Netanyahu veut éviter de perdre de ses pouvoirs au Likud
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Netanyahu veut éviter de perdre de ses pouvoirs au Likud

Le secrétariat du parti a voté en faveur d'un contrôle sur le personnel et le budget de campagne du Premier ministre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Transports Yisrael Katz au cours d'une session plénière de la Knesset, le 8 février 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Transports Yisrael Katz au cours d'une session plénière de la Knesset, le 8 février 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Une soudaine bataille entre les deux poids lourds du Likud a relancé de nouvelles spéculations sur la possibilité d’une nouvelle bataille pour prendre la tête du parti lors des prochaines échéances électorales.

Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a convoqué le ministre des Transports, Yisrael Katz, à une réunion mercredi, un jour après que Katz a fait voter par le biais du secrétariat du parti une série de décisions qui ont affaibli la position de la présidence du parti, poste détenu par Netanyahu.

La réunion a pris fin avec un recul partiel de Katz, qui a accepté de suspendre les décisions votées mardi jusqu’à la prochaine réunion du secrétariat dimanche, où les membres voteront pour former un comité de deux personnes composé du président de la coalition, le député, David Bitan, et l’avocat, David Shomron, qui examineront les nouvelles mesures.

Lors d’une réunion du secrétariat au Maccabiyah Village à Ramat Gan mardi, quelque 100 membres du secrétariat, parmi eux des ministres et des députés du cabinet considérés comme étant proche de Netanyahu, ont voté pour imposer des limites à long terme sur un grand nombre de responsables du Likud – dont la plupart sont nommés directement ou indirectement par le chef du parti – ainsi que d’exiger que tous les conseillers externes engagés par le parti soient approuvés par le secrétariat. Ceux-ci incluent les directeurs de campagne traditionnellement employés avant les élections par Netanyahu.

Ils ont également voté pour nommer un conseiller juridique spécial pour le secrétariat qui agirait séparément du conseiller juridique du parti, considéré comme étant un confident de Netanyahu.

Ces changements de procédure reviennent à placer de nouvelles limites spectaculaires sur la capacité de Netanyahu à pourvoir les postes clés à travers lesquels il décide du message et de la politique du parti.

Le secrétariat du Likud est l’organe interne responsable des opérations du parti, ce qui comprend le personnel, le budget, les bureaux régionaux et les efforts de campagne électorale. Katz est son président.

Les alliés de Netanyahu au sein du parti ont accusé Katz d’avoir manoeuvré sournoisement mardi et mercredi, et a appelé à Netanyahu à le congédier de ses deux postes ministériels, le Transport et les Renseignements. Ils ont affirmé qu’un conseiller de Katz avait déclaré à la cour interne du parti la semaine dernière que le secrétariat retarderait les votes sur les nouvelles mesures.

Dans les groupes WhatsApp et autres forums en ligne des militants du Likud, Katz a été accusé de « trahison » par les partisans de Netanyahu, qui ont affirmé qu’il tentait de saper le pouvoir du chef de file du Likud, qui a permis au parti de remporter trois victoires électorales consécutives.

Mais Katz, seul, n’aurait pas pu faire voter ces décisions. Alors qu’il semblait effectuer un léger repli mercredi suite à sa rencontre avec Netanyahu au bureau à Jérusalem de ce dernier, Netanyahu devra composer avec le tour de force que Katz a été capable de mettre en place lors de la réunion du secrétariat.

Selon un décompte des voix publié par le site Walla, les membres du secrétariat qui ont voté pour l’affaiblissement de facto des pouvoirs de Netanyahu comprennent des ministres et des députés qui sont habituellement considérés comme étant proches de Netanyahu : le ministre de la Protection de l’environnement, Zeev Elkin, qui dirige également le bureau du parti c’est-à-dire le chef de l’organe politique, Bitan, le président de la coalition, le ministre des Affaires sociales, Haim Katz, qui préside le Comité central, les députés Sharren Haskel et Nava Boker, et les ministres adjoints Jacky Levy et Ayoub Kara.

Le ministre du cabinet, Tzachi Hanegbi, était le chef politique solitaire du secrétariat à s’opposer au mouvement.

Le Likud est connu pour sa longue tradition de rester uni derrière son chef de parti. Le parti, y compris son prédécesseur Herut, n’a été dirigé que par quatre personnes depuis la fondation de l’Etat en 1948 : Menachem Begin, Yitzhak Shamir, Ariel Sharon et Netanyahu. C’est une tradition qui contraste avec le principal parti de centre-gauche, le parti travailliste, qui a connu 11 changements de direction dans les dernières 23 années.

Mais Netanyahu a également fait face à de nombreux défis pour garder son contrôle de fer sur les institutions du parti, y compris à celui de l’ancien président du Comité central du Likud (et l’actuel ambassadeur de l’ONU) Danny Danon, qui a déjà cherché à dépouiller le chef de parti de ses pouvoirs sur l’embauche du personnel et l’élaboration des politiques pour les transférer au quelque 4 000 membres du Comité central, le principal organe délibérant du parti.

Des ministres pendant la plénière de la Knesset avant le vote de la loi controversée sur le financement des ONG, le 11 juillet 2016. De gauche à droite : Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, Benjamin Netanyahu, Premier ministre, Yisrael Katz, ministre des Transports et des Renseignements. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des ministres pendant la plénière de la Knesset avant le vote de la loi controversée sur le financement des ONG, le 11 juillet 2016. De gauche à droite : Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, Benjamin Netanyahu, Premier ministre, Yisrael Katz, ministre des Transports et des Renseignements. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le long règne de Netanyahu a également amené certains des dirigeants les plus populaires du Likud, au fil des années, à quitter le parti par frustration, comme l’ancien ministre Gideon Saar, qui a régulièrement critiqué Netanyahu depuis qu’il a quitté le politique en 2014, et le ministre des Finances Moshe Kahlon, l’un des ministres les plus populaires du Likud avant qu’il ne quitte le parti pour fonder son propre parti, remportant 10 sièges avec sa liste Koulanou aux élections de mars 2015.

Katz et le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, sont actuellement considérés comme étant les successeurs les plus probables de Netanyahu, au moins au sein du parti.

Mais Katz a commencé à se rebeller contre ce même plafond de verre placé par Netanyahu dans un effort d’abattre les opposants populaires qui pourraient le renverser. Alors que Netanyahu garde toujours le poste prestigieux au ministère des Affaires étrangères, en disant qu’il espère toujours inciter les partis de l’opposition à entrer dans la coalition en leur offrant ce ministère, Katz a demandé à plusieurs reprises le portefeuille pour lui-même, et est considéré au Likud comme le leader du soulèvement actuel au sein des institutions du parti dans le but d’obtenir de Netanyahu qu’il lui remette le ministère afin de réprimer le soulèvement.

Parmi les principales plaintes contre Netanyahu que les leaders du parti passés et présents – y compris Saar et Katz après les élections de 2013 et 2015, respectivement – ont soulevé, il y a la plainte que le contrôle accru de Netanyahu sur la campagne électorale a laissé d’autres poids lourds du parti sur le côté et a eu pour effet de laisser la base et la base militante des bureaux régionaux en dehors des efforts de la campagne.

Les critiques ont trouvé un champion en la forme du médiateur interne du parti, Shai Galili, qui a publié un rapport sur la campagne 2015. Il a accusé le directeur de campagne nommé par Netanyahu, Shlomo Filber, aujourd’hui, le directeur général du ministère de la Communication dirigé par Netanyahu, d’avoir dépassé le budget de campagne, ce qui a entraîné un déficit au sein du compte du parti de plusieurs millions de shekels.

Ce rapport a suscité des appels au sein du secrétariat présidé par Katz à imposer un contrôle plus sévère sur le personnel de campagne et les budgets, à une époque approuvé presque à lui seul par le chef du parti.

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