« Pas d’Ethiopiens » dans une offre d’emploi suscite l’indignation
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« Pas d’Ethiopiens » dans une offre d’emploi suscite l’indignation

Le ministre affirme que ce racisme « déplorable » doit prendre fin ; l'agence de recrutement précise que « cela aurait dû rester secret »

Des Israéliens éthiopiens manifestent contre la violence et le racisme dirigés contre les Israéliens d'origine éthiopienne, à Tel Aviv, le 18 mai 2015. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Des Israéliens éthiopiens manifestent contre la violence et le racisme dirigés contre les Israéliens d'origine éthiopienne, à Tel Aviv, le 18 mai 2015. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les responsables du ministère de la Justice ont exprimé leur indignation mercredi suite à la publication d’une offre d’emploi qui stipule que les Israéliens d’origine éthiopienne ne sont pas les bienvenus pour postuler.

L’annonce, publiée par la société de recrutement LM, cherchait des employés d’entrepôt pour plier des vêtements dans une entreprise de mode basée à Césarée, a signalé Walla. L’annonce précisait que les horaires étaient de 7 heures à 17 heures et que l’employé serait rémunéré au salaire minimum (c’est à dire 25 shekels de l’heure).

L’annonce a également précisé que l’employeur « ne veut pas d’Ethiopiens ».

Le directeur du ministère de la Justice, Emi Palmor, a déclaré que, si cette annonce est une vraie annonce, elle est « un cas flagrant de discrimination et de racisme ». Palmor, qui dirige également la commission ministérielle qui cherche à déraciner le racisme contre les Israéliens éthiopiens, a noté que les témoignages présentés à la commission indiquaient que « ce n’est pas le premier cas et certainement pas le seul cas ».

Palmor a ajouté que l’affaire sera examinée par le commissaire de l’égalité pour l’accès à l’emploi du ministère de l’Economie.

La société de mode, Expose, a déclaré en réponse qu’elle n’a rien à voir avec cette précision raciste et que l’annonce a été publiée à son insu. « Cela n’a pas été publié par nous et ce n’est certainement pas acceptable selon nos valeurs », a déclaré un porte-parole. « Cela ne reflète pas du tout nos opinions ».

La société de recrutement a expliqué que la publication de l’annonce est le résultat d’une « erreur humaine » et qu’elle a été retirée « dès que l’avons découverte ». De plus, la société n’a pas refusé la demande du client.

« Cela ne devait pas être publié. Ça a filtré en quelque sorte. C’était censé rester à l’intérieur de l’entreprise et être traité au sein de la société », a expliqué LM dans une déclaration. « Ce n’est pas quelque chose que nous encourageons. Apparemment, il y a une erreur humaine. Nous ne soutenons pas les déclarations racistes. Nous croyons au recrutement pour tous les groupes ethniques et les communautés ».

L’annonce a été critiquée par des responsables israéliens.

La ministre de l’Egalité sociale, Gila Gamliel, l’a qualifiée d’ « épouvantable » et a dit qu’elle allait porter l’affaire devant le cabinet jeudi.

« Le racisme et la discrimination se retrouvent à travers les secteurs et les groupes de la société israélienne. Nous devons y mettre un terme une bonne fois pour toutes », a-t-elle affirmé.

Le député, Omer Barlev, de l’Union sioniste a déclaré qu’il était « inacceptable que les gens de la communauté éthiopienne soient un punching-ball pour les racistes. Pas dans l’Etat d’Israël et pas non plus sous notre garde ». Il a promis de promouvoir une législation pour empêcher que de tels incidents ne se reproduisent.

Le député Karin Elharar (Yesh Atid) a déclaré que cela était « honteux… nous ne devons pas permettre que cela fasse partie de la société », tandis que Michal Biran (Union sioniste) a déclaré qu’il était choquant de trouver de telles manifestations de racisme actuellement en Israël.

En juillet, Palmor a présenté un important rapport au Premier ministre Benjamin Netanyahu sur les moyens de lutter contre le racisme contre les Israéliens éthiopiens.

Le rapport a été rédigé par la commission présidée par Palmor, qui a été créée en réponse aux récentes manifestations des activistes israéliens éthiopiens contre ce qu’ils qualifient de préjugés endémiques auxquels ils font face au sein de la société israélienne.

La question est passée au premier plan l’an dernier suite à des accusations de brutalité policière et d’abus contre les membres de la communauté. La communauté a organisé des manifestations à travers le pays, déclenchées par une vidéo montrant une agression de la police sur un soldat israélien éthiopien, qui n’aurait apparemment pas provoqué la police, en avril 2015.

Des milliers de personnes sont descendues dans les rues, exigeant que le gouvernement trouve une solution au racisme systématique et institutionnalisé présumé que rencontre la communauté israélienne éthiopienne. Les activistes ont également exprimé leur frustration face à ce qu’ils considèrent être des lacunes de l’État dans sa réponse aux besoins sociaux et économiques de leur communauté.

Le dernier rapport marque la fin de plusieurs mois de délibérations qui ont été organisées suite aux tensions de l’an dernier. Il propose 53 recommandations détaillées pour lutter contre le racisme dans la société israélienne, principalement par le biais du système d’éducation.

Après avoir reçu le rapport, Netanyahu a promis de prendre « des mesures supplémentaires ». Le racisme, a-t-il dit, « est indigne de notre pays, de nos citoyens et de notre nation ».

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