Netanyahu sous-estime l’idée qu’Israël divise les deux grands partis américains
Rechercher

Netanyahu sous-estime l’idée qu’Israël divise les deux grands partis américains

Soulignant que, dans le passé, les Démocrates soutenaient énormément Israël, il a déclaré ne pas pouvoir faire grand chose pour influencer les "changements internes américains"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une réunion avec le président américain Donald Trump (hors du cadre) le 26 septembre 2018 à New York, en marge de l'assemblée générale des Nations unies. (AFP Photo/Nicholas Kamm)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une réunion avec le président américain Donald Trump (hors du cadre) le 26 septembre 2018 à New York, en marge de l'assemblée générale des Nations unies. (AFP Photo/Nicholas Kamm)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a minimisé les craintes selon lesquelles Israël deviendrait de plus en plus un sujet clivant les deux grands partis aux Etats-Unis. Il a fait valoir l’argument que, dans le passé, l’Etat juif était presque exclusivement soutenu par des Démocrates.

« Quand j’a étudié aux Etats-Unis après avoir fini l’armée, le soutien venait principalement du parti Démocrate. On trouvait bien des nombreux soutiens enthousiastes d’Israël parmi les Républicains. La situation a changé parce que les Etats-Unis ont changé », a-t-il dit au journal Israel Hayom dans un entretien publié vendredi.

Sans ignorer l’opposition à Israël qui existe aux Etats-Unis, Netanyahu a dit qu’il ne pouvait pas faire grand chose pour influencer « les changements internes qui ont lieu » là-bas.

« Nous avons besoin de renforcer nos soutiens et bloquer les points d’opposition autant que possible », a-t-il dit.

Alors que le soutien pour Israël reste élevé parmi les Américains, il y a eu une convergence croissante ces dernières années dans le niveau de soutien pour l’Etat juif par les Républicains et les Démocrates. Une partie de la chute du soutien chez ses derniers provient du retour au pouvoir de Netanyahu en 2009, avec notamment les relations glaciales entre le Premier ministre et Barack Obama. Netanyahu a aussi très chaleureusement accueilli le successeur républicain d’Obama, Donald Trump, qui est très impopulaire parmi les Démocrates.

Le président Barack Obama et le premier ministre Benjamin Netanyahu ont une entrevue dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 30 septembre 2013. (Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Netanyahu a parlé de ses liens avec Obama lors de l’entretien, y compris l’échange tendu au Bureau Oval en 2011, quand le Premier ministre a exposé, en longueur, sa vision du conflit arabe-israélien alors que le président américain le regardait calmement.

« Je n’appellerai pas cela une confrontation, j’appelle cela la vérité. J’ai dit la vérité de notre peuple, a déclaré Netanyahu. J’ai ensuite entendu qu’on a décrit ce moment comme de la défiance. Je ne l’ai pas vu de cette manière ».

Le Premier ministre a dit que si lui et Obama avaient leurs différences – à savoir l’accord international de 2015 qui visait à limiter le programme nucléaire de l’Iran – ils ont aussi coopéré, comme en témoigne le paquet d’aide militaire américaine octroyé en 2016.

« J’ai beaucoup apprécié cela », a-t-il dit.

Netanyahu a dit que contrairement à d’autres pays avec lesquels il cherche à développer des liens plus proches, la relation israélo-américaine était basée non pas sur des intérêts partagés, mais « principalement sur des valeurs communes ».

Andrew Cuomo, gouverneur et Grand Marshall honoraire de New York, au centre à droite, rejoint d’autres personnalité qui défilent sur la 5ème Avenue lors de la 53ème Parade annuelle d’Israël, le 4 juin 2017, New York. (AP Photo/Craig Ruttle)

S’exprimant sur l’Iran, Netanyahu a dit qu’un nouvel accord qui empêcherait la République islamique d’obtenir des armes nucléaires ne déboucherait pas forcément au renversement du régime islamique.

« Je ne vais pas pleurer si le régime change, mais le changement ne peut avoir lieu que de l’intérieur du régime, un changement de politique, a-t-il dit. Actuellement, leur politique consiste à essayer d’obtenir discrètement des [armes] nucléaires, tout en prenant le contrôle du Moyen-Orient avec l’argent que la levée des sanctions [avec l’accord du nucléaire de 2015] a injecté dans les caisses de l’Iran ».

Le Premier ministre répondait à une question pour savoir s’il soutenait un changement de régime en Iran, ou des négociations internationales pour obtenir un nouvel accord international limitant son programme nucléaire. « Je soutiens la pression qui passerait par l’un des deux moyens, peu importe lequel, cela peut venir de ces deux options », a répondu Netanyahu, qui s’est publiquement opposé à l’accord sur le nucléaire.

Il a également déclaré qu’Israël avait failli attaquer les installations nucléaires iraniennes dans les années qui ont précédé la signature de l’accord de 2015, et affirmé que la conviction d’autres pays selon lesquels Israël pouvait passer à l’action a conduit à imposer de lourdes sanctions sur Téhéran.

« Nous étions très sérieux. Ce n’était pas du bluff », a-t-il dit.

Netanyahu a poursuivi en saluant la décision de Trump de se retirer de l’accord, coupable d’avoir diminué la pression exercée sur l’Iran sans traiter le problème de son comportement dans d’autres domaines.

« La réponse est de la pression, de la pression et encore plus de pression », a-t-il dit.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...