Nucléaire : l’Iran rejette un appel de Paris à rouvrir des négociations élargies
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Nucléaire : l’Iran rejette un appel de Paris à rouvrir des négociations élargies

Téhéran a affirmé que la question était "non négociable" et accusé les puissances occidentales de ne pas respecter les conditions de l'accord sur le nucléaire

Rangée de missiles iraniens Qadir, révélés en 2011. (Capture d'écran : YouTube/PressTV)
Rangée de missiles iraniens Qadir, révélés en 2011. (Capture d'écran : YouTube/PressTV)

L’Iran a rejeté vendredi des appels de la France à rouvrir des négociations élargies sur le nucléaire, jugeant cela impossible tant que les puissances occidentales n’auront pas respecté leurs engagements existants sur ce dossier.

« Il n’y a aucune base de confiance pour les négociations, et particulièrement sur des questions non négociables », a dit le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes Bahram Ghasemi, cité par l’agence de presse Tasnim.

La France a prévenu jeudi Téhéran qu’il ne pourrait pas échapper à des négociations élargies, au-delà des engagements contenus dans l’accord international conclu en 2015 visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian arrive à une réunion informelle des chefs de la diplomatie européenne à Vienne, le 30 août 2018. (Crédit : AFP Photo/APA/Herbet Neubauer)

« L’Iran ne pourra pas échapper à des négociations sur trois autres grands sujets qui nous préoccupent », a estimé le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

Il a notamment cité « l’avenir des engagements nucléaires de l’Iran au-delà de 2025, la question balistique (…) et le rôle que l’Iran joue pour stabiliser l’ensemble de la région ».

Les Européens, dont la France, tentent de sauver l’accord de 2015 après que Washington s’est retiré unilatéralement en mai 2018 de ce texte qu’il juge trop laxiste.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghasemi, informe les journalistes lors d’une conférence de presse à Téhéran le 22 août 2016. (Capture d’écran YouTube)

M. Ghasemi a répliqué vendredi que l’Europe devait d’abord prouver qu’elle pouvait sauver l’accord nucléaire après le retrait des États-Unis et leur rétablissement de sanctions à l’encontre de l’Iran.

« Les autorités européennes ont jusqu’à présent répété leur position mais n’ont pas réussi à présenter les garanties efficaces nécessaires que nous attendions pour préserver cet accord international », a affirmé le porte-parole.

Selon lui, « le peuple iranien n’a d’autre solution que de rester méfiant à leur égard ».

La France, toujours partie à l’accord aux côtés de la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine, l’Allemagne et l’Union européenne, en est l’un des fervents défenseurs mais les propos de M. Le Drian font écho aux préoccupations du président américain Donald Trump qui souhaite arracher de nouvelles concessions à l’Iran, jugé belliqueux.

L’Iran a exclu à plusieurs reprises toute rencontre avec les États-Unis et toute réouverture des négociations, mettant notamment en avant son respect des termes de l’accord de 2015 qui soumet ses activités nucléaires à une surveillance draconienne.

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