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Selon Netanyahu la police va recommander son inculpation pour ne pas admettre son échec

Après des “mois de fuites” sur une mise en examen à venir, des responsables du bureau du Premier ministre se demandent si , “ils auront le courage d’admettre qu’il n’y a rien ?”

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l'ouverture de la session d'été de la Knesset, le 8 mai 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l'ouverture de la session d'été de la Knesset, le 8 mai 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a suggéré samedi que la police allait recommander sa mise en examen pour des accusations de corruption uniquement parce qu’elle n’a pas le courage d’admettre que l’enquête n’a produit aucun résultat tangible.

Dans un communiqué, un responsable du bureau du Premier ministre a déclaré : « Après des mois de fuites de la part de la police déclarant qu’ils allaient recommander une mise en examen, est-ce que quelqu’un s’imagine qu’ils auront le courage de descendre de leurs grands chevaux pour admettre qu’il n’y a rien ? »

Il répondait à des commentaires formulés plus tôt dans la journée par le député de l’Union sioniste Miki Rosenthal, qui a déclaré avoir des informations en interne selon lesquelles « la police avait décidé de recommander définitivement de mettre en examen le Premier ministre ».

Rosenthal, qui s’exprimait pendant un événement culturel à Modiin, a noté que le procureur général Avichai Mandelblit devrait encore décider s’il acceptait de suivre ou non la recommandation de la police.

Miki Rosenthal, député de l'Union sioniste, pendant une réunion de la Commission de l'éducation, de la culture et des sports de la Knesset, le 22 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Miki Rosenthal, député de l’Union sioniste, pendant une réunion de la Commission de l’éducation, de la culture et des sports de la Knesset, le 22 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il a déclaré que les enquêteurs étaient actuellement occupés à compléter leurs découvertes préliminaires par un travail supplémentaire, mais que la police « avait décidé de recommander définitivement une mise en examen pour prise illégale d’intérêts et abus de confiance ».

La police mène une enquête sur des cadeaux d’une grande valeur donnés à Netanyahu et sa famille par de riches hommes d’affaires, dont le magnat israélo-américain de l’industrie du cinéma Arnon Milchan et le milliardaire australien James Packer, et si des décisions prises par la suite en leur faveur correspondaient à de la corruption ou des conflits d’intérêts. Les cadeaux auraient été évalués à des centaines de milliers de dollars et incluaient des cigares très chers, du champagne, des repas et des chambres d’hôtel.

Rosenthal a aussi critiqué les députés du Likud, déclarant que « les dix dernières personnes [du groupe parlementaire du Likud à la Knesset] partagent un seul quotient intellectuel ».

Les députés de la fin de la liste du Likud incluent des personnages controversés comme Oren Hazan, le président de la coalition David Bitan, et Miki Zohar.

Bitan a répondu en affirmant que les commentaires de Rosenthal « sentent le racisme et l’attitude anti-mizhari parce qu’il est bien connu que la fin de la liste du Likud est principalement constituée de Juifs mizrahis. »

David Bitan, député du Likud et président de la coalition, à la Knesset, le 5 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
David Bitan, député du Likud et président de la coalition, à la Knesset, le 5 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Jeudi, une procureure a également indiqué que Netanyahu pourrait se diriger vers une mise en examen. S’exprimant à une conférence, Liat Ben-Ari a rejeté la principale défense de Netanyahu dans l’enquête de corruption surnommée « l’Affaire 1 000 » dans laquelle la police mène une investigation sur les cadeaux onéreux qui auraient été donnés à Netanyahu et sa famille. Les Netanyahu déclarent depuis longtemps que ce sont simplement des cadeaux normaux, échangés entre amis.

Une deuxième enquête, surnommée « l’Affaire 2 000 », concerne les discussions enregistrées entre le Premier ministre et le propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth Arnon Moses au sujet d’un accord de compromis afin de restreindre les activités d’un journal concurrent par une loi. Aucun accord de ce type n’a jamais été mis en place.

Netanyahu a nié, à de nombreuses reprises, que les cadeaux et les discussions visés par les enquêtes soient illégaux.

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