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Nir Oz interrompt sa cérémonie de reconstruction pour protester contre le plan sur Gaza

Son président appelle à libérer les otages par un accord, même coûteux, affirmant que le kibboutz comprend mieux que le cabinet la menace que représente le Hamas

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Près de deux ans après le pogrom du 7 octobre, une cérémonie marque la reconstruction du kibboutz Nir Oz, le 7 août 2025. (Crédit : Tsafrir Abayov/FLASH90)
Près de deux ans après le pogrom du 7 octobre, une cérémonie marque la reconstruction du kibboutz Nir Oz, le 7 août 2025. (Crédit : Tsafrir Abayov/FLASH90)

Une cérémonie de pose de la première pierre d’un nouveau quartier dans le kibboutz Nir Oz, situé près de la frontière avec Gaza, a été brusquement interrompue jeudi soir alors que le cabinet s’apprêtait à se réunir pour discuter d’une éventuelle occupation militaire totale de la bande de Gaza.

Le kibboutz avait été en grande partie détruit le 7 octobre 2023, lorsque des terroristes du groupe palestinien du Hamas ont envahi toutes les maisons de la petite communauté, à l’exception de six sur plus de 200. Ils y ont assassiné, ou kidnappé un habitant sur quatre, soit 117 personnes sur environ 400. Parmi les personnes enlevées, neuf sont toujours détenues à Gaza, et seules cinq d’entre elles seraient encore en vie.

La cérémonie d’inauguration du nouveau quartier des Pionniers, avait été organisée et tenue en présence d’otages libérés et des familles de ceux encore retenus en captivité.

Mais en plein milieu de l’événement, le président du kibboutz, Tzviki Tessler, a annoncé que « le cabinet vient de se réunir pour discuter de l’occupation de Gaza. Nous ne pouvons pas continuer comme si de rien n’était, c’est pourquoi nous devons interrompre la cérémonie. Je parle au nom de Nir Oz et des otages et j’appelle les dirigeants et le cabinet… à ne pas approuver d’action susceptible de mettre en danger la vie des otages. »

S’adressant à l’assemblée, Tessler a exigé que le gouvernement « obtienne la libération des otages pour les ramener chez eux dans le cadre d’un accord, même si le prix à payer est élevé. Aucun endroit n’est comparable à Nir Oz, où le danger que représente un retour du Hamas à Gaza est ressenti aussi profondément. Nous le savons et le comprenons mieux que tous ceux qui siègent autour de la table [du cabinet]. »

Il a ajouté que, sans le retour des otages, « il n’y aura ni victoire ni réhabilitation. Nous savons comment renaître de nos cendres, comment reconstruire un kibboutz prospère et florissant ici, à la frontière, mais nous ne pourrons pas y parvenir sans eux. La responsabilité incombe au gouvernement et à son dirigeant. »

Une maison détruite dans le kibboutz Nir Oz le 7 octobre, photographiée lors d’une cérémonie de reconstruction, le 7 août 2025. (Crédit : Tsafrir Abayov/FLASH90)

Irit Pauker, dont le père, Gideon Pauker, avait été blessé par balle dans sa maison de Nir Oz par des terroristes du Hamas le 7 octobre et s’était vidé de son sang à côté de sa femme, Orna, qui n’avait pas été blessée, a déclaré dans un discours improvisé que les familles d’otages se battaient depuis un an et dix mois et ne savaient plus contre qui : le Hamas ou l’État d’Israël.

Elle a appelé les dirigeants économiques et tous les citoyens qui ne participent pas aux manifestations à descendre dans la rue et à paralyser l’économie, soulignant que « c’est peut-être la dernière chance de les sauver… soutenez-nous. »

Avant l’interruption de la cérémonie, Gadi Mozes, otage libéré en janvier, a déclaré d’une voix brisée par l’émotion qu’avec la pose de la première pierre, « nous affirmons clairement notre retour chez nous, malgré les difficultés ».

Gadi Mozes, otage libéré, s’exprime lors d’une cérémonie marquant la reconstruction du kibboutz Nir Oz, le 7 août 2025. (Crédit : Tsafrir Abayov/FLASH90)

Ron Bahat, responsable du projet de réhabilitation du kibboutz, a indiqué que, 670 jours après le massacre du 7 octobre, Nir Oz voyait « les premiers bourgeons de la renaissance et du renouveau de Nir Oz ».

Quatre nouvelles initiatives éducatives sont sur le point d’être lancées dans le kibboutz, a expliqué Bahat. Un groupe de jeunes a déjà commencé à y dormir dans le cadre d’un nouveau projet du mouvement de jeunesse de l’HaShomer Hatzair. Une académie militaire préparatoire à l’armée (mechina) doit ouvrir le 1er septembre. Le Shviro College, à Beer Sheva, travaille avec l’unité des soldats démobilisés du ministère de la Défense sur une initiative prévue pour novembre, tandis que l’organisation Bina Balev développe un projet éducatif sur l’intelligence artificielle (IA).

Ron Bahat, membre du kibboutz Nir Oz, décrit son calvaire de 8 heures et demie, pendant l’invasion des terroristes du Hamas, le 30 octobre 2023. (Crédit : Carrie Keller-Lynn/The Times of Israel)

Dans le quartier des Pionniers, 30 maisons sont en cours de rénovation, les 10 premières devant être occupées à partir de la semaine prochaine et les autres achevées d’ici fin septembre, a indiqué Bahat. Dix nouvelles maisons sont également en construction, plus solides et plus grandes que celles détruites. L’entreprise de construction Ackerstein, qui fabrique les maisons préfabriquées, s’est engagée à les livrer avant le 16 décembre.

La première pierre, a-t-il poursuivi, symbolise « notre détermination et notre obligation » à reconstruire la communauté le plus rapidement possible.

 

Le nouveau quartier est financé en partie grâce aux 10 millions de shekels collectés lors d’une vaste campagne organisée par la Société publique de radiodiffusion israélienne, en collaboration avec le mouvement Or, deux semaines après le pogrom perpétré par le Hamas.

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