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Pelosi appelle les Américains à ne pas céder à la peur après l’agression de son mari

Citant une fois de plus le poète israélien Ehud Manor, la présidente de la Chambre des représentants a appelé à "ressouder le pays" en amont des élections de mi-mandat

House Speaker Nancy Pelosi is escorted to a vehicle outside of her home in San Francisco, Friday, Nov. 4, 2022. (AP Photo/Jeff Chiu)
House Speaker Nancy Pelosi is escorted to a vehicle outside of her home in San Francisco, Friday, Nov. 4, 2022. (AP Photo/Jeff Chiu)

« Nous ne devons pas avoir peur, nous devons être courageux », a fait valoir vendredi la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi, au sujet de l’agression de son mari et à quelques jours des élections de mi-mandat aux Etats-Unis qui s’annoncent tendues.

« Cela m’a fait prendre conscience de la peur qu’ont certaines personnes de ce qui se passe dehors » dans le monde, a dit la dirigeante démocrate dans une vidéo publiée sur Facebook, arguant que cette peur se faisait ressentir parmi les employés des bureaux de vote en particulier, et la population américaine en général.

Elle s’exprimait au lendemain de la sortie de Paul Pelosi de l’hôpital. Le 28 octobre, un homme de 42 ans, David DePape, est entré en pleine nuit dans le domicile du couple à San Francisco et a attaqué M. Pelosi, âgé de 82 ans, avec un marteau, le frappant au moins une fois. L’assaillant a dit aux enquêteurs qu’il avait également eu l’intention de ligoter Nancy Pelosi, absente au moment de l’agression, et de lui briser les rotules.

« Je n’ai pas d’autre pays. Bien que ma terre brûle, mes veines, mon âme avec un corps douloureux et un cœur affamé, ici est ma maison », a déclaré Pelosi en lisant un extrait de « Ein Li Eretz Aheret » d’Ehud Manor.

Sur cette photo d’archive prise le 23 avril 2019, la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi (à droite), et son mari Paul Pelosi arrivent au gala Time 100 au Lincoln Center, à New York. (Crédit : Angela Weiss/AFP)

« Je ne resterai pas silencieuse. Car mon pays a changé de visage. Je ne l’abandonnerai pas, je lui rappellerai et je chanterai à ses oreilles, jusqu’à ce qu’il ouvre les yeux. »

Après avoir lu le poème, Pelosi a déclaré « nous devons ressouder notre pays ».

« Donc, lorsque nous menons ce combat, que nous faisons sortir ce vote, faisons-le dans le plus grand respect de chacun », a-t-elle déclaré.

Pelosi a cité le poème de Manor à plusieurs reprises au cours des dernières années – notamment en réponse à l’annulation par la Cour suprême des États-Unis d’un droit à l’avortement garanti par le gouvernement fédéral et après la prise d’assaut du Capitole par les partisans de Donald Trump, alors président, le 6 janvier 2021.

Écrite en 1982, alors qu’un gouvernement de droite du Likud menait une guerre controversée au Liban, la chanson parle de l’amour de Manor pour l’hébreu mais comporte un engagement à « ne pas rester silencieux et à chanter » à un pays qui « a changé de visage ».

La veuve de Manor, Ofra Fuchs, a déclaré en 2015 qu’elle était destinée à être une chanson de protestation de gauche.

Lors de sa visite en Israël en février, Pelosi a été accueillie par le président Isaac Herzog pour une réunion à laquelle assistait également Fuchs.

De gauche à droite: Paul Pelosi, la Présidente de la Chambre des Représentants des Etats-Unis Nancy Pelosi, le Président Isaac Herzog et Michal Herzog à Jerusalem le 16 février 2022. (Amos Ben-Gershom/GPO)

Herzog a déclaré qu’il avait cité « Ein Li Eretz Aheret » de Manor à Pelosi en 2016, alors qu’ils connaissaient tous deux des difficultés politiques. Elle l’a recopiée sur une serviette de table et a fini par le citer au Congrès.

« Le message est clair, il y a des raisons de s’inquiéter. Mais nous ne pouvons pas avoir peur, nous devons être courageux », a déclaré Mme Pelosi.

Cet événement a renforcé les inquiétudes sur la possibilité que la désinformation et les profondes divisions politiques ne débouchent sur des actes violents, à quelques jours des élections de mi-mandat.

Les craintes de violence politique ont crû aux Etats-Unis depuis que Donald Trump a refusé d’accepter sa défaite en novembre 2020, à l’origine de l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021.

Des responsables pensent que ces éléments sont le moteur de certaines attaques – comme celle commise par l’agresseur de Paul Pelosi, un adepte de théories du complot qui relayait en ligne des thèses douteuses sur des sujets aussi variés que la fraude électorale, les vaccins anti-Covid, le changement climatique, la Shoah ou encore les personnes transgenres.

Dans sa vidéo, Nancy Pelosi a soupiré : « Le chemin sera long », assurant que son mari « se portera bien ».

Concernant les élections, qui selon les sondages donnent pour l’instant avantage aux Républicains, Mme Pelosi a averti qu' »il ne (faisait) aucun doute que notre démocratie est en jeu. »

A LIRE : Avant les élections US de mi-mandat, le risque de violence se fait plus concret

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