Israël en guerre - Jour 290

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ONG : « Seul un cessez-le-feu à Gaza pourra atténuer la catastrophe humanitaire »

L'UNRWA estime que 100 membres de son personnel ont été tués à Gaza depuis le début de la guerre, dont des médecins, des infirmières et des enseignants

Le président français Emmanuel Macron, au centre, s'entretenant avec le conseiller diplomatique du président français, Emmanuel Bonne, au centre gauche, à côté de la ministre française des Affaires étrangères et européennes Catherine Colonna, deuxième à gauche, et du commissaire général de l'UNRWA Philippe Lazzarini, deuxième à droite, lors d'une conférence humanitaire internationale pour les civils de Gaza, au palais présidentiel de l'Élysée, à Paris, le 9 novembre 2023. (Crédit : Ludovic Marin/POOL/AFP)
Le président français Emmanuel Macron, au centre, s'entretenant avec le conseiller diplomatique du président français, Emmanuel Bonne, au centre gauche, à côté de la ministre française des Affaires étrangères et européennes Catherine Colonna, deuxième à gauche, et du commissaire général de l'UNRWA Philippe Lazzarini, deuxième à droite, lors d'une conférence humanitaire internationale pour les civils de Gaza, au palais présidentiel de l'Élysée, à Paris, le 9 novembre 2023. (Crédit : Ludovic Marin/POOL/AFP)

Des organisations humanitaires ont déclaré jeudi qu’un cessez-le-feu total était nécessaire entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas pour aider de manière significative les civils à Gaza, l’une d’entre elles annonçant la mort d’un médecin dans les combats.

Maysara Rayyes, 28 ans, était médecin urgentiste et superviseur médical depuis deux ans chez Médecins du Monde (MDM), a précisé dans un communiqué l’association, qui emploie encore 18 collaborateurs dans la bande de Gaza.

Des dizaines de travailleurs humanitaires figureraient parmi les personnes tuées depuis le début de la guerre, le 7 octobre, lorsque quelque 3 000 terroristes du Hamas ont pris d’assaut la frontière avec Israël, tuant plus de 1 400 personnes et prenant au moins 240 otages.

En réponse à cet assaut meurtrier, Israël a promis d’éradiquer le Hamas de la bande de Gaza, où le groupe terroriste règne depuis 2007. L’armée israélienne a pilonné les bastions du terrorisme par des frappes aériennes pendant trois semaines avant de lancer une incursion terrestre dans le nord de la bande de Gaza.

Les autorités sanitaires de Gaza, contrôlées par le Hamas, affirment que les représailles israéliennes auraient fait plus de 10 800 morts. Les chiffres publiés par le groupe terroriste ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Lors d’une conférence de presse en marge du sommet pour la paix organisé par la France, une dizaine d’ONG ont exhorté la communauté internationale a obtenir un cessez-le-feu complet, seul à même de pouvoir répondre à une situation humanitaire qu’ils décrivent comme « catastrophique ».

Des employés de l’agence de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) discutant dans la cour de récréation d’une école gérée par l’UNRWA et convertie en abri pour les Palestiniens déplacés à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 25 octobre 2023. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Washington a annoncé jeudi soir qu’Israël acceptait de faire des « pauses » quotidiennes de trois ou quatre heures dans le nord de la bande de Gaza, mais le président américain Joe Biden a clairement énoncé qu’il n’y avait « aucune possibilité » de cessez-le-feu.

Pour sa part, Israël a maintenu la position selon laquelle aucune pause humanitaire ni aucun cessez-le-feu ne peut être validé sans la libération des otages détenus par le Hamas.

« Une pause humanitaire, on ne sait pas ce que ça veut dire concrètement », estimait ainsi Isabelle Dufourny, la présidente de Médecins sans Frontières (MSF) avant même l’annonce de la Maison Blanche.

En l’absence de toute zone sûre sur le champ de bataille, « c’est impossible de travailler. Les personnels dans des hôpitaux font face à des afflux massifs de blessés, travaillent dans des conditions d’hygiène horribles, ne peuvent pas se reposer, sont soumis à un stress permanent. Impossible de faire une médecine un petit peu correcte dans ces conditions », a-t-elle insisté lors du point de presse.

« On ne peut plus attendre une minute de plus pour un cessez-le-feu humanitaire à Gaza et la levée d’un siège qui est une punition collective pour un million d’enfants », a tonné Jan Egeland, secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

« Nous sommes présents dans la zone depuis 1949 et nos collègues nous disent que c’est la situation la plus grave, la plus tragique qu’ils aient jamais eue à connaître », estimait jeudi Cécile Duflot, la directrice d’Oxfam France, au cours d’un point de presse commun d’une dizaine d’ONG à Paris après la conférence humanitaire sur Gaza organisée par le président Emmanuel Macron.

« Nos soignants sont exténués, sont eux-mêmes en situation de survie », décrit pour sa part Jean-François Corty, vice-président de MDM.

Les humanitaires racontent aussi la frustration de ne pas pouvoir acheminer et distribuer l’aide dans ce territoire de 2,4 millions d’habitants, l’un des territoires les plus densément peuplés du monde.

Des camions transportant de l’aide humanitaire entrant dans le sud de la bande de Gaza depuis l’Égypte via le poste frontière de Rafah, le 2 novembre 2023. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Les humanitaires égrènent des chiffres : un litre d’eau par jour et par personne aujourd’hui à Gaza quand il en faut 10 par jour et par personne, 500 camions d’aide entrés par l’Égypte depuis un mois, quand il s’agit du volume d’aide quotidien en temps normal pour Gaza …

Les livraisons d’aide qui parviennent à Gaza comprennent de la nourriture, de l’eau, des fournitures de secours, des médicaments et du matériel médical, mais pas de carburant, car on craint que le Hamas n’utilise le carburant pour se protéger davantage et attaquer Israël.

Israël affirme qu’il inspecte minutieusement les cargaisons avant qu’elles ne soient autorisées à entrer dans la bande de Gaza via l’Égypte, à la recherche d’armes ou d’autres produits de contrebande que le Hamas ou d’autres groupes terroristes pourraient tenter d’introduire clandestinement.

« Il y a quelque chose d’obscène à savoir que l’aide est si proche, et pourtant si difficilement accessible », note Corty.

Les organisations internationales ont déclaré avoir subi de lourdes pertes au cours de la guerre, et l’UNRWA, l’organisme d’aide des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, a déclaré que 100 membres de son personnel, dont des enseignants, des médecins et des infirmières, avaient trouvé la mort.

L’unité du ministère de la Défense chargée de faciliter le passage de l’aide dans la bande de Gaza a déclaré mardi qu’il n’y avait pas de pénurie de nourriture, d’eau ou d’autres fournitures humanitaires dans le territoire et que les stocks de fournitures essentielles faisaient l’objet d’un suivi quotidien.

Lors d’un point de presse, le colonel Elad Goren, du COGAT, l’organe du ministère israélien de la Défense supervisant les activités civiles dans les Territoires palestiniens, a insisté sur le fait qu’en dépit de la guerre entre Israël et le Hamas, les niveaux d’aide humanitaire fournis à Gaza étaient bien supérieurs aux niveaux minimums requis par le droit international et que la situation humanitaire faisait l’objet d’un examen constant.

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