New York : Un rassemblement pro-Hamas près d’une synagogue et d’une école juive
La police a tenu les participants à distance du site et des habitants lors de la première grande manifestation anti-Israël sous l’administration Mamdani
Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

NEW YORK – Des manifestants antisionistes ont scandé jeudi à New York des slogans de soutien au groupe terroriste palestinien du Hamas, lors d’un rassemblement organisé à proximité d’une synagogue et d’une école juive.
Il s’agissait de la première manifestation d’ampleur depuis l’entrée en fonctions du maire de Zohran Mamdani. L’événement avait suscité des inquiétudes en matière de sécurité dans le quartier, mais la police a maintenu les manifestants à distance des habitants et de l’entrée de la synagogue.
La manifestation, organisée par le groupe militant Pal-Awda, visait un événement de promotion immobilière en Israël organisé à la synagogue Young Israel, dans le quartier de Kew Gardens Hills, dans le Queens.
Les manifestants ont scandé des slogans tels que « Dites-le haut, dites-le fort, ici, nous soutenons le Hamas », « Sionistes, la ferme ! Israël n’existe pas », « Le sionisme tombera », « Death to the IDF », « Intifada, la guerre du peuple » et « Colons, rentrez chez vous ».
Les manifestants ont été cantonnés par la police dans un périmètre clôturé, à l’intérieur de barricades métalliques, à environ un demi-pâté de maisons de l’entrée de la synagogue. Un groupe de contre-manifestants juifs du quartier se tenait dans un périmètre distinct, de l’autre côté de la rue. Environ 200 manifestants antisionistes étaient présents, face à un nombre légèrement inférieur de contre-manifestants juifs.
Ces derniers brandissaient des drapeaux israéliens et américains et scandaient « USA » ainsi que « Fuck Mamdani ».
Protesters in Queens chant, “Say it loud, say it clear, we support Hamas here” https://t.co/tGxtEYTEwv pic.twitter.com/RKxD3uY4Ia
— Luke Tress (@luketress) January 9, 2026
« Retirez vos drapeaux nazis de mon quartier », a crié une femme, en référence au drapeau palestinien.
Un homme portait un drapeau de la Ligue de défense juive, une organisation extrémiste.
Le quartier de Kew Gardens Hills abrite une importante population juive orthodoxe et boukhariote.
La police était déployée en nombre dans le secteur, qui avait été fermé à la circulation.
Une yeshiva et une école publique se trouvent à l’intersection où s’est tenue la manifestation, mais les établissements étaient fermés. Le rassemblement a débuté vers 18 h 30.
Les slogans scandés en faveur du Hamas marquent une escalade. S’il arrive que certains manifestants à New York portent des bandeaux du Hamas, brandissent des drapeaux de groupes terroristes ou expriment un soutien explicite aux terroristes, c’est la première fois qu’une foule scande collectivement des slogans en faveur du Hamas.
Des activistes antisionistes ont par ailleurs déjà organisé à New York des cérémonies commémoratives en hommage à des dirigeants du Hamas et du Hezbollah.
La rhétorique des activistes antisionistes s’est progressivement durcie au cours des deux dernières années.
Le Hamas est classé organisation terroriste par les États-Unis. Toutefois, la liberté d’expression garantie par la Constitution américaine protège, sur le plan juridique, le soutien verbal exprimé en faveur de groupes terroristes.
Pal-Awda a fait la promotion de ce rassemblement sur les réseaux sociaux ces derniers jours, appelant ses partisans à porter des masques et à scander « Pas de colons sur des terres volées ». Ces appels à la mobilisation ont été largement relayés par des groupes antisionistes en ligne, notamment par la branche new-yorkaise du groupe marginal antisioniste Jewish Voice for Peace (JVP).
Pal-Awda a affirmé que la manifestation visait la société israélienne CapitIL. Toutefois, un porte-parole de cette dernière a indiqué qu’aucun événement n’était prévu à New York.
En revanche, des publicités circulant sur les réseaux sociaux faisaient état d’un événement organisé par un groupe distinct, appelé Mortgage Israel. Ce dernier n’a pas répondu aux sollicitations du Times of Israel.
Les publicités mentionnaient des lieux à Jérusalem, Netanya, Carmei Gat, Ramat Beit Shemesh, Ashdod et Tel Aviv, tous situés à l’intérieur des frontières internationalement reconnues d’Israël, ainsi que Maale Adumim, située au-delà de la Ligne verte, en Cisjordanie.
Sam Berger, membre juif de l’Assemblée de l’État de New York représentant la circonscription, a indiqué que la manifestation avait contraint une crèche et deux écoles primaires à fermer plus tôt que prévu leurs activités périscolaires, pour des raisons de sécurité.
Berger a précisé au Times of Israel que Pal-Awda avait déjà manifesté dans le quartier il y a environ un an et demi. Lors de ce rassemblement, les manifestants avaient proféré des insultes antisémites à l’encontre des habitants et brandi un drapeau du Hezbollah, a-t-il rappelé avant la manifestation de jeudi.
« Cela a dépassé les limites d’une manifestation pacifique pour devenir de l’agitation et du harcèlement », a-t-il déclaré. « Lorsque ce même groupe revient, il est normal que la communauté panique. »
« C’est un quartier résidentiel, avec de nombreuses jeunes familles, qui craignent désormais pour la sécurité de leurs enfants », a-t-il ajouté.
« Nous ne vivons pas à Manhattan. Nous sommes une communauté résidentielle tranquille », a expliqué Sorolle Idels, fondatrice du groupe de défense Queens Jewish Alliance, qui réside dans le quartier. « Nous ne sommes pas habitués à ce type de perturbations et nous ne les apprécions pas. »
Idels a précisé que son organisation avait appelé les habitants à rester à l’écart de la zone pendant la manifestation.
Les événements visant à promouvoir l’immobilier en Israël constituent depuis plusieurs années un point de friction, notamment parce que les manifestations se déroulent dans des quartiers juifs, souvent devant des synagogues, contrairement à la majorité des autres rassemblements. Les synagogues n’organisent pas ces événements, mais louent leurs locaux.
Pal-Awda avait ainsi manifesté en novembre devant la synagogue Park East, à Manhattan. Lors de ce rassemblement, les manifestants avaient proféré des insultes discriminatoires et scandé des menaces à l’encontre des Juifs. La manifestation visait un événement organisé par Nefesh BeNefesh, une organisation qui accompagne l’immigration juive vers Israël.
À la suite de cette manifestation, le maire Zohran Mamdani avait fait l’objet de nombreuses critiques après s’être exprimé contre les manifestants et contre la synagogue, estimant que cette dernière avait violé le droit international en accueillant un événement lié à l’immigration. Nefesh BeNefesh fournit notamment des informations aux personnes souhaitant s’installer dans des implantations de Cisjordanie.
Lors du rassemblement de novembre, les manifestants avaient été autorisés à se tenir devant l’entrée de la synagogue, obligeant les participants à passer à proximité immédiate. Des contre-manifestants pro-Israël étaient également présents à proximité. La gestion de l’événement avait alors suscité de vives critiques à l’encontre de la police de New York de la part de la communauté juive, qui salue généralement son action lors des manifestations. À l’issue du rassemblement, la commissaire de la police de New York, Jessica Tisch, avait présenté ses excuses à la synagogue Park East.
Lors de la manifestation de jeudi, les forces de l’ordre n’ont pas autorisé les manifestants à s’approcher de l’entrée de la synagogue ni des contre-manifestants. Le nombre de participants était également plus limité, probablement en raison de l’éloignement de Kew Gardens Hills du centre-ville.
Mardi, la gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul, a annoncé qu’elle présenterait, lors de son discours sur l’état de l’État le 13 janvier, une politique visant à instaurer des « zones de sécurité » autour des lieux de culte.
Selon des données publiées mardi par la police de New York, les Juifs ont été la cible de 330 crimes de haine en 2025, soit davantage que l’ensemble des autres groupes réunis.







