Peter Tatchell, arrêté à Londres, après avoir brandi une pancarte « Globalisez l’Intifada »
Selon le militant des droits humains et défenseur des LGBTQ+, c'est une "atteinte à la liberté d'expression" ; 2 autres arrestations pour soutien à Palestine Action
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Samedi, le militant des droits de l’Homme Peter Tatchell a été arrêté par la police londonienne lors d’une marche pro-palestinienne pour avoir brandi une pancarte sur laquelle était inscrit le slogan « Globalisez l’Intifada », a indiqué sa fondation.
Deux Intifada en Israël ont fait des centaines de morts en Israël dans des attentats terroristes palestiniens. La première de 1987 – année de naissance du Hamas – à 1993, qui correspond aux accords d’Oslo. La Seconde intifada a débuté en 2000 avec la visite d’Ariel Sharon sur le mont du Temple et s’est terminée en 2005 avec le désengagement israélien de la bande de Gaza.
Cette arrestation fait suite à l’annonce, le mois dernier, par deux des plus importantes forces de police britanniques, que leurs agents interpelleraient toute personne scandant ou affichant publiquement ce slogan.
Cette mesure a été prise à la suite de la tuerie antisémite de Bondi Beach, en Australie. Mi-décembre, la police métropolitaine de Londres et celle de Manchester, dans le nord-ouest de l’Angleterre, avaient annoncé cette mesure « ferme » visant à lutter contre l’antisémitisme et l’incitation à la violence.
Tatchell, militant des droits humains de longue date connu pour son engagement en faveur des droits des personnes LGBTQ+, a été interpellé alors qu’il participait à une manifestation anti-Israël dans le centre-ville de Londres, selon sa fondation.
Âgé de 74 ans, il a dénoncé cette interpellation comme « une atteinte à la liberté d’expression » dans un communiqué transmis aux médias par sa fondation.
Il a été conduit dans un commissariat du sud de Londres.
#Palestine march London
"Globalise the intifada: Non-violent resistance. End Israel's occupation of Gaza & West Bank"
Palestinians have a right to resist Israeli terrorism
Jewish settlers are terrorising #WestBank villagers: beating them & burning their homes, cars & crops pic.twitter.com/NmHeHWnO2H
— Peter Tatchell (@PeterTatchell) January 31, 2026
« La police a affirmé que le mot ‘intifada’ était illégal. Or, le mot ‘intifada’ ne constitue pas un crime. La police abuse de son pouvoir en en faisant un motif d’arrestation », fait valoir le communiqué.
« Cela s’inscrit dans une tendance dangereuse à restreindre et à criminaliser de plus en plus les manifestations pacifiques », poursuit le texte.
Tatchell avait publié sur le réseau social X une photo de lui sur le parcours de la manifestation, brandissant une pancarte sur laquelle figuraient plusieurs slogans, dont « Globalisez l’intifada ».
Dans une publication sur X, la police métropolitaine a déclaré : « Les agents chargés du maintien de l’ordre lors de la manifestation de la Coalition palestinienne ont arrêté un homme de 74 ans soupçonné d’avoir troublé l’ordre public. Il portait une pancarte sur laquelle on pouvait lire ‘Globalisez l’Intifada’. »
Two people have been arrested on suspicion of showing support for a proscribed organisation.
They were spotted by officers carrying a banner with the words “we are all Palestine Action”.
— Metropolitan Police (@metpoliceuk) January 31, 2026
Au cours de l’année écoulée, le gouvernement britannique a pris des mesures plus sévères contre les manifestations et les organisations anti-Israël. Le mois dernier, la police métropolitaine a déclaré que les slogans et expressions tels que « Mondialisez l’Intifada » qui, selon elle, « inquiétaient » les membres de la communauté juive, seraient interdits lors des manifestations.
Le Royaume-Uni a également inscrit le groupe militant Palestine Action sur la liste des organisations terroristes l’an dernier, après que certains de ses membres ont fait irruption dans une base militaire et ont endommagé plusieurs avions, causant des dégâts estimés à 7 millions de livres sterling (9,3 millions de dollars).
Cette mesure a fait de l’appartenance à ce groupe ou de son soutien un délit pénal grave passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison.
Fondé en 2020, Palestine Action s’est fait connaître par des manifestations violentes visant des entreprises de défense israéliennes et des entreprises britanniques qui leur sont liées. Il a intensifié ses actions pendant la guerre de Gaza, déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Depuis l’interdiction du groupe, plus de 2 700 personnes ont été arrêtées pour avoir brandi des pancartes en soutien à l’organisation, selon Amnesty International UK. Deux autres personnes ont été arrêtées lors de la manifestation de samedi à Londres.
Le gouvernement a été critiqué pour avoir adopté une définition trop large du « terrorisme », car Palestine Action affirme n’avoir tué ou blessé personne directement lors de ses actions. Des images diffusées au tribunal l’an dernier montrent l’un de ses membres frappant une policière dans le dos avec une masse alors qu’elle était agenouillée sur le sol lors de l’effraction, ce qui lui a fracturé la colonne lombaire.
Le gouvernement a fait valoir que ces actions « peuvent constituer un acte de terrorisme si elles entraînent des dommages matériels importants, même en l’absence de violence à l’encontre d’une personne ou de mise en danger de la vie d’autrui ».
Ces mesures ont été prises à la suite d’appels de groupes juifs en faveur d’une action plus ferme contre le langage utilisé lors des manifestations anti-Israël, tandis que le Community Security Trust (CST), qui œuvre pour la sécurité des Juifs britanniques, affirme que les actes antisémites sont en forte augmentation en Grande-Bretagne.
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