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Pegasus/police israélienne : Un élu Shas favorable à une enquête de l’État

Moshe Arbel a déclaré qu'il soutiendrait une enquête sur les allégations d'espionnage de citoyens israéliens par la police, même si c'est Meretz qui le demande

Le député Moshe Arbel lors d'un événement de campagne, le  22 juillet 2019. (Crédit : Noam Revkin FentonFlash90)
Le député Moshe Arbel lors d'un événement de campagne, le 22 juillet 2019. (Crédit : Noam Revkin FentonFlash90)

Le député de Shas Moshe Arbel a dit mercredi qu’il soutiendrait la formation d’une commission d’enquête étatique portant sur des allégations selon lesquelles la police israélienne a utilisé des logiciels espions pour espionner les citoyens israéliens, y compris des manifestants et des militants.

« Même si c’est Meretz qui devait soumettre une suggestion visant à créer une commission d’enquête d’Etat sur l’utilisation de NSO par la police, je la soutiendrais », a déclaré Arbel à la radio de l’armée, faisant référence aux écarts entre le parti de gauche et sa propre faction ultra-orthodoxe.

Lorsqu’il s’agit de cette question, Arbel affirme « qu’il n’y a pas de coalition ni d’opposition. Si même la moitié de ce rapport est vrai, c’est une tragédie nationale ».

Le ministère de la Justice en Israël a promis mercredi une enquête approfondie.

Un logo orne un mur sur une succursale de la société israélienne NSO Group, près de la ville de Sapir, dans le sud d’Israël, le 24 août 2021. (Crédit : AP/Sebastian Scheiner)

Propriétaire de Pegasus, le groupe israélien de cybersécurité NSO s’est retrouvé exposé en 2021 après des enquêtes publiées par un consortium de 17 médias internationaux affirmant que son logiciel avait permis d’espionner les numéros de journalistes, d’hommes politiques parmi lesquels des chefs d’Etat, des militants et des chefs d’entreprises dans différents pays.

Cette semaine, le quotidien économique israélien Calcalist a rapporté que Pegasus avait également été utilisé pour espionner des citoyens israéliens qui avaient mené des protestations en 2021 contre M. Netanyahu quant il était encore Premier ministre, et contre d’autres Israéliens.

La police a fermement démenti ces accusations.

Mais le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Omer Bar-lev, a réagi de manière plus nuancée : « Il n’y a pas eu d’écoutes téléphoniques ou de piratage de la part de la police sans l’accord préalable d’un juge ».

Le député Omer Bar-Lev tient une conférence de presse à la Knesset le 30 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Après les informations de Calcalist, le ministère de la Justice a annoncé dans un communiqué l’ouverture d’une enquête.

L’Autorité de la protection de la vie privée, un département du ministère, a affirmé que la possibilité d’une utilisation de Pegasus « pour surveiller les citoyens israéliens constituerait une violation sérieuse de la vie privée », selon le texte.

Le contrôleur de l’Etat, Matanyahu Englman, a affirmé mardi son intention d’élargir son enquête sur l’utilisation par les forces de l’ordre de la technologie de surveillance aux dernières accusations.

Le contrôleur d’État Matanyahu Englman assiste à une conférence de presse à Jérusalem annonçant une enquête sur la tragédie du Mont Meron le 3 mai 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le ministre de la Justice Gideon Saar, a apporté son soutien aux différentes enquêtes.

« Il y a une énorme différence entre les allégations de Calcalist et les communiqués de la police », a-t-il dit devant la commission des Lois du Parlement.

Le président de la commission, le député Gilad Kariv (travailliste), a abordé une autre faille – entre les mécanismes de surveillance existants et la réalité de la technologie d’aujourd’hui.

« La législation existante autorisant la police à mettre sur écoute et à fouiller a été promulguée à une époque où personne ne prévoyait la puissance technologique des outils disponibles aujourd’hui – et il faut s’assurer que la législation d’aujourd’hui soit adaptée à l’ère technologique et que les procédures et contrôles internes soient suffisamment rigoureux », a déclaré Kariv.

Selon les déclarations de Kariv lors de la réunion de la commission, un certain nombre d’organes de surveillance seront impliqués dans la réflexion sur la manière de gérer les capacités technologiques actuelles, notamment le pouvoir judiciaire, qui supervise l’approbation des outils de surveillance, la commission de la Constitution, du droit et de la justice de la Knesset, qui traite des lois de perquisition, et la commission de la sécurité publique de la Knesset, qui assure la surveillance de la police.

« J’examinerai les autres mécanismes existants en matière de contrôle parlementaire du fonctionnement quotidien de ces outils », a déclaré Kariv.

Le ministre de la Justice Gideon Saar s’exprime lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 6 juillet 2021. (Crédit : Amit Shabi/POOL)

Le groupe NSO n’a ni démenti ni confirmé la vente de Pegasus à la police israélienne, soulignant qu’il n’était « en aucun cas impliqué dans le fonctionnement du système une fois vendu à des clients gouvernementaux ».

« NSO vend ses produits sous licence et selon la règlementation, à des agences du renseignement et à des services de police, pour éviter des actes terroristes et des crimes, en vertu des ordres de justice et des lois en vigueur dans leurs pays », a indiqué le groupe dans un communiqué envoyé à l’AFP.

Le logiciel Pegasus ne peut être vendu qu’à des Etats, et ces ventes doivent obtenir le feu vert d’une commission spéciale du ministère israélien de la Défense responsable de l’approbation des ventes d’armes.

Une fois installé dans un téléphone mobile, Pegasus permet d’accéder aux messageries et données de l’utilisateur, mais aussi d’activer l’appareil à distance à des fins de captation de son ou d’image.

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