Paris met en garde Ankara contre la mort de civils en Syrie
Rechercher

Paris met en garde Ankara contre la mort de civils en Syrie

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, au moins 68 civils, dont 21 enfants, ont été tués dans les bombardements turcs menés dans le cadre de cette offensive

Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, le 30 janvier 2018. (Crédit : AFP / Ludovic MARIN)
Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, le 30 janvier 2018. (Crédit : AFP / Ludovic MARIN)

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a mis en garde mercredi la Turquie contre toute mort de civils dans son offensive en cours contre une milice kurde en Syrie.

« Ce qu’on peut comprendre, c’est que la Turquie veuille assurer la sécurité de ses frontières. C’est un droit légitime mais assurer la sécurité de ses frontières, ce n’est pas aller tuer des civils ; cela, c’est condamnable », a déclaré le chef de la diplomatie française sur la chaîne française BFMTV et la radio RMC.

D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), au moins 68 civils, dont 21 enfants, ont été tués dans les bombardements turcs menés dans le cadre de cette offensive.

« Il ne faut pas dans une situation très dangereuse aujourd’hui en Syrie, dramatique à tous égards, rajouter de la guerre à la guerre », a poursuivi M. Le Drian en appelant tous les acteurs impliqués dans des combats à revenir à la table des négociations politiques sous l’égide des Nations Unies.

« C’est ce que nous disons aux Russes, aux Iraniens, aux Turcs : il faut que cela se passe dans l’enceinte des Nations Unies, sinon on va avoir une ‘cumulation’ de la guerre dans la guerre qui va être dramatique. Il y aura une nouvelle crise syrienne sans sortie sérieuse », a-t-il martelé.

Aujourd’hui, le droit international est « violé par la Turquie, il est violé par le régime de Damas, il est violé aussi par l’Iran », a-t-il ajouté.

Le président français Emmanuel Macron avait déjà mis en garde la Turquie, fin janvier, contre toute velléité d' »invasion » de la Syrie.

« S’il s’avérait que cette opération devait prendre un autre tour qu’une action pour lutter contre un potentiel terroriste menaçant la frontière turque et que c’était une opération d’invasion, à ce moment, cette opération nous pose un problème réel », avait-il prévenu.

A l’issue d’une conversation téléphonique samedi avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, le président français a annoncé que les deux pays allaient « travailler à une feuille de route diplomatique en Syrie », sans plus de précisions sur son calendrier et ses objectifs.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...