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Pour Bennett, Israël serait attendu comme médiateur dans le conflit russo-ukrainien

Le Premier ministre a justifié son numéro d'équilibriste et rejette l'idée que les Occidentaux s'émeuvent du refus israélien d’offrir un soutien plein et entier à Kiev

Le Premier ministre Naftali Bennett pendant une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 27 février 2022. (Crédit : Yoav Ari Dudkevitch/Pool)
Le Premier ministre Naftali Bennett pendant une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 27 février 2022. (Crédit : Yoav Ari Dudkevitch/Pool)

Dans des propos rendus publics mercredi, le Premier ministre Naftali Bennett a justifié l’absence de condamnation par Israël de l’agression russe contre l’Ukraine, affirmant que les acteurs impliqués appréciaient la neutralité de Jérusalem, qui la qualifiait pour un possible rôle de médiateur dans la perspective de pourparlers.

Des responsables occidentaux ont exprimé leur exaspération face aux tentatives de Jérusalem de soutenir l’Ukraine tout en préservant sa relation avec Moscou, acteur principal en Syrie, au nord d’Israël.

Mais Bennett a déclaré à la Treizième chaîne d’informations que l’image donnée par les médias d’une colère généralisée contre Israël du fait de son positionnement modéré était « fausse ».

« En fait, cette posture est avantageuse, et les différentes parties souhaitent que nous agissions en qualité de médiateurs du dialogue », a-t-il déclaré, dans un extrait de l’interview supposée être diffusée en intégralité jeudi.

Ces propos ont été rendus publics quelques heures après que Bennett s’est entretenu par téléphone avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, puis avec le président russe Vladimir Poutine. Il s’agissait de la deuxième série d’entretiens officiels menés par Bennett avec les deux dirigeants depuis que la Russie a envahi l’Ukraine la semaine dernière.

Ynet a indiqué que Bennett avait également évoqué le conflit avec le Premier ministre canadien, Justin Trudeau.

Israël a offert à plusieurs reprises ses services de médiateur dans le cadre de pourparlers destinés à mettre fin à l’invasion. Les autorités ukrainiennes se sont déclarées favorables à l’idée, mais l’initiative n’a, jusqu’alors, pas prospéré.

Dans cette image extraite d’une video diffusée par le service de presse de la présidence russe, le Président russe Vladimir Poutine s’adresse à la nation depuis Moscou, le 24 février 2022. (Crédit : Service de presse de la présidence russe via AP)

L’Ukraine et la Russie ont tenu une série de pourparlers infructueux à la frontière entre l’Ukraine et la Biélorussie lundi soir, et Zelensky a ouvertement douté de la sincérité de la Russie, notant que l’offensive s’était poursuivie pendant la rencontre.

Bennett, qui n’a mentionné ni la Russie ni Poutine dans l’extrait diffusé, a déclaré que son premier entretien avec Zelensky avait évoqué l’offre israéliennes d’aide humanitaire. Il a vanté les mérites de cette aide dans l’interview, affirmant que « les Ukrainiens obtiendraient tout ce dont ils ont besoin ».

Selon des informations publiées par des médias israéliens mercredi, le deuxième entretien téléphonique entre Bennett et Zelensky aurait abordé la question de l’aide à l’Ukraine ainsi que l’attaque de missiles russes perpétrée à proximité du mémorial de la Shoah Babi Yar à Kiev.

Une source informée de l’appel a déclaré à Haaretz que Zelensky avait réitéré sa demande d’aide militaire à Israël, que Bennett s’est jusqu’à présent abstenu d’accorder.

Un avion d’El Al en plein chargement de l’aide humanitaire destinée à l’Ukraine, le 1er mars 2022. (Capture d’écran GPO)

Des pays occidentaux ont, eux, fourni une aide militaire directe à l’Ukraine assiégée. Ainsi, l’Allemagne a annoncé lundi envoyer à l’Ukraine 1 000 armes antichars et 500 missiles sol-air, rompant avec la politique menée depuis des décennies.

Israël s’est contenté d’une aide à des fins humanitaires.

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