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Paris va aider les Emirats à sécuriser leur espace aérien contre les Houthis

Les rebelles yéménites, proches de l'Iran, avaient revendiqué trois attaques visant les EAU en janvier, dont une, aux missiles et aux drones, qui a fait trois morts à Abou Dhabi

Florence Parly, ministre française des Armées, en conférence de presse à Bamako, au Mali, le 1er août 2017. (Crédit : Souleymane Ag Anara/AFP)
Florence Parly, ministre française des Armées, en conférence de presse à Bamako, au Mali, le 1er août 2017. (Crédit : Souleymane Ag Anara/AFP)

La France va aider les Emirats arabes unis, son allié majeur dans le Golfe, à sécuriser leur espace aérien face aux attaques des rebelles yéménites houthis, ont annoncé vendredi les deux pays liés par un accord de défense.

Les Emirats « ont été victimes de graves attaques sur leur territoire au mois de janvier. Afin de marquer notre solidarité à l’égard de ce pays ami, la France a décidé d’apporter un soutien militaire, notamment pour protéger leur espace aérien contre toute intrusion », a écrit la ministre française des Armées, Florence Parly, sur son compte Twitter.

« France et Emirats arabes unis sont liés par un partenariat stratégique, notre contribution s’inscrit dans le cadre de l’application de notre accord de coopération de défense », a-t-elle précisé.

Le ministère émirati de la Défense a confirmé dans un communiqué l' »activation » de cet accord pour « s’opposer aux attaques terroristes ratées ayant visé les Emirats ».

Selon la même source, cette décision a été prise « lors d’une visite à Paris du général Saleh Al Ameri, à la tête du Commandement pour les opérations interarmées, où il s’est entretenu avec des chefs militaires français ».

Les rebelles yéménites, proches de l’Iran, avaient revendiqué trois attaques visant les Emirats en janvier, dont une menée à l’aide de drones et de missiles qui a fait trois morts à Abou Dhabi le 17 janvier. Ils avaient également revendiqué des tirs de missiles qui ont été interceptés au-dessus des Emirats les 24 et 31 janvier.

Le destroyer à missiles guidés USS Cole (DDG 67) transfère le contrôle d’un navire de pêche apatride aux garde-côtes du Yémen, dans le golfe d’Oman, le 21 janvier 2022. (Crédit : US Navy via AP)

Face à cette montée des tensions dans la région, les Etats-Unis ont annoncé mercredi l’envoi d’un navire de guerre, le destroyer lance-missiles USS Cole, et d’avions de combat de cinquième génération à Abou Dhabi pour aider leur allié émirati.

La France intervient donc à son tour, grâce à sa base aérienne installée aux Emirats, forte de 650 hommes, depuis laquelle elle organise régulièrement ses frappes contre les groupes jihadistes au Levant.

« Des opérations aériennes sont planifiées et conduites à partir de la base aérienne d’Al Dafra (proche d’Abou Dhabi), en étroite coordination avec les forces émiraties », a indiqué le ministère des Armées dans un communiqué.

L’objectif est de « détecter et intercepter des attaques de drones ou de missiles de croisière visant les Emirats », notamment grâce aux avions de combat Rafale, a-t-il précisé.

Jeudi, un groupe peu connu a revendiqué l’attaque de drones ayant visé les Emirats la veille, suscitant de nouvelles inquiétudes sur une escalade des tensions.

Le groupe Alwiyat al-Waad al-Haq (ou « Brigades de la juste promesse » en arabe), qui aurait des liens avec des factions armées pro-iraniennes en Irak, a affirmé avoir lancé quatre drones mercredi à l’aube contre les Emirats.

Les Emirats font partie d’une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, qui vient en aide depuis 2015 au gouvernement du Yémen, en guerre contre les Houthis.

En 2019, les Emirats avaient « redéployé » leurs troupes alors présentes au Yémen, tout en restant un acteur influent dans le conflit. Les forces émiraties ont entraîné et armé des forces pro-gouvernementales yéménites qui ont infligé des revers ces dernières semaines aux Houthis.

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