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Nucléaire: l’Iran et les États-Unis vont négocier cette semaine au Qatar

Doha qui entretient de meilleures relations avec Téhéran que la plupart des monarchies arabes du Golfe, souhaite jouer un rôle de plaque tournante diplomatique

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, s'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue libanais, Abdallah Bouhabib, à Beyrouth, au Liban, le jeudi 24 mars 2022. (Crédit: AP Photo/Bilal Hussein)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, s'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue libanais, Abdallah Bouhabib, à Beyrouth, au Liban, le jeudi 24 mars 2022. (Crédit: AP Photo/Bilal Hussein)

Les Etats-Unis et l’Iran ont annoncé lundi reprendre cette semaine au Qatar leurs négociations indirectes, après plusieurs mois de blocage des pourparlers sur le dossier nucléaire iranien.

L’agence de presse iranienne Tasnim, citant une source anonyme du ministère des Affaires étrangères, a rapporté que le négociateur en chef iranien sur le nucléaire, Ali Bagheri, se rendrait au Qatar mardi pour « des négociations sur la levée des sanctions ».

A Washington, un porte-parole du département d’Etat a confirmé que les pourparlers se tiendraient cette semaine dans la capitale qatarie, Doha.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, a indiqué que ces négociations auront lieu « dans les prochains jours, cette semaine ». Selon lui, elles « ne concerneront pas la dimension nucléaire, mais des divergences sur la question de la levée des sanctions » américaines, qui frappent durement le pays, touché par une inflation galopante.

Lors d’une visite surprise à Téhéran samedi, Josep Borrell avait fait une annonce similaire, en déclarant que ces pourparlers seraient distincts de ceux menés par l’UE à Vienne entre l’Iran et les grandes puissances.

Josep Borrell, haut-représentant aux Affaires étrangères de l’Union européenne, s’exprime pendant une réunion avec le ministre iranien des Affaires étrangères au siège du ministère à Téhéran, dans la capitale de l’Iran, le 25 juin 2022. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

M. Khatibzadeh a exprimé l’espoir de « résultats positifs » des pourparlers.

« Si Washington apporte des réponses, alors nous pouvons faire le travail rapidement (…) La balle est dans le camp de Washington », a-t-il-dit.

En 2018, les Etats-Unis de l’ex-président américain Donald Trump se sont retirés de l’accord sur le nucléaire et ont imposé des sanctions économiques sévères à Téhéran. En conséquence, l’Iran s’est désengagé progressivement de l’accord et est accusé de chercher à se doter de la bombe atomique, ce qu’il dément.

Après l’élection de Joe Biden, Washington a affirmé vouloir revenir dans l’accord, malgré un pessimisme croissant ces dernières semaines.

« Abandonner ses demandes » 

« Nous sommes reconnaissants envers nos partenaires de l’UE, qui continuent de transmettre des messages et travaillent pour faire avancer ces négociations », a dit un porte-parole de la diplomatie américaine. « Nous sommes prêts à conclure et à mettre en œuvre immédiatement l’accord que nous avons négocié à Vienne pour un retour mutuel à la pleine mise en œuvre du JCPOA » (nom donné à l’accord).

« Mais pour cela, l’Iran doit décider d’abandonner ses demandes supplémentaires qui vont au-delà du JCPOA », a-t-il dit.

Le Qatar, qui entretient de meilleures relations avec Téhéran que la plupart des monarchies arabes du Golfe, souhaite jouer un rôle de plaque tournante diplomatique, Doha ayant déjà notamment aidé à organiser des pourparlers entre les États-Unis et les talibans.

Doha, au Qatar. Illustration. (Crédit: Shutterstock images)

Les pourparlers pour relancer l’accord sur le nucléaire ont commencé à Vienne en avril 2021, mais ont échoué en mars de cette année en raison des divergences entre Américains et Iraniens, qui exigent notamment des garanties pour que Washington ne se retire plus de l’accord.

L’Iran avait également demandé que l’armée idéologique du régime, les Gardiens de la Révolution, ne soit plus considérée comme une organisation terroriste par Washington, qui avait répondu que cette demande n’entrait pas dans le cadre des pourparlers sur le nucléaire.

Mi-juin, l’administration Biden a déclaré qu’avoir été affilié à cette unité ne serait pas un motif de refus d’entrée aux Etats-Unis pour les Iraniens n’ayant pas eu le choix que d’y servir.

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