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Pétitions contre les manifestants anti-Israël d’Ann Arbor rejettées par la Cour US

Un des plaignants, un survivant de la Shoah, a déclaré que les manifestations visaient les Juifs sur leur lieu de culte, violant ainsi leurs droits au premier amendement

Un manifestant se tient devant la congrégation Beth Israel à Ann Arbor, Michigan, flanqué de panneaux anti-Israël et antisémites, en 2020. Le 18 janvier 2022, le conseil municipal d'Ann Arbor a officiellement condamné les manifestations hebdomadaires, qui durent depuis 18 ans. (Crédit : Alex Sherman/Jewish Telegraphic Agency)
Un manifestant se tient devant la congrégation Beth Israel à Ann Arbor, Michigan, flanqué de panneaux anti-Israël et antisémites, en 2020. Le 18 janvier 2022, le conseil municipal d'Ann Arbor a officiellement condamné les manifestations hebdomadaires, qui durent depuis 18 ans. (Crédit : Alex Sherman/Jewish Telegraphic Agency)

MICHIGAN, États-Unis (JTA) – La Cour suprême des États-Unis a refusé de donner suite à deux requêtes distinctes concernant une action en justice contre un groupe de manifestants qui se rassemblent chaque semaine devant une synagogue d’Ann Arbor depuis près de deux décennies, brandissant des pancartes anti-israéliennes et antisémites, semblant ainsi supprimer toute possibilité de recours juridique contre cette manifestation récurrente.

En mars et en mai, le tribunal avait rendu des ordonnances rejetant les requêtes introduites par deux congrégations différentes qui avaient fait valoir que les manifestations visaient les Juifs sur leur lieu de culte, violant ainsi leur droit au libre exercice de leur religion garanti par le premier amendement.

Les plaignants appartiennent à deux congrégations différentes qui se réunissent dans un même bâtiment abritant une synagogue : la congrégation Massorti Beth Israel et la congrégation Pardes Hannah, affiliée au Renouveau juif. Aucune des deux congrégations n’a été impliquée dans les poursuites judiciaires.

Les deux fidèles, dont l’un est un survivant de la Shoah, avaient commencé par intenter un procès conjoint contre les manifestants, la ville et le maire d’Ann Arbor Christopher Taylor en 2019. Il avait été rejeté par des tribunaux inférieurs qui invoquaient le premier amendement, et un juge avait ordonné aux plaignants de payer les frais de justice des manifestants. À la suite d’un différend entre un des plaignants, Marvin Gerber, et leur avocat, Marc Susselman, le procès a été scindé et deux pétitions distinctes sous l’égide de deux avocats distincts ont été déposées auprès de la Cour suprême.

Ces deux requêtes ont maintenant été rejetées ; celle de Gerber a été rejetée le 16 mai dernier.

Gerber avait retenu les services de l’avocat juif bien connu Nathan Lewin, un vétéran de la Cour suprême qui a plaidé de nombreux cas concernant des intérêts juifs et qui était un ami proche de l’ancien juge Antonin Scalia.

« Je suis choqué et consterné de voir que la Cour suprême et la cour d’appel considèrent les manifestations antisémites, programmées et conçues pour harceler et intimider les Juifs uniquement lorsqu’ils viennent prier – activité clairement protégée par la clause religieuse du premier amendement -, comme une liberté d’expression qui ne peut être restreinte », a déclaré Lewin à la Jewish Telegraphic Agency.

Il a comparé l’affaire à une loi qui considère que c’est un crime fédéral de manifester ou de faire du piquetage près de la résidence d’un juge dans le but d’influencer une décision – une loi qui a fait l’actualité récemment lorsque des manifestants pour le droit à l’avortement, mécontents d’une fuite d’un projet de la Cour suprême semblant annuler Roe v. Wade, ont manifesté devant les maisons des juges conservateurs.

Des groupes juifs, dont Agudath Israel of America, le Rabbinical Council of America et la Orthodox Jewish Chamber of Commerce, ont déposé des requêtes (amicus briefs) pour le compte des plaignants.

Henry Herskovitz, le prévenu principal et un habitué des manifestations de ces hebdomadaires depuis leurs débuts en 2003. Il a déclaré à la JTA que son groupe (identifié dans les documents judiciaires comme « Témoins juifs pour la paix ») était « reconnaissant » de la décision, en disant que « la liberté d’expression est le principe fondamental d’une démocratie ».

Plus tôt cette année, le conseil municipal d’Ann Arbor a publié une résolution officielle condamnant les manifestations comme étant antisémites. Les manifestants, qui se disent opposés à la politique israélienne, brandissaient des pancartes portant des messages tels que « Le pouvoir juif corrompt » et « Résistez au pouvoir juif ».

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