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Peu d’échos en France au discours antisémite de Mahmoud Abbas

La "leçon d'histoire" d'Abbas à l'occasion de la réunion du Conseil national palestinien a au contraire suscité l'étonnement de la presse internationale

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas préside une réunion du Conseil national palestinien à Ramallah le 30 avril 2018. (AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas préside une réunion du Conseil national palestinien à Ramallah le 30 avril 2018. (AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Le discours, mêlant complotisme et antisémitisme, du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas n’aura suscité que très peu d’intérêt dans les médias français, hormis France Inter et Marianne. Et pourtant, le leader palestinien, de plus en plus isolé et critiqué, a déclaré lundi que la Shoah n’avait pas été causée par l’antisémitisme mais par le « comportement social » des Juifs, notamment à cause leur activité d’usuriers. Un thème usé de la propagande antisémite, repris ici à l’occasion d’une réunion exceptionnelle du Conseil national palestinien.

Hormis Claude Askolovitch dans sa revue de presse matinale, et un article en ligne du magazine Marianne, hormis la presse francophone israélienne ou communautaire juive, le sujet n’a pas suscité l’intérêt des rédactions françaises.

Dans un discours long et décousu prononcé à Ramallah lors d’une session exceptionnelle du Conseil national palestinien (CNP), Abbas a eu recours à un certain nombre de théories conspirationnistes antisémites durant une « leçon d’histoire », selon ses propres termes, au cours de laquelle il a tenté de prouver que le lien ancien de 3 000 ans des Juifs avec Israël était mensonger.

Abbas a expliqué que son récit était soutenu par trois points établis par des auteurs et historiens juifs, le premier étant la théorie souvent étiquetée d’antisémite selon laquelle les Juifs ashkénazes ne seraient pas des descendants des Israélites de l’antiquité.

https://twitter.com/askolovitchC/status/991615847335645186

Évoquant le livre écrit par Arthur Koestler, La Treizième tribu, qui affirme que les Juifs ashkénazes descendent des Khazars, Abbas a estimé que les Juifs européens n’avaient donc « aucun lien historique » avec la terre d’Israël.

Il a également affirmé qu’Israël avait été depuis le début un projet européen, expliquant que des responsables européens tels que le britannique Lord Arthur Balfour avaient restreint l’immigration des Juifs dans leurs pays tout en faisant simultanément la promotion de l’immigration des Juifs sur la terre d’Israël.

Le baroud d’honneur peu glorieux d’un leader qui tente de faire oublier qu’il n’a su ni unifier les mouvances palestiniennes, ni négocier la paix avec Israël.

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