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une conférence de presse à son bureau à Jérusalem, le 3 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a repoussé samedi les accusations de ses homologues de droite selon lesquelles il cherche à obtenir un soutien pour son parti, le Likud, à leurs dépens à l’approche des élections du 9 avril.

Alors qu’il reste deux jours avant que les Israéliens ne se rendent aux urnes, Netanyahu a lancé des appels au soutien des électeurs de droite, affirmant qu’ils risquent de perdre le pouvoir si le parti Kakhol lavan du rival politique Benny Gantz émerge des élections avec une avance de quatre à cinq sièges sur le Likud.

Ces avertissements ont été lancés en dépit des sondages qui prévoyaient que les partis de droite et les partis religieux gagneraient la majorité des sièges, ce qui suggère que Netanyahu aura peu de difficultés pour former une coalition au pouvoir. Un certain nombre d’alliés politiques de Netanyahu ont rejeté ses affirmations plus tôt samedi, affirmant qu’il était clair qu’il dirigerait le prochain gouvernement et qu’il essayait simplement de renforcer le Likud à leurs dépens.

« Malheureusement, c’est exactement le contraire », a déclaré Netanyahu dans une interview à la Douzième chaîne de télévision.

Malgré la majorité attendue pour les factions d’extrême droite dans la Knesset de 120 sièges, M. Netanyahu a pointé les commentaires récents du président Reuven Rivlin sur la manière de choisir qui devrait être le premier à former un gouvernement, disant que le président choisirait le parti le plus important si aucun candidat au poste de Premier ministre n’avait un nombre suffisant de recommandations des autres chefs de parti pour former une coalition.

« Nous n’avons pas 61 recommandations parce que quelques partis de droite refusent de dire clairement qu’ils vont me recommander. Dans une situation comme celle-là [vous] regardez vers le plus grand parti », a-t-il dit.

Le Président Reuven Rivlin (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors de la commémoration des 23 ans de l’assassinat du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, au cimetière du Mont Herzl à Jérusalem, le 21 octobre 2018. (Marc Israel Sellem/POOL)

Le Premier ministre n’a pas dit quel autre parti de droite n’a pas apporté son soutien, mais a semblé faire référence au parti Zehut de l’ancien législateur du Likud Moshe Feiglin, qui s’est abstenu de soutenir explicitement Netanyahu ou Gantz.

Le ministre des Finances Moshe Kahlon a déclaré qu’il préférerait que son parti Koulanou siège à nouveau dans un gouvernement dirigé par le Likud, sans pour autant exclure de faire équipe avec Kakhol lavan.

M. Netanyahu a pris note d’une série de sondages publiés jeudi et vendredi qui ont donné à Kakhol lavan un avantage de quatre à cinq sièges sur le Likud, ce qui montre que les partisans de son parti sont « trop optimistes », a-t-il ajouté.

« Yair Lapid lui-même dit quelque chose de vrai : s’il y a un écart de quatre mandats entre le Likud et leur parti et qu’ils sont en tête, aucune force au monde ne peut les empêcher de former un gouvernement », a-t-il dit, faisant référence aux remarques faites jeudi dans une interview au Times of Israel, du n°2 de Kakhol lavan.

« La seule façon de garantir la suprématie de la droite est de voter pour le Likud », a déclaré le Premier ministre.

Benny Gantz lors d’un événement de son parti Kakhol lavan à Ashdod, le 30 mars 2019. (Flash90)

Netanyahu a affirmé que sa stratégie ne nuirait pas aux autres partis de droite, mais plutôt « l’inverse ».

« Je prendrai tous ces partis de droite et les amènerai dans la coalition, a-t-il dit, alors que Gantz en prendrait un ou deux maximum comme une feuille de vigne. »

M. Netanyahu a également déclaré que ses précédents efforts déployés à la dernière minute pour obtenir le vote en faveur du Likud avaient fait leurs preuves.

« En 2015, ils m’ont entendu et c’est pourquoi nous avons gagné. Si personne ne m’entend aujourd’hui, nous perdrons », a-t-il dit, semblant se référer à une vidéo controversée qu’il a diffusée le jour des élections, affirmant que les électeurs arabes se rendaient « en masse » aux urnes.

Dans une interview accordée plus tôt à la Douzième chaîne, Naftali Bennett, chef du parti HaYamin HaHadash, accusait Netanyahu de vouloir « faire tomber » les petites factions de droite afin de renforcer son soutien au Likud.

M. Bennett, qui est ministre de l’Éducation, a affirmé que la stratégie de M. Netanyahu visait à former un gouvernement dit d’unité entre le Likud et Kakhol lavan avant la publication prévue du plan du président américain Donald Trump pour la paix entre Israël et Palestiniens.

« Netanyahu a raison sur un point : il y a un danger, poursuit Bennett. « Il y a un danger que nous ayons Bogie comme ministre de la Défense », a-t-il dit, se référant à Moshe Yaalon, membre de Kakhol lavan et ancien ministre du Likud.

Bennett a également exclu de rejoindre une coalition dirigée par Gantz, en disant : « Je ne sacrerai pas un gouvernement de gauche ».

HaYamin HaHadash est actuellement crédité de six sièges dans les sondages, soit deux de plus que le minimum requis pour entrer à la Knesset.

Le président du parti HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett, et le président du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, à la Knesset, le 22 juillet 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Dans une autre interview avec la chaîne, le dirigeant du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a rejeté l’avertissement de Netanyahu selon lequel la droite israélienne « risque » de perdre le pouvoir après les élections, notant l’avantage des partis de droite dans les sondages.

« Ce Premier ministre prétend qu’il se fait voler alors que c’est lui qui commet le vol », a dit Liberman. « Tantôt, c’est les Arabes qui affluent vers les urnes et tantôt, le pouvoir de droite est en danger. Il n’y a aucun danger », a-t-il ajouté. « C’est un retour au même stratagème. »

Liberman a dit qu’il avait l’intention de recommander que Netanyahu soit chargé de former un gouvernement, mais il a dit « qu’il y a un long chemin à parcourir » avant qu’il accepte de rejoindre une coalition.

Un certain nombre de sondages ont placé Yisrael Beytenu sous la barre des 3,25 % des voix nécessaires pour entrer à la Knesset, mais Liberman a déclaré que le parti aurait « au moins » sept à huit sièges.

Kahlon, dont le parti de centre-droit Koulanou obtient quatre ou cinq sièges dans les sondages, a accusé Netanyahu de « piraterie » et a déclaré qu’il allait former le prochain gouvernement.

La stratégie de Netanyahu consistant à faire appel aux électeurs de droite pour qu’ils soutiennent le Likud est considérée comme risquée, car un soutien accru de son parti aux dépens de ses alliés politiques pourrait laisser un ou plusieurs d’entre eux sous le seuil électoral et le priver ainsi d’une majorité.

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