Pétition du Congrès juif mondial contre une parade néo-nazie en Bulgarie
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Pétition du Congrès juif mondial contre une parade néo-nazie en Bulgarie

Le président a demandé à Sofia de mettre en place des mesures pour faire interdire cet hommage dédié à un ministre de guerre antisémite

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

La procession aux flambeaux de la Marche de Lukov, le 14 février 2016 à Sofia, en Bulgarie. (Crédit : capture d'écran YouTube)
La procession aux flambeaux de la Marche de Lukov, le 14 février 2016 à Sofia, en Bulgarie. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Robert Singer, président du Congrès juif mondial, a déposé une requête, signée par plus de 175 000 personnes auprès du Premier ministre bulgare Bokyo Borissov, pour protester contre une parade organisée par les néo-nazis pour célébrer un dirigeant de la Seconde Guerre mondiale, proche du Troisième Reich.

La marche de Lukov, ou procession des flambeaux, rend hommage à Hristo Lukov, un ancien ministre de guerre bulgare et dirigeant de l’Union Nationale Bulgare, un syndicat pro-nazi, qui avait soutenu les lois anti-juives, qui privaient les Juifs de droits civiques.

Depuis 2003, elle est organisée annuellement dans la capitale, à Sofia, et devrait avoir lieu le 17 février prochain.

« C’est une parade néo-nazie », a déclaré Singer dans un interview publiée mardi dans le quotidien bulgare SEGA.

« Nous savons qu’il s’agit d’un phénomène marginal, que le peuple bulgare ne le soutient pas, que le gouvernement bulgare ne le soutient pas, que le maire de Sofia avait tenté de l’interdire ces trois dernières années, mais néanmoins, il se poursuit. »

La pétition en ligne, lancée en janvier, exhorte les autorités bulgares à interdire activement la parade, plutôt que de se contenter de ne pas l’autoriser. Singer a soumis à Borissov une version imprimée du document.

« Des démarches administratives contre la marche de Lukov doivent être lancées, plutôt que de simplement annoncer l’absence de permission pour cet évènement, ce qui a pour effet de l’autoriser à se dérouler », peut-on lire sur la pétition.

« Il n’y a pas de place, dans les rues européennes, pour une parade qui voue un culte à un homme et à une ère qui représentent le chapitre le plus sinistre de notre histoire. Au regard du contexte historique de la Bulgarie et de l’Europe, autoriser la Marche de Lukov serait une abomination. »

Robert Singer, président du Congrès juif mondial, pendant la commémoration des 75 ans du massacre nazi de Babi Yar, à Kiev, le 27 septembre 2016. (Crédit : Shahar Azran/Congrès juif mondial)

La requête souligne que la Bulgarie occupe la présidence du conseil de l’Union européenne pendant les 6 premiers mois de l’année 2018.

« En vertu de cette position, la nation bulgarde fera figure de dirigeant et doit défendre les valeurs de l’Union européenne, notamment celles qui prônent la tolérance et le rejet de l’extrémisme et de l’antisémitisme », indique la pétition. « Ce serait anormal que le pays à la tête de l’Union européenne autorise une procession de flambeaux par des partisans d’un homme sont l’idéologie représente la période la plus sombre du 20e siècle. »

Singer a fait remarquer que la pétition a été signée par des personnes qui sont étrangères aux organisations juives, par « de nombreuses personnes du monde entier », et notamment par des citoyens bulgares.

« À en juger par les noms, la plupart d’entre eux ne sont pas Juifs », a indiqué Singer à SEGA.

Bien que des restrictions considérables aient été imposées ces trois dernières années – les participants n’ont le droit que de déposer une gerbe qu’au domicile de Lukov – les conditions sont transgressées et la parade est maintenue.

En 2017, les manifestants ont défilé, sans y avoir été autorisés, depuis le Palais national de la Culture jusqu’à la maison de Lukov, entouré d’une forte présence policière. Des drapeaux bulgares, des drapeaux de l’union nationale bulgare et des drapeaux d’un groupe polonais néo-nazi flottaient dans les rues à mesure que la procession avançait.

La police de Sofia avait indiqué que de nombreux ressortissants polonais avec un casier judiciaire étaient présents. Les ultra-nationalistes sont associés à un groupe qui diffuse de la propagande pro-nazie.

L’équipe du Times of Israel et le JTA ont contribué à cet article.

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