Israël en guerre - Jour 201

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« Nous devons terminer la mission », dit Netanyahu aux leaders juifs américains

Netanyahu a affirmé que l'armée faisait des efforts sans précédent pour protéger les civils, rejetant les accusations de génocide ; l'ambassadeur des États-Unis minimise le plan de reconnaissance unilatérale d'Etat palestinien

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse au public de la CoP (Conférence des présidents des communautés juives américaines majeures) à Jérusalem, le 18 février 2024. (Crédit : Coby Gideon / GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse au public de la CoP (Conférence des présidents des communautés juives américaines majeures) à Jérusalem, le 18 février 2024. (Crédit : Coby Gideon / GPO)

S’adressant aux leaders juifs américains dans la journée de dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a insisté sur le fait que l’armée israélienne prenait des mesures sans précédent pour protéger les civils de Gaza dans le contexte de la guerre qui oppose Israël au Hamas. Il a également répété que « nous devons terminer la mission ».

S’exprimant avant la rencontre annuelle de la Conférence des présidents des principales communautés juives américaines (CoP), Netanyahu a critiqué l’Afrique du Sud et le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva qui accusent Israël de commettre un génocide au sein de l’enclave côtière.

Le Premier ministre s’en est pris avec vivacité à Lula pour les propos tenus par ce dernier, dimanche – il avait comparé Israël à l’Allemagne nazie, disant que le seul équivalent historique aux événements actuellement en cours dans la bande de Gaza a été « lorsque Hitler a décidé de tuer les Juifs ».

« Il devrait avoir honte », s’est exclamé Netanyahu, provoquant des applaudissements.

Il a aussi fustigé la requête déposée par Pretoria devant la Cour internationale de Justice – l’Afrique du sud a dénoncé un « génocide » en cours à Gaza et elle demandé aux juges d’ordonner l’arrêt de l’offensive israélienne et l’interdiction d’une opération militaire dans la ville de Rafah, le dernier bastion du Hamas au sein de l’enclave côtière. Les magistrats ont rejeté ces demandes, mettant toutefois en garde l’État juif face à la nécessité de protéger les civils au vu du nombre de morts qui ne cesse de grimper, côté Gazaoui, dans le cadre de la campagne militaire.

Netanyahu a promis qu’aucune de ces accusations ne viendrait stopper l’offensive lancée contre le groupe terroriste qui gouverne Gaza, promettant « la victoire totale contre les sauvages du Hamas ».

« Quand nous avons décidé de le faire, même nos meilleurs amis nous ont dit : ‘C’est impossible' », a déclaré Netanyahu en évoquant la guerre qu’Israël mène contre le Hamas depuis le 7 octobre – ce jour-là, les terroristes avaient lancé une attaque sans précédent dans le sud d’Israël, massacrant près de 1 200 personnes, des civils en majorité, et kidnappant 253 personnes, prises en otage dans les geôles du Hamas.

La délégation sud-africaine (à gauche), et la délégation israélienne (à droite), lors d’une session à la Cour internationale de justice, à La Haye, aux Pays-Bas, le 26 janvier 2024. (Crédit : Patrick Post/AP Photo)

« Nos braves soldats sont dans les tunnels en train de démolir les infrastructures de ces meurtriers », a ajouté Netanyahu qui a fait l’éloge de l’armée et des efforts livrés, selon lui, pour protéger les civils.

« L’armée israélienne prend actuellement des mesures qu’aucune autre armée n’a jamais prises pour protéger les civils », a insisté Netanyahu qui a déclaré que « la victoire totale, cela signifie la libération des otages ».

Les organisations internationales, à Gaza, ont mis en garde de manière croissante contre la situation humanitaire difficile au sein de l’enclave. De son côté, Israël a accusé les agences des Nations unies d’être dans l’incapacité d’assurer le bon acheminement des aides humanitaires. Le bilan civil, côté gazaoui, a aussi entraîné des critiques intenses à l’international, alors que le Hamas indique qu’à peu-près 29 000 personnes ont été tuées dans la guerre. Israël, de son côté, dit qu’au moins 1000 terroristes ont été tués dans le cadre de ce conflit et qu’ils sont inclus dans ce bilan, déclarant qu’il est impossible d’éviter les victimes civiles dans la mesure où les infrastructures militaires se fondent dans la population et ce, partout où l’armée est appelée à mener des opérations.

Il resterait 134 otages à Gaza et certains ne sont plus en vie.

Le Premier ministre a également fait l’éloge du gouvernement et des Américains qui ont rejeté les accusations de génocide, remerciant le président américain Joe Biden pour son assistance à travers toute la guerre et disant qu’il a accepté l’idée que tout devait être fait pour épargner les civils.

Netanyahu a ensuite appelé à exercer des pressions sur le Qatar pour obtenir du Hamas qu’il relâche les otages qu’il conserve encore en captivité.

Le président américain Joe Biden est salué par le Premier ministre Benjamin Netanyahu à son arrivée à l’aéroport international Ben Gurion à Tel Aviv, le 18 octobre 2023. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

« Accord ou pas accord, nous devons terminer la mission jusqu’à la victoire totale », a dit Netanyahu.

« Il y a une chose qu’Israël ne peut pas accepter, c’est le diktat international qui… imposerait un Etat palestinien à Israël après les horreurs du 7 octobre », a-t-il poursuivi, insistant sur le fait que les Israéliens étaient unis sur cette question. Netanyahu a appelé la CoP à adopter la même résolution que celle qui avait été approuvée, dans la journée, par son cabinet, dénonçant toute reconnaissance unilatérale d’un état palestinien.

Prenant la parole avant Netanyahu, l’ambassadeur américain en Israël Jack Lew a cherché à minimiser la reconnaissance unilatérale, par les États-Unis, d’un état palestinien.

« Nous n’avons jamais dit qu’il devait y avoir une reconnaissance unilatérale d’un état palestinien », a dit Lew.

Il a appelé à un « processus transhorizon qui comprendra la perspective de l’établissement d’un état palestinien démilitarisé ».

« Il y a aujourd’hui une réelle possibilité, en s’engageant dans la normalisation et dans les négociations avec l’Arabie saoudite » qu’il « puisse y avoir un état palestinien démilitarisé. Mais Israël devra faire ce choix », a dit Lew. Il a rappelé l’importance déterminante, dans ce cadre, de procéder à des réformes au sein de l’Autorité palestinienne.

L’ambassadeur américain en Israël Jack Lew lors d’un rassemblement pour marquer le 100e jour depuis l’enlèvement des otages, « Place des Otages », à Tel Aviv le 13 janvier 2024. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

« Toute solution doit garantir la sûreté et la sécurité d’Israël », a-t-il indiqué, disant qu’il « est impossible qu’il y ait un Etat palestinien militarisé. »

Le soutien américain pour Israël « n’a pas faibli », a souligné l’envoyé, expliquant que les critiques de Washington à l’égard des politiques israéliennes émanent du fait que la guerre « entraîne énormément de souffrances partout ».

« Le fait que nous ayons mis en lumière la souffrance des enfants à Gaza n’indique pas que les États-Unis ne se tiennent pas aux côtés d’Israël », a-t-il dit. La guerre, a-t-il continué, « doit être menée conformément à nos valeurs communes. Nous devons tous nous souvenir, tous, qu’un enfant est un enfant ».

Et les pressions américaines en faveur de l’entrée d’une plus grande quantité d’aides humanitaires à Gaza sont « un impératif à la fois moral et stratégique », a-t-il précisé. « Quand cette page de l’Histoire s’écrira, j’ai la certitude que nos amis israéliens seront reconnaissants à l’égard de cet encouragement » en matière d’assistance humanitaire, a-t-il indiqué.

Il a admis que dans des périodes de stress, certaines paroles pouvaient être dites mais qu’Israël « doit regarder les actes concrets » de la part de l’administration Biden.

Un manifestant se tenant devant la Cour internationale de justice avant une audience, à La Haye, aux Pays-Bas, le 12 janvier 2024. (Crédit : Patrick Post/AP Photo)

Quand la guerre avait commencé, Netanyahu avait initialement promis qu’aucune aide humanitaire ne serait autorisée à entrer dans la bande de Gaza – une politique qui avait rapidement changé en raison des pressions intenses des États-Unis. Dans un premier temps, l’assistance avait été transférée dans la bande par le poste-frontière de Rafah, qui sépare l’enclave et l’Égypte, exclusivement et ce après inspection israélienne. Toutefois, les pressions exercées par Washington, qui déplorait que les aides étaient en quantité insuffisante, ont finalement décidé l’État juif à ouvrir son poste-frontière de Kerem Shalom également.

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