Permis d’entrée: Israël admet ne pas imposer le retour des Palestiniens chez eux
Rechercher

Permis d’entrée: Israël admet ne pas imposer le retour des Palestiniens chez eux

Le COGAT a expliqué qu'il n'y avait "pas de procédure" pour garantir que les Palestiniens ayant bénéficié de permis d'entrée étaient bien retournés dans leurs lieux de résidence

Des femmes palestiniennes se dirigent vers le point de contrôle de Qalandiya pour assister aux prières du vendredi sur le Mont du Temple à Jérusalem, vu ici à l'extérieur de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 23 juin 2017. (Hadas Parush/Flash90)
Des femmes palestiniennes se dirigent vers le point de contrôle de Qalandiya pour assister aux prières du vendredi sur le Mont du Temple à Jérusalem, vu ici à l'extérieur de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 23 juin 2017. (Hadas Parush/Flash90)

Les autorités israéliennes auraient reconnu ne pas disposer d’un système permettant de garantir que les Palestiniens qui entrent au sein de l’État juif avec des permis d’entrée retournaient ensuite en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Cette révélation a intensifié les inquiétudes d’une possible exploitation des permis d’entrée par le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui pourrait les utiliser pour faciliter ses activités terroristes au sein des frontières d’Israël.

Le Coordinateur des activités du gouvernement dans les territoires (COGAT), instance du ministère de la Défense responsable de la liaison avec les Palestiniens, a reconnu cette faille devant le groupe Im Tirtzu de droite.

Alon Schwarzer, chef de la division politique d’Im Tirtzu, a déclaré dimanche au micro de la radio israélienne que « c’est la réponse la plus préoccupante que nous ayons pu recevoir. Nous avons vu les données – 50 000 permis environ ont été délivrés pour des visites à des détenus, des terroristes pour la plupart ».

Im Tirtzu avait déposé une requête demandant aux autorités le nombre de personnes ayant traversé la frontière au cours des cinq dernières années, réclamant également un compte-rendu sur d’éventuelles violations de la loi de la part des individus autorisés à pénétrer sur le territoire et s’enquérant de l’existence d’un système de contrôle permettant de vérifier si ces personnes étaient bien retournées dans leurs lieux de résidence.

« Il n’y a pas de procédure imposant le retour des Palestiniens dans les secteurs contrôlés par l’Autorité palestinienne ou dans la bande de Gaza », a fait savoir le COGAT en réponse à la requête.

Selon un communiqué paru sur le site internet d’Im Tirtzu (lien en hébreu), les données fournies par le COGAT ont établi que 2 645 696 permis d’entrée avaient été délivrés entre 2014 et la mi-2019 à des Palestiniens de Cisjordanie, et 335 807 à des Palestiniens originaires de la bande de Gaza.

Pour les Palestiniens de Cisjordanie, la majorité des autorisations accordées concernaient le travail, des visites médicales, des voyages et des visites familiales pour les fêtes, mais 53 596 permis ont été émis pour des visites à des prisonniers et 21 410 pour des voyages effectués à l’étranger.

Pour les Gazaouis, la majorité des autorisations étaient destinées à des visites médicales, mais 21 394 ont été délivrées pour des voyages à l’étranger et d’autres pour des raisons commerciales, des mariages, des vacances, des fêtes, des conférences et du travail aux côtés des organisations humanitaires internationales.

Le COGAT a indiqué n’avoir aucune information sur des activités criminelles commises par des Palestiniens bénéficiant d’un permis d’entrée au sein de l’État juif.

Un Palestinien utilise un portail biométrique alors qu’il entre en Israël au point de passage de Qalandiya à Jérusalem, le 11 juillet 2019. (Sebastian Scheiner/AP)

« La réalité, c’est que personne n’effectue de suivi en ce qui concerne le retour des résidents des secteurs palestiniens qui entrent en Israël après avoir reçu des permis officiels de la part de l’État d’Israël, ce qui est terrifiant », a dénoncé Im Tirtzu dans un communiqué. « C’est un pari qui voit les vies des citoyens israéliens être mises en jeu ».

Im Tirtzu avait déposé la requête parce que le groupe s’inquiétait que le groupe terroriste du Hamas n’utilise les autorisations délivrées pour faire avancer son agenda terroriste sur le territoire israélien, à la suite de l’arrestation de membres du Hamas au mois de juillet dernier et d’informations selon lesquelles le groupe terroriste exploitait des permis humanitaires pour mener à bien des desseins néfastes, a expliqué Alon Schwarzer.

« C’est une très grande menace sécuritaire pour l’État d’Israël », a-t-il affirmé. « Des millions de personnes obtiennent des autorisations d’entrée au sein de l’État d’Israël et, malheureusement, un grand nombre d’entre elles peuvent être impliquées dans des activités terroristes ou criminelles ».

La perspective que le Hamas puisse exploiter le système de permis pour établir des infrastructures terroristes au sein de l’État juif préoccuperait également l’agence de sécurité du Shin Bet.

Alon Avitar, ancien conseiller au COGAT, a déclaré au micro de la radio militaire que la vaste majorité des Palestiniens entrés en Israël se trouvaient dans l’obligation de rentrer chez eux pour des raisons personnelles et pour préserver leur liberté de déplacement, mais qu’il y a eu des « centaines de cas », ces dernières années, de Palestiniens exploitant les autorisations accordées pour promouvoir des intérêts liés au terrorisme, comme le transfert de fonds et le blanchiment d’argent.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...