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Optimisme dans les pourparlers : Le chef du Mossad va et vient à Doha, le Hamas informe le Hezbollah

Gantz informe Netanyahu que son parti d'opposition soutiendra tout accord raisonnable, tandis que Ben Gvir menace de quitter le gouvernement si un accord est conclu

Le chef du Mossad, David Barnea, assistant à une cérémonie au mémorial de la Shoah de Yad Vashem ,à Jérusalem, le jour de la commémoration de la Shoah, le 5 mai 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)
Le chef du Mossad, David Barnea, assistant à une cérémonie au mémorial de la Shoah de Yad Vashem ,à Jérusalem, le jour de la commémoration de la Shoah, le 5 mai 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Les efforts pour obtenir un cessez-le-feu et la libération des otages retenus à Gaza se sont accélérés vendredi, alors que le chef de l’agence de renseignement du Mossad, David Barnea, a fait l’aller-retour au Qatar pour des négociations et que le Hamas a informé le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah de sa dernière proposition.

Barnea est arrivé à Doha vendredi à la tête d’une délégation restreinte pour discuter de la poursuite des pourparlers et il est revenu en Israël plus tard dans la journée. À la suite des discussions de vendredi à Doha, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accepté d’envoyer une équipe de négociateurs israéliens pour des discussions de suivi la semaine prochaine au Qatar, a déclaré le bureau du Premier ministre. Le communiqué souligne qu’il subsiste des « fossés entre les parties ».

Dans le même temps, le groupe terroriste palestinien du Hamas a informé son allié le Hezbollah qu’il avait accepté une proposition de cessez-le-feu à Gaza et le chef du groupe terroriste chiite libanais s’est félicité de cette mesure, ont déclaré à Reuters deux sources au fait de la question.

Le voyage de Barnea a eu lieu un jour après que Netanyahu a déclaré au président américain Joe Biden qu’Israël enverrait une équipe pour reprendre les pourparlers.

Le Wall Street Journal a cité un fonctionnaire au fait des négociations sur les otages qui a déclaré que les responsables du Mossad avaient dit aux médiateurs qu’ils étaient optimistes quant à l’acceptation par le cabinet israélien de la proposition en cours de discussion.

La décision de Netanyahu de reprendre les négociations aurait indigné l’aile d’extrême droite de sa coalition, qui a menacé de renverser le gouvernement si la guerre prenait fin. Vendredi, Benny Gantz, figure de l’opposition, aurait offert à Netanyahu un filet de sécurité pour toute « proposition responsable ».

Le Hamas a annoncé vendredi qu’il rejetait la présence de forces étrangères à Gaza, ce qui pourrait faire dérailler les plans de Netanyahu pour la gouvernance de la bande après la guerre. Selon Walla, Barnea a informé les médiateurs qataris qu’Israël rejetait la demande du groupe terroriste palestinien d’un engagement écrit de la part des médiateurs selon lequel les négociations concernant la deuxième phase du cessez-le-feu pourraient se prolonger indéfiniment si nécessaire. Les responsables affirment qu’il s’agit là d’une différence essentielle entre les deux parties, qui n’a pas été comblée.

Les pourparlers menés sous la médiation du Qatar, de l’Égypte et des États-Unis n’ont jusqu’à présent pas permis d’obtenir une trêve à Gaza et la libération des otages, depuis qu’un cessez-le-feu d’une semaine en novembre avait permis la libération de 105 otages des geôles du Hamas en échange de 240 prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël. Israël estime que 116 personnes sont toujours aux mains du groupe terroriste palestinien, bien que des dizaines d’entre elles ne soient plus en vie.

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, (2e à droite), rencontrant une délégation du Hamas présidée par Khalil al-Haya, (2e à gauche), dans un endroit non-dévoilé, au Liban, le 5 juillet 2024. (Crédit : Hezbollah’s Media Office/AFP)

Le chef de l’agence de renseignement est arrivé au Qatar vendredi dans le cadre de la dernière tentative de libération des otages détenus par le Hamas à Gaza, près de neuf mois après le déclenchement de la guerre de Gaza, lorsque le groupe terroriste a mené des milliers de personnes dans un assaut contre le sud d’Israël qui a fait près de 1 200 morts et a entraîné l’enlèvement de 251 personnes.

Barnea a rencontré le Premier ministre du Qatar, Mohammed ben Abdulrahman al-Thani.

Ses collègues négociateurs, le chef de l’agence de sécurité du Shin Bet, Ronen Bar, et le général de division (Rés.) Nitzan Alon, responsable de l’armée israélienne dans les négociations, qui font tous deux partie de l’équipe de négociation de haut niveau d’Israël, n’ont pas accompagné Barnea, d’après Walla. Les médias israéliens ont précisé qu’aucun responsable du Shin Bet et de Tsahal de rang inférieur n’ont rejoint Barnea à Doha.

Toutefois, Barnea a été rejoint par l’homme de confiance de Netanyahu, Ophir Falk, a rapporté le site d’information Walla.

Citant un responsable israélien, Walla a précisé que Falk ne joue aucun rôle dans les pourparlers et qu’il est considéré par les négociateurs comme « l’inspecteur de la casheroute » de Netanyahu, chargé de surveiller la délégation israélienne. Selon Walla, des membres de la délégation ont même empêché Falk de participer à un cycle de négociations au Caire. Netanyahu se serait méfié de la délégation israélienne après que des négociateurs ont informé la presse, sous le couvert de l’anonymat, que le Premier ministre bloquait un accord éventuel.

Le bureau du Premier ministre a réagi à l’article de Walla en déclarant que Falk était membre de l’équipe de négociation israélienne et qu’il avait participé à tous les cycles de pourparlers précédents.

La Maison Blanche a déclaré qu’elle se félicitait de la décision de Netanyahu d’envoyer une délégation vendredi.

Cette décision a été prise après un appel téléphonique jeudi au cours duquel Biden a exhorté Netanyahu à relancer les pourparlers. Selon Walla, le président américain aurait déclaré à Netanyahu : « Nous pensons qu’il y a désormais une chance » de ramener les otages à la maison.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontrant les hauts responsables de l’armée de l’air, aux quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 4 juillet 2024. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Les médias israéliens ont rapporté que Netanyahu avait décidé d’envoyer la délégation lors d’une séance à huis clos avec le ministre de la Défense Yoav Gallant avant la réunion du cabinet de jeudi soir.

Lors de cette réunion, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, aurait exprimé sa colère face à cette décision, estimant qu’elle reléguait le cabinet au rang de simple « décoration ».

« Je vous le dis, Monsieur le Premier ministre, si vous prenez une décision seul, c’est votre responsabilité et vous resterez seul. Je n’ai pas été élu par un demi-million de personnes pour siéger au gouvernement pendant que les chefs des agences de sécurité prennent les décisions », aurait déclaré Ben Gvir, selon les médias.

Interrogé par la ministre des Renseignements, Gila Gamliel, qui lui demandait s’il proférait une menace, Ben Gvir aurait répondu : « Ce ne sont pas des menaces. C’est la réalité. Si vous prenez vos propres décisions, ne vous attendez pas à ce que je soutienne le gouvernement par la suite. »

Le ministre de la sécurité nationale Itamar Ben Gvir assistant à une cérémonie pour le nouveau chef de l’Administration pénitentiaire israélienne, au ministère de la Sécurité nationale, à Jérusalem, le 27 mai 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Vendredi soir, la Douzième chaîne a rapporté que Ben Gvir exigeait de voir l’accord proposé tel qu’il est actuellement.

Gantz a déclaré lors d’un appel téléphonique avec Netanyahu vendredi que son parti HaMahane HaMamlahti soutiendrait le gouvernement dans l’adoption d’un accord de trêve contre otages « responsable », a déclaré son bureau.

Gantz, qui a rejoint le gouvernement peu après le pogrom du 7 octobre, a quitté le cabinet de guerre, aujourd’hui dissous, en juin, accusant Netanyahu de faire de la politique au milieu des combats. L’ancien chef de Tsahal est considéré comme le principal candidat à la succession de Netanyahu au poste de Premier ministre.

Dans un sondage réalisé vendredi par la Douzième chaîne, 54 % des personnes interrogées ont déclaré que la guerre n’avait pas encore pris fin en raison des considérations politiques de Netanyahu, 34 % ont déclaré que cela était dû à des considérations de fond et opérationnelles et 12 % n’étaient pas sûrs.

Le Hamas rencontre le chef du Hezbollah

Dans le même temps, le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah a déclaré dans un communiqué vendredi que son chef avait rencontré à Beyrouth le chef adjoint du Hamas à Gaza, Khalil al-Haya, pour discuter « des derniers développements sécuritaires et politiques » à Gaza et des derniers pourparlers sur un cessez-le-feu.

Reuters a ensuite cité deux sources affirmant qu’al-Haya avait informé Hassan Nasrallah de la dernière proposition de cessez-le-feu du Hamas et que ce dernier avait approuvé le projet.

Depuis le 8 octobre, le Hezbollah attaque quotidiennement les communautés israéliennes et les postes militaires le long de la frontière avec des roquettes, des drones, des missiles antichars et d’autres moyens, affirmant qu’il le fait pour soutenir Gaza dans le cadre de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas qui s’y déroule.

Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, annonçant qu’il quitte le gouvernement lors d’une conférence de presse, à Ramat Gan, le 9 juin 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les tensions avec le Hezbollah sont montées en flèche ces derniers jours, après une série de frappes très médiatisées menées par Israël contre le groupe terroriste soutenu par l’Iran. Le Hezbollah a répondu par de nombreuses frappes de missiles et de drones, qui ont provoqué des incendies dans le nord d’Israël.

Un responsable du Hezbollah a déclaré à Reuters que le groupe terroriste chiite libanais cesserait de se battre dès qu’un accord de cessez-le-feu à Gaza entrerait en vigueur, répétant ses précédentes positions.
« S’il y a un accord sur Gaza, il y aura un cessez-le-feu au Liban à partir de zéro heure », a déclaré ce responsable.

L’optimisme à l’égard de l’accord semblait s’accroître vendredi.

Une source de l’équipe de négociation israélienne, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a déclaré qu’il y avait désormais de réelles chances de parvenir à un accord.

Toutefois, des responsables ont également déclaré vendredi à la chaîne publique Kann que les gens devraient modérer leurs attentes quant à la réussite des pourparlers.

Un responsable palestinien proche des efforts de paix sous médiation internationale a déclaré que la dernière proposition du Hamas pourrait conduire à un accord-cadre si elle était acceptée par Israël.

Il a précisé que le groupe terroriste palestinien n’exigeait plus comme condition préalable un engagement israélien à un cessez-le-feu permanent avant la signature d’un accord, et qu’il autoriserait les négociations à atteindre cet objectif au cours d’une première phase de six semaines.

« Si les parties ont besoin de plus de temps pour sceller un accord sur un cessez-le-feu permanent, elles doivent convenir qu’il n’y aura pas de reprise des combats tant qu’elles n’y seront pas parvenues », a déclaré le responsable à Reuters.

Des Palestiniens inspectznt les dégâts et les débris au lendemain d’une opération des forces spéciales israéliennes dans le camp de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 9 juin 2024. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

Par ailleurs, le Hamas a déclaré vendredi que l’administration de la bande de Gaza était une question purement palestinienne. « Le peuple palestinien ne permettra aucune tutelle ni l’imposition de solutions ou d’équations extérieures », a-t-il souligné.

Par ailleurs, les Comités de résistance populaire (CRP), un groupe terroriste allié au Hamas, ont déclaré qu’ils considéraient toute tentative de déploiement de forces internationales ou autres à Gaza comme une « agression » et qu’ils considéreraient ces forces comme des occupants.

Ces déclarations semblent viser certains des plans qui ont été proposés pour la gestion de la bande de Gaza après la guerre. Il s’agit notamment de la gestion de la bande de Gaza par des alliés arabes des États-Unis, tels que l’Égypte et les Émirats arabes unis.

Netanyahu a également préconisé le maintien du contrôle sécuritaire israélien sur la bande de Gaza, tout en permettant aux clans locaux de s’occuper des affaires civiles de la bande. Trois responsables ont déclaré au Times of Israel que le « pouvoir local » de Netanyahu faisait référence aux personnes affiliées à l’Autorité palestinienne (AP), que le groupe terroriste palestinien du Hamas a évincée de Gaza en 2007.

Les soldats de Tsahal mènent des opérations dans la bande de Gaza, une photo diffusée par l’armée le 30 juin 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, fervent critique de la conduite d’Israël à Gaza, a été cité par les médias turcs vendredi, déclarant qu’il espérait qu’un « cessez-le-feu final » pourrait être obtenu « dans quelques jours », et il a exhorté les pays occidentaux à faire pression sur Israël pour qu’il accepte les conditions proposées.

La proposition israélienne de mai

Le dernier cycle de négociations est basé sur une proposition israélienne présentée par Biden dans un discours prononcé le 31 mai.

Les pourparlers se sont ensuite enlisés, mais un haut fonctionnaire américain a déclaré jeudi que la dernière réponse du Hamas « fait avancer le processus et peut servir de base à la conclusion de l’accord », même s’il reste encore « un important travail ».

Les États-Unis estiment qu’Israël et le Hamas disposent d’une « ouverture assez importante » pour parvenir à un accord, a déclaré le haut fonctionnaire.

Selon un responsable israélien, l’offre actualisée du Hamas a rapproché les parties d’une résolution concernant les clauses 8 et 14 de la proposition israélienne. La clause 8 de l’accord pour la libération des otages concerne les négociations entre Israël et le Hamas qui se tiendraient pendant les six semaines de la première phase de l’accord. La clause 14 traite de la transition entre la première et la deuxième phase de l’accord.

Israël s’est efforcé de maintenir le libellé de ces deux clauses suffisamment vague pour lui permettre de reprendre les combats contre le Hamas à Gaza s’il le souhaite, tandis que le groupe terroriste palestinien a cherché à s’assurer qu’Israël ne serait pas en mesure de reprendre les combats une fois que les parties se seraient mises d’accord sur la phase initiale de l’accord, d’une durée de six semaines.

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