Pour la famille Warmbier, Kim Jong-un est responsable de la mort de son fils
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Pour la famille Warmbier, Kim Jong-un est responsable de la mort de son fils

Prenant le contre-pied de Donald Trump, les parents de l'étudiant juif américain tué ont réaffirmé qu'ils tenaient le régime de Pyongyang responsable de sa mort

Fred Warmbier, à droite, et Cindy Warmbier, les parents d'Otto Warmbier, alors d'une réunion au siège de l'ONU, le 3 mai 2018 (Crédit : AP Photo/Frank Franklin II)
Fred Warmbier, à droite, et Cindy Warmbier, les parents d'Otto Warmbier, alors d'une réunion au siège de l'ONU, le 3 mai 2018 (Crédit : AP Photo/Frank Franklin II)

La famille d’un étudiant juif américain qui était mort après avoir été emprisonné par la Corée du Nord a déclaré vendredi qu’elle tenait pour responsables du décès de son fils le dirigeant du pays, Kim Jong-un, ainsi que son « régime malveillant ».

Cette déclaration des parents d’Otto Warmbier est survenue vingt-quatre heures après que le président Donald Trump a noté, à l’issue de sa rencontre avec son homologue nord-coréen, qu’il croyait ce dernier « sur parole » lorsqu’il avait affirmé qu’il n’avait pas eu connaissance des mauvais traitements présumés infligés à Warmbier.

« Nous nous sommes montrés respectueux pendant ce sommet. Mais nous devons maintenant nous exprimer. Kim et son régime malveillant sont responsables de la mort de notre fils Otto », ont affirmé Fred et Cindy Warmbier.

« Kim et son régime malveillant sont responsables de ces cruautés, de cette inhumanité inimaginables. Aucune excuse, aucun éloge ne pourra changer cela », ont-ils ajouté sans désigner ouvertement Trump.

Otto Warmbier était mort au mois de juin 2017 après être revenu aux Etats-Unis dans un état végétatif. Ses parents n’ont cessé de clamer qu’il avait été torturé.

Otto Warmbier arrivant devant un tribunal pour son procès à Pyongyang, en Corée du Nord, le 16 mars 2015. (Crédit : Xinhua / Lu Rui via Getty Images / JTA)

Le président américain leur a répondu en fin de journée sur Twitter, indiquant que ses propos avaient été mal interprétés et qu’il tenait « bien entendu » la Corée du Nord pour responsable de la mort de leur fils, sans pour autant mentionner Kim Jong-un.

« Souvenez-vous, j’ai fait revenir Otto aux côtés de trois autres personnes. L’administration précédente n’avait rien fait alors qu’il avait été arrêté sous sa mandature », a écrit Trump.

« Otto Warmbier ne sera pas mort en vain… J’aime Otto et je pense souvent à lui », a-t-il ajouté.

Donald Trump avait utilisé la mort d’Otto pour dénoncer les violations des droits humains commises par la Corée du Nord, adoucissant par la suite ses propos à l’approche de sa rencontre avec le dirigeant nord-coréen.

Au moment du retour du jeune Américain, Trump avait estimé que Warmbier avait été « grandement torturé », l’utilisant comme exemple de la brutalité de la Corée du Nord.

Pourtant, jeudi dernier, il a expliqué : « Je ne pense pas qu’il [Kim Jong-Un] aurait permis qu’une telle chose arrive – cela n’était tout simplement pas à son avantage. Ces prisons sont dures, ce sont des endroits durs, et des choses mauvaises y surviennent. Mais je ne crois pas vraiment que lui-même … je ne crois pas vraiment qu’il l’ait su ».

Les propos du président au sujet de l’affaire Warmbier rappellent d’autres occasions où Trump préfère croire des autocrates plutôt que ses propres agences de renseignements – se plaçant ainsi aux côtés de la famille royale saoudienne dans le dossier du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi et soutenant les affirmations de Vladimir Poutine qui avait démenti être intervenu dans les élections présidentielles de 2016.

Le président américain Donald Trump, à droite, aux côtés du leader de la Corée du nord, Kim Jong Un, pendant une pause lors du deuxième sommet Etats-Unis-Corée du nord organisé à l’hôtel Sofitel de Hanoï, au Vietnam, le 28 février 2019 (Crédit :Saul Loeb/AFP)

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a dénoncé les propos de Trump. « Quelque chose ne va pas avec Poutine, Kim Jong-un — des voyous, selon moi – que le président choisit de croire », a-t-elle ainsi déclaré.

D’éminents républicains ont pris la parole pour condamner la Corée du Nord et exprimer leur soutien à la famille Warmbier.

« Nous devons nous souvenir d’Otto et ne devons jamais laisser la Corée du Nord s’en tirer pour ce dont elle s’est rendue coupable », a commenté Rob Portman, sénateur républicain de l’Ohio.

L’élu était en contact avec la famille Warmbier depuis que le jeune homme, originaire d’une banlieue de Cincinnati, avait été emprisonné au début de l’année 2016 pour le vol présumé d’une affiche de propagande.

L’ancienne ambassadrice à l’ONU de Trump, Nikki Haley, avait alors écrit sur Twitter que « les Américains savent les cruautés subies par Otto Warmbier de la part du régime nord-coréen. Nos cœurs soutiennent la famille Warmbier pour sa force et son courage. Nous n’oublierons jamais Otto ».

Warmbier, étudiant à l’université de Virginie, se trouvait en Corée du Nord dans le cadre d’un voyage touristique en groupe lorsqu’il a été placé en détention. Un tribunal l’avait condamné à 15 ans de travaux forcés.

A sa libération, la Corée du Nord avait expliqué que la santé du jeune homme s’était détériorée après une crise de botulisme. Les médecins de Warmbier, aux Etats-Unis, avaient pour leur part déclaré que son cerveau avait été excessivement endommagé.

Fred et Cindy Warmbier applaudis durant le discours de l’état de l’Union au capitole américain de Washington, le 30 janvier 2018 (Crédit : AFP/Nicholas Kamm)

L’année dernière, un juge américain avait ordonné à la Corée du Nord de verser plus de 500 millions de dollars après la plainte déposée par les parents de Warmbier pour « homicide arbitraire ».

Le juge de district Beryl Howell à Washington avait condamné avec force le pays pour les « maltraitances barbares » infligées à Warmbier, réclamant des dommages et intérêts, le paiement des dépenses médicales et des indemnisations pour le chagrin subi par ses parents, Fred et Cindy, à la suite de la perte de leur fils.

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