ONU : L’Iran enfreint l’accord et installe de nouvelles centrifugeuses à Natanz
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ONU : L’Iran enfreint l’accord et installe de nouvelles centrifugeuses à Natanz

L'Agenge internationale de l'Energie atomique a déclaré que la République islamique enrichit de l'uranium et continuera de s'agrandir, ce que Téhéran a confirmé

Le président Hassan Rouhani visite la centrale nucléaire de Bushehr juste à l'extérieur de Bushehr, Iran, le 13 janvier 2015. (AP Photo / Bureau de la présidence iranienne, Mohammad Berno)
Le président Hassan Rouhani visite la centrale nucléaire de Bushehr juste à l'extérieur de Bushehr, Iran, le 13 janvier 2015. (AP Photo / Bureau de la présidence iranienne, Mohammad Berno)

L’agence onusienne dédiée au nucléaire a annoncé mardi que l’Iran avait repris de façon continue ses activités d’enrichissement de l’uranium et avait installé de nouvelles centrifuges, ce qui constitue une violation de l’accord signé en 2015 avec les puissances mondiales.

Ce spectaculaire désengagement en matière nucléaire survient dans un climat de regain des tensions dans le Golfe et de mises en garde par des responsables américains et israéliens.

L’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA) a déclaré – dans un rapport confidentiel consulté et publié mardi par l’agence de presse Reuters – que l’Iran a commencé à enrichir de l’uranium dans une partie souterraine de l’usine de Natanz, grâce à une seconde cascade de centrifugeuses.

L’Iran a récemment installé à Natanz une deuxième cascade de centrifugeuses IR-2m perfectionnées pour enrichir l’uranium et en ajoutera bientôt une troisième. L’accord nucléaire ne permettait à l’Iran d’utiliser qu’un type de centrifugeuse moins avancé.

La première cascade récemment installée était composée de 174 centrifugeuses IR-2m, selon Reuters.

L’envoyé de l’Iran auprès de l’instance de surveillance onusienne a confirmé mardi l’installation de la deuxième cascade de centrifugeuses avancées à Natanz.

« Grâce à nos scientifiques nucléaires diligents, deux cascades de 348 centrifugeuses IR2m avec presque 4 fois la capacité de l’IR1 fonctionnent maintenant… avec succès à Natanz », a déclaré Kazem Gharibabadi sur Twitter. « L’installation de 2 cascades de centrifugeuses IR6 a également commencé à Fordo. Il y en aura d’autres bientôt ».

Natanz est la principale usine d’enrichissement nucléaire d’Iran. Une explosion sur le site l’année dernière, que les médias étrangers ont attribuée à Israël ou aux États-Unis, a endommagé une usine de développement et d’assemblage de centrifugeuses avancées.

La République islamique a déclaré jeudi qu’elle prévoyait d’installer 1 000 nouvelles centrifugeuses dans l’installation nucléaire de Natanz et que ses scientifiques avaient dépassé les objectifs précédents en matière d’enrichissement de l’uranium.

Téhéran avait annoncé début janvier qu’il commençait à enrichir l’uranium jusqu’à 20 % – bien au-delà des 3,5 % autorisés par l’accord nucléaire et à un petit pas technique des 90 % nécessaires pour une arme nucléaire. L’Iran a également déclaré qu’il commençait des recherches sur l’uranium métal, un matériau qui a techniquement des utilisations civiles mais qui est massivement considéré comme un pas vers la bombe nucléaire.

L’Iran a déclaré mardi dernier qu’il prendrait également des mesures pour limiter les inspections inopinées des installations nucléaires suspectes à partir de la fin février.

L’Iran affirme qu’il ne cherche pas à développer des armes nucléaires, une position répétée la semaine dernière par son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Le rapport de mardi a été publié dans un contexte d’activité intense autour du programme nucléaire iranien et alors que l’Iran et les États-Unis ont manœuvré en prévision des négociations prévues.

Le président américain Joe Biden a déclaré qu’il avait l’intention de revenir à l’accord nucléaire si l’Iran commençait par s’y conformer.

L’Iran a averti lundi que les États-Unis ne pouvaient pas revenir à l’accord nucléaire de 2015 simplement en le signant à nouveau, mais qu’ils devaient d’abord lever toutes les sanctions imposées au pays après son retrait du traité.

Installation d’enrichissement nucléaire de l’Iran à Natanz, à 300 kilomètres au sud de la capitale Téhéran, Iran, le 9 avril 2007. (Hasan Sarbakhshian/ AP/File)

Le ministre iranien des Affaires étrangères a demandé lundi à l’Union européenne de jouer les médiateurs entre l’Iran et les Etats-Unis pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien.

« Il peut clairement y avoir un mécanisme pour soit synchroniser » le retour des deux pays dans les clous de l’accord, « soit coordonner ce qui peut être fait », a dit Mohammad Javad Zarif sur la chaîne CNN International.

Les États-Unis et l’Iran ont mené une guerre des mots, tant avant qu’après la prise de contrôle de la Maison-Blanche par Biden, notamment en proférant des menaces et en effectuant des manœuvres militaires.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré dimanche que l’Iran était actuellement à des mois de pouvoir produire suffisamment de matériel pour construire une arme nucléaire. Et, a-t-il dit, ce délai pourrait être réduit à « une question de semaines » si Téhéran continue d’enfreindre les restrictions qu’il a acceptées dans le cadre de l’accord nucléaire de 2015 avec les puissances mondiales.

L’Iran et l’administration Trump ont échangé un flux constant de menaces avant la fin du mandat de Trump le 20 janvier, et l’Iran a commis de nouvelles violations de l’accord nucléaire. On pense que les mesures agressives de l’Iran visaient en partie à accroître son influence avant les négociations avec Biden.

La politique de l’administration Biden à l’égard de l’Iran devrait être un point de discorde entre la nouvelle administration américaine et Israël. Les responsables israéliens ont exprimé de fortes objections à ce que les États-Unis se joignent à nouveau à l’accord nucléaire, et ont également émis des menaces contre l’Iran ces dernières semaines.

L’AFP a contribué à cet article.

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