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Nucléaire: la France presse l’Iran, qui dit être « plus proche que jamais d’un accord »

Le Drian estime que l'Iran a un "choix clair" à faire dans les prochains jours ; Téhéran veut que le Congrès américain formule un engagement envers un éventuel accord

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et son homologue libanais, Nassif Hitti, non représenté, ont tenu une conférence de presse après leur réunion au ministère libanais des Affaires étrangères à Beyrouth, au Liban, le 23 juillet. 23, 2020. (Crédit : AP Photo/Bilal Hussein)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et son homologue libanais, Nassif Hitti, non représenté, ont tenu une conférence de presse après leur réunion au ministère libanais des Affaires étrangères à Beyrouth, au Liban, le 23 juillet. 23, 2020. (Crédit : AP Photo/Bilal Hussein)

L’Iran n’a plus que quelques « jours » pour se rallier à un accord sur son programme nucléaire ou déclencher une « grave crise » de prolifération, a averti mercredi Paris, avant que le négociateur iranien assure que les parties étaient « plus proches que jamais d’un accord ».

« Après des semaines de pourparlers intensifs, nous sommes plus proches que jamais d’un accord; toutefois, rien n’est convenu tant que tout n’est pas convenu », a tweeté en soirée le négociateur iranien Ali Baghéri en anglais.

« Nos partenaires de négociations doivent être réalistes, éviter l’intransigeance et tenir compte des leçons des quatre dernières années. Il est temps qu’ils prennent des décisions sérieuses », a-t-il aussi ajouté.

Plus tôt, Téhéran avait affirmé vouloir, en gage de garantie, une « déclaration politique » du Congrès américain dans laquelle les Etats-Unis s’engagent à revenir à l’accord sur le nucléaire et à le mettre en œuvre.

Le négociateur en chef du nucléaire iranien, Ali Bagheri Kani, quitte le Palais Coburg, lieu de la réunion du Plan d’action global conjoint (JCPOA) visant à relancer l’accord sur le nucléaire iranien, à Vienne, le 3 décembre 2021. (Crédit : Joe Klamar/AFP)

« Par principe, l’opinion publique en Iran ne peut pas accepter comme garantie les propos d’un chef d’Etat, et encore moins de celui des Etats-Unis en raison du retrait des Américains » en 2018, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, selon une copie de son interview mercredi avec le Financial Times publiée sur le site du ministère des Affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie iranienne a révélé avoir demandé aux négociateurs iraniens de proposer aux parties occidentales « qu’au moins leurs Parlements ou leurs présidents, y compris le Congrès américain, puissent proclamer sous la forme d’une déclaration politique leur engagement envers l’accord et à revenir à la mise en œuvre » de l’accord.

« Point de bascule »

Le chef de la diplomatie française a pour sa part estimé que la balle était dans le camp des Iraniens: « Plus on avance, plus l’Iran accélère ses procédures nucléaires, moins il y a d’intérêt pour les parties à rejoindre le JCPOA (accord de 2015), donc on est rendu au point de bascule, là maintenant ».

« Ce n’est pas une question de semaines, c’est une question de jours », a insisté Jean-Yves Le Drian devant le Sénat, tout en soulignant qu’un accord était à « portée de main ».

Les pourparlers de Vienne visent à ramener Washington à l’accord nucléaire de 2015, notamment par la levée des sanctions contre l’Iran, et à garantir le plein respect par Téhéran de ses engagements.

Le Palais Cobourg, lieu des pourparlers de relance du Plan d’action global conjoint (JCPOA), à Vienne, le 29 novembre 2021. (Crédit : VLADIMIR SIMICEK / AFP)

Les autres signataires de l’accord, les Européens (France, Allemagne, Royaume-uni), la Chine et la Russie, de même que les Etats-Unis qui en sont sortis en 2018, ont « trouvé une convergence » pour conclure à Vienne, a souligné M. Le Drian.

« Il faut (maintenant) des décisions politiques de la part des Iraniens », a martelé le ministre français des Affaires étrangères.

« Ils ont devant eux un choix très clair: ou bien ils déclenchent une crise grave dans les jours qui viennent, on pourrait s’en passer, ou bien ils acceptent l’accord qui respecte les intérêts de toutes les parties, et singulièrement les intérêts de l’Iran », a-t-il ajouté.

L’accord offrait un allégement des sanctions à Téhéran en échange de restrictions sur son programme nucléaire, mais les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement en 2018 sous la présidence de Donald Trump. Ils ont parallèlement rétabli de lourdes sanctions économiques, incitant l’Iran à commencer à revenir sur ses engagements.

La présidente de la Chambre américaine, Nancy Pelosi, a déclaré lors d’une cérémonie qui a eu lieu mercredi à la Knesset que les États-Unis et Israël étaient alliés face à la menace de l’Iran.

« Nous nous tenons côte à côte dans le combat contre le terrorisme iranien dans la région, mais aussi face à ses avancées nucléaires. La menace nucléaire que fait planer l’Iran est mondiale. Elle est une menace pour le monde », a dit Pelosi.

« La proximité d’Israël avec l’Iran est une inquiétude que nous nourrissons tous et elle est une responsabilité pour nous tous », a-t-elle ajouté.

Dans une démarche inhabituelle, des diplomates israéliens se sont rendus à Vienne pour rencontrer mardi les négociateurs concernés. Israël ne participe pas discussions et a déclaré qu’il se réservait le droit d’agir comme il l’entendait contre le programme nucléaire iranien, quelle que soit l’issue des négociations.

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