Netanyahu va rencontrer Poutine à Moscou 5 jours avant les élections
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Netanyahu va rencontrer Poutine à Moscou 5 jours avant les élections

La présence de l'Iran en Syrie et la déclaration américaine sur le Golan devraient dominer la rencontre entre le Premier ministre et le président russe, la 2e en cinq semaines

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le président russe Vladimir Poutine à Moscou, le 21 avril 2016. (Crédit : autorisation)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le président russe Vladimir Poutine à Moscou, le 21 avril 2016. (Crédit : autorisation)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rendra à Moscou pour une réunion avec le président russe Vladimir Poutine plus tard cette semaine, a annoncé mardi son bureau.

Le Cabinet du Premier ministre n’a pas fourni plus de détails sur la réunion, qui doit avoir lieu jeudi au Kremlin – cinq jours avant les élections pour la Knesset en Israël.

Poutine et Netanyahu se sont entretenus au téléphone lundi et ont discuté des « questions régionales », a indiqué le cabinet du Premier ministre, sans plus de précisions.

Netanyahu s’est prévalu de ses liens personnels étroits avec les dirigeants du monde, y compris Poutine, pendant la campagne électorale actuelle, arguant que ses compétences diplomatiques sont sans égales.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants a eu lieu fin février dans la capitale russe et a marqué la première rencontre importante entre les deux hommes depuis une grave querelle concernant un avion-espion russe abattu en septembre dernier. Même si l’avion avait été abattu par la défense aérienne syrienne alors qu’elle visait un avion de chasse israélien – qui avait pris pour cible une installation iranienne présumée – Moscou avait accusé l’Etat juif, disant que l’Armée de l’air israélienne avait utilisé l’avion russe comme couverture et n’avait pas informé comme prévu les Russes de sa frappe en Syrie.

Israël a rejeté ces deux accusations.

À l’époque, M. Netanyahu avait souligné la détermination absolue d’Israël à continuer à agir pour contrecarrer les efforts de l’Iran de s’établir militairement en Syrie. Téhéran et Damas sont des alliés proches de Moscou.

« La plus grande menace à la stabilité et à la sécurité dans la région vient de l’Iran et de ses mandataires », a déclaré M. Netanyahu à Poutine le 27 février. « Nous sommes déterminés à poursuivre nos attaques contre l’Iran qui appelle à notre destruction, et à nous opposer à ses tentatives de s’ancrer militairement en Syrie. »

La Syrie devrait également dominer les discussions de jeudi, notamment la question de la reconnaissance par l’administration américaine, la semaine dernière, de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan. Moscou a condamné la décision, répétant que la Russie considère que le territoire fait partie de la Syrie.

Netanyahu a attribué à ses liens étroits avec Poutine la réussite d’un système qui permet à Israël de mener des frappes en Syrie sans s’empêtrer avec la Russie, alliée du président syrien Bashar el-Assad, mais ces liens auraient été écornés au lendemain de l’accident de l’avion-espion.

Après la réunion de février, il y a eu un léger désaccord sur l’offre de Moscou d’accueillir des pourparlers de paix israélo-palestiniens. L’ambassade de Russie à Tel Aviv a déclaré que la question avait été soulevée pendant le voyage, une affirmation qu’un responsable israélien a niée par la suite.

Citant le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, l’ambassade a déclaré dans son communiqué que « lors de la visite du Premier ministre Netanyahu à Moscou, la situation dans le règlement israélo-palestinien a été examinée. Nous avons réaffirmé notre position sur l’intérêt de la Russie à sortir le plus rapidement possible de l’impasse dans ce dossier ».

« Notre proposition d’accueillir des dirigeants d’Israël et de Palestine demeure pertinente. Nous pensons qu’il s’agirait au moins d’une étape très importante pour rétablir la confiance. Sans cela, il est impossible de compter sur de nouveaux progrès dans le règlement du conflit israélo-palestinien », a ajouté le communiqué.

Mais en réponse, un haut-responsable diplomatique israélien a déclaré aux médias israéliens que « la question n’a jamais été discutée ».

Au cours de la partie publique de la réunion de février, Poutine a souhaité la bienvenue à son invité israélien, mais n’a pas spécifiquement mentionné l’Iran ou la Syrie dans ses déclarations. « Il est très important que nous continuions à coopérer. La Russie a été l’un des pays qui ont soutenu la création d’Israël. Nous sommes heureux de parler de la situation dans la région et de la question de la sécurité », a-t-il déclaré.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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