« Nous avons besoin d’entendre parler de juifs s’étant défendus, » explique l’un des frères agressés à Bondy
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Nouveaux éléments sur l'attaque antisémite

« Nous avons besoin d’entendre parler de juifs s’étant défendus, » explique l’un des frères agressés à Bondy

Sans l'aide du père [de l'agresseur] qui s'est interposé une nouvelle fois "mon frère et moi aurions été assassinés"

Le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a exprimé vendredi son « indignation » après l’agression dont ont été victimes deux jeunes juifs à Bondy. Ici à l'Assemblée nationale, en février 2017 (Crédit : AFP / Patrick KOVARIK)
Le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a exprimé vendredi son « indignation » après l’agression dont ont été victimes deux jeunes juifs à Bondy. Ici à l'Assemblée nationale, en février 2017 (Crédit : AFP / Patrick KOVARIK)

A écouter l’un des jeunes juifs attaqués par un homme armé d’une scie à Bondy ayant raconté son calvaire à YnetNews, la colère et la haine l’emportent aujourd’hui sur sa peur.

« Je n’ai plus peur. Je ressens juste de la colère et de la haine pour ne pas avoir été capable de me défendre. Je sais pourtant me défendre contre une attaque au couteau (…) Je veux lui faire face à nouveau, » explique le plus âgé des deux frères agressés à Bondy.

« Les images [de l’agression] me restent en tête. Mon but est de le retrouver ». A ce jour, si la police a ouvert une enquête, l’agresseur principal et ceux qui l’ont aidé courent toujours.

Le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a exprimé vendredi son « indignation » après l’agression dont ont été victimes deux jeunes juifs à Bondy (Seine-Saint-Denis), assurant que tout était mis en oeuvre pour retrouver ses auteurs.

« Le problème, c’est qu’en France on entend toujours les histoires de juifs se faisant agresser. Nous avons besoin d’entendre parler de juifs s’étant défendus, » ajoute l’homme de 29 ans.

« Nous nous sommes arrêtés au feu, et nous avons soudainement remarqué que le conducteur dans la voiture d’à côté essayait de voir si nous portions une kippa. Puis il a violemment tenté de nous bloquer deux fois. A la troisième je lui ai demandé pourquoi il faisait ça. Il nous a alors couvert d’insultes antisémites. Je lui ai dit : ‘sors de ta voiture’ mais il a continué d’essayer de nous emboutir, » raconte-il.

YnetNews, qui a eu accès à la plainte déposée par les deux victimes auprès de la police, détaille les paroles échangées entre l’agresseur et les victimes.

« Je fais ce que je veux, sales juifs ! Tu vas mourir, » leur a-t-il lancé avant de les contraindre à s’arrêter devant un bar à chichah.

Ici, la version du jeune homme de 29 ans, apporte une nouvelle lumière aux événements relayés dans un premier temps sur internet.

Arrivés devant le bar à chicha, l’agresseur « de 25-30 ans » a appelé quelques-uns de ses amis installés à l’intérieur, cinq en sont sortis.

« Resté dans la voiture, son père essayait de le calmer en disant « assez, assez ! ». Puis l’agresseur à sorti une scie à métaux. « Nous avons a commencé à courir » continue-t-il.

« Il m’a attaqué et je suis tombé. Ses amis me tenaient et il m’a frappé au visage. Mon frère est sorti de la voiture » et l’a désarmé.

Puis deux des amis présents tentent de calmer l’homme ayant agressé ces deux juifs sans autre motif apparent qu’une féroce haine anti-juive. Et ce, alors qu’il tentait de reprendre la scie à métaux.

Sans l’aide du père qui s’est interposé une nouvelle fois « mon frère et moi aurions été assassinés ».

Résultat : une épaule disloquée, des points de sutures à la main, des ecchymoses « et des coupures partout sur ma tête, mon visage et mon cou. Mais Dieu merci, je commence à me sentir mieux ».

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