Numa: Les résidents des implantations doivent dénoncer les extrémistes parmi eux
Rechercher

Numa: Les résidents des implantations doivent dénoncer les extrémistes parmi eux

Le général de division dit qu'un groupe d'Israéliens défie les autorités, alors que les résidents des implantations et les Palestiniens s'affrontent dans le nord de la Cisjordanie

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le chef sortant du Commandement central Roni Numa (G) prend la parole lors de sa cérémonie d'échange de commandement à Jérusalem-Est le 7 mars 2018 en présence de Gadi Eizenkot, chef d'état-major de Tsahal. (Capture d'écran/Ynet)
Le chef sortant du Commandement central Roni Numa (G) prend la parole lors de sa cérémonie d'échange de commandement à Jérusalem-Est le 7 mars 2018 en présence de Gadi Eizenkot, chef d'état-major de Tsahal. (Capture d'écran/Ynet)

Le chef sortant du Commandement central de Tsahal a appelé mercredi les dirigeants des implantations à dénoncer les extrémistes de leurs circonscriptions de Cisjordanie.

« Malheureusement, il y a encore une poignée de personnes dans les implantations qui contestent les autorités et l’ordre public. Je vous exhorte à continuer d’agir et de dénoncer ces groupes », a déclaré le général de division Roni Numa aux chefs du conseil de Cisjordanie à l’occasion d’une allocution marquant son départ.

Numa, 51 ans, avait tissé des liens étroits avec les dirigeants des implantations qui relevaient tous de sa compétence au cours des trois dernières années. Lors de la cérémonie de mercredi, Numa, qui prend sa retraite, a été officiellement remplacé par le général de division Nadav Padan, qui a récemment dirigé les unités de télégestion et de cyber-défense de Tsahal.

« Je voudrais vous remercier pour le dialogue sincère qui a permis de préserver la confiance mutuelle, même dans les moments délicats et difficiles », a dit Numa aux dirigeants des implantations. « C’est une nouvelle occasion pour moi de réitérer l’engagement sans compromis que nous avons envers votre sécurité. »

(De gauche à droite) Nadav Padan, chef d’état-major de l’armée israélienne, Gadi Eizenkot, chef du commandement central de l’armée israélienne, et Roni Numa, chef du commandement central sortant, se tiennent au garde-à-vous pendant la cérémonie d’échange de commandement, le 7 mars 2018. (Jacob Magid/Times of Israel)

Dans son premier discours en tant que chef du Commandement central, Padan a déclaré qu’il aborderait la sécurité d’Israël avec « une grande détermination… permettant une (haute) qualité de vie pour les Israéliens et les Palestiniens tout en maintenant l’état de droit et l’esprit de Tsahal ».

Le chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eizenkot, était également présent à la cérémonie. Il a félicité Numa pour son travail et lui a souhaité bonne chance dans ses fonctions.

La semaine dernière, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a félicité Numa pour son travail au cours des trois dernières années en tant que chef du Commandement central, qui est responsable de la Cisjordanie.

Le passage de Numa au Commandement central, qui inclut la supervision des implantations et des Palestiniens en Cisjordanie, a été marqué par une série d’’attaques au couteau, de fusillades et d’attenttats à la voiture-bélier en 2015 et 2016, ainsi que par des troubles plus récents à la suite de la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre.

Le brigadier-général de Tsahal, Nadav Padan, (au centre) lors d’une cérémonie en son honneur, en présence du chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eizenkott (d), et du ministre de la Défense Avigdor Liberman, le 13 juin 2016. (Hadar Ben Simon/Porte-parole de l’IDF)

Le mandat de Numa a également été marqué par une montée en puissance des ordonnances administratives contre des dizaines de jeunes d’extrême droite des implantations.

Le ministère de la Défense, sous l’égide du service de sécurité Shin Bet, du commandement central de Tsahal et de la police israélienne, a signé une nouvelle série d’une trentaine d’ordonnances administratives en septembre.

Variant de la détention, de l’interdiction d’entrer dans toute la Cisjordanie, de l’interdiction de contacter certaines personnes ou de l’assignation à résidence de nuit, le Shin Bet a fait valoir qu’ils avaient contribué à réduire considérablement le nombre de crimes haineux, notamment les attaques « Prix à payer » – délits commis en représailles à des politiques israéliennes considérées comme hostiles aux résidents radicaux des implantations.

Dans l’ensemble, les ordonnances administratives contre les Israéliens visent des activistes connus sous le nom de « Jeunes des Collines », des jeunes qui s’installent dans les avant-postes, résistent aux tentatives d’évacuation des soldats et ont été reconnus responsables des attaques « Prix à payer » et d’autres crimes haineux.

Mais les jeunes visés disent que leurs droits sont bafoués parce que les ordonnances ne permettent pas l’application régulière de la loi.

La violence a été particulièrement intense dans le nord de la Cisjordanie, où les Israéliens des implantations se sont régulièrement heurtés aux Palestiniens au cours des derniers mois.

À peu près au même moment que la cérémonie de transfert de commandement de mercredi, un groupe de quatre résidents de l’avant-poste Givat Ronen est descendu sur le village voisin de Burin et a commencé à harceler et à lancer des pierres contre un agriculteur palestinien, selon le mouvement de défense des droits de Yesh Din.

Le fermier s’est enfui, mais un groupe de résidents arabes du village est revenu sur place et a commencé à jeter des pierres sur les Israéliens qui ont par la suite été rejoints par des soldats de Tsahal.

« Les soldats, qui n’ont rien fait pour protéger les Palestiniens, ont commencé à tirer des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et apparemment des tirs à balles réelles sur les Palestiniens », a déclaré Yesh Din.

Un Palestinien de 17 ans a été évacué vers un hôpital voisin après avoir reçu une balle dans la jambe. L’origine du tir n’a pas été immédiatement identifiée par le groupe de défense des droits, car les images de la scène montraient à la fois des soldats et au moins un civil israélien tirant en direction des Palestiniens.

Une porte-parole de l’armée israélienne a déclaré que si les Israéliens et les Palestiniens se sont lancés des pierres l’un contre l’autre, le conflit avait été provoqué par des Palestiniens qui étaient venus à Havat Ronen pour lancer des pierres contre les Israéliens.

La porte-parole a indiqué que des mesures de dispersion des émeutes avaient été prises par Tsahal pour mettre fin aux affrontements qui avaient blessé un Palestinien de 17 ans. Elle a également affirmé qu’aucun tir à balles réelles n’avait été fait par les soldats.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...