Israël en guerre - Jour 196

Rechercher

Pour la première fois, le conseil municipal de Jérusalem est majoritairement haredi

"Nous ne voulons pas transformer Jérusalem en Bnei Brak", déclare le maire adjoint Eliezer Rauchberger, ajoutant "nous sommes ici pour exiger notre part" de manière équitable

Le président du parti Shas, Aryeh Deri, s'exprime lors d'un événement du parti avant les élections municipales à Jérusalem, le 19 février 2024. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)
Le président du parti Shas, Aryeh Deri, s'exprime lors d'un événement du parti avant les élections municipales à Jérusalem, le 19 février 2024. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)

Les élections municipales de mardi ont été marquées par la victoire sans précédent des ultra-orthodoxes au conseil municipal, les partis haredi ayant remporté un peu plus de la moitié des sièges du conseil législatif, qui en compte 31.

Alors que seuls des résultats provisoires ont été publiés sur la plateforme électorale en ligne du ministère de l’intérieur, un dernier résumé des résultats comptabilisés par le comité électoral régional de Jérusalem, obtenu par le Times of Israel, montre que les différents partis ultra-orthodoxes, ou haredi, ont obtenu 16 des 31 sièges du conseil municipal, les autres sièges étant détenus par des factions nationalistes religieuses.

Le parti séfarade Shas a obtenu six sièges, le parti hassidique Agudat Yisrael trois, le parti ultra-orthodoxe non hassidique Degel Hatorah six, et Bnei Torah, affilié au groupe extrémiste Jerusalem Faction, un.

Le Likud et le parti anti-LGBT Noam ont obtenu chacun un siège, tandis que HaTzionout HaDatit et le parti ultranationaliste, Meouhadim, du maire adjoint Arieh King ont obtenu chacun deux sièges au conseil, ce qui porte la majorité globale de la droite haredi et nationaliste à 22 sièges.

Le maire Moshe Lion a remporté la victoire haut-la-main avec 81,5 % des voix contre 18,5 % pour son adversaire laïc Yossi Havilio.

La liste de l’Union de Jérusalem de Havilio, qui rassemble plusieurs factions libérales, dont Meretz, Yesh Atid, Avoda et le mouvement de protestation anti-Netanyahu Nouveau Contrat, a remporté quatre sièges au conseil municipal.

Le maire de Jérusalem, Moshe Lion, s’exprime devant les médias après avoir remporté un deuxième mandat à la mairie de Jérusalem, le 28 février 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Hitorerut (« Éveil »), un parti libéral composé de résidents de Jérusalem nationaux-religieux et laïcs, a obtenu trois sièges, tandis que One Jerusalem, le parti de Lion, en a obtenu deux.

Ce résultat sans précédent pour les ultra-orthodoxes est peut-être moins lié à l’évolution démographique de la capitale qu’au faible taux de participation des électeurs traditionnels cette année, selon Laura Wharton, conseillère municipale de Jérusalem et membre du parti Meretz.

Seuls 31,5 % des électeurs de Jérusalem ont voté mardi.

« Le problème principal ici était et reste les comportements électoraux. On sait depuis toujours que les haredim votent en masse et que les autres groupes ne votent pas », a-t-elle déclaré.

Laura Wharton, membre du conseil municipal de Jérusalem issue du Meretz, à la mairie de Jérusalem, le 16 mai 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Une majorité ultra-orthodoxe au conseil signifie que la communauté aura le contrôle de la planification et de la construction, des finances, des commissions d’éducation, entre autres. C’est la démocratie en action, mais cela risque d’encourager un nouvel exode des résidents laïcs de la ville, qui sont nombreux à plus s’y sentir à leur place depuis un certain temps.

Répondant à ces préoccupations, le maire adjoint Eliezer Rauchberger a déclaré : « Nous ne voulons pas transformer Jérusalem en Bnei Brak », en référence à la ville à majorité ultra-orthodoxe du centre du pays.

S’adressant au Times of Israel mercredi, Rauchberger, qui dirige la branche locale du parti Degel Hatorah, a déclaré que la victoire sans précédent des Haredim était significative car elle permettra de préserver « le caractère traditionnel et religieux de Jérusalem pour tout ce qui relève du domaine public. »

« Nous sommes favorables à ce que chaque communauté ait sa place, bien évidemment les haredim et les religieux, mais aussi les laïcs », a-t-il déclaré, appelant au respect mutuel et à l’unité et affirmant que lui et ses alliés voulaient que Jérusalem soit « une ville pour tout le monde ».

Plutôt que de mettre en œuvre des changements politiques importants, Rauchberger a indiqué qu’il avait un ordre du jour plus conservateur, axé sur le maintien du statu quo religieux de la ville et sur la garantie de l’égalité budgétaire.

Eliezer Rauchberger, maire adjoint de Jérusalem et président de la branche du parti Degel Hatorah dans la capitale, lors de l’ouverture des bureaux de campagne électorale municipale de Degel HaTorah à Jérusalem, le 10 octobre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Il n’y a aucune raison au monde » que les haredim soient différents de quiconque en termes « d’activités » ou de budgets, et « nous sommes ici pour exiger notre part » de manière équitable, a-t-il déclaré.

Avec le soutien de leurs alliés nationalistes-religieux, les ultra-orthodoxes détenaient déjà une majorité effective avant les récentes élections, a souligné Wharton, ajoutant que la capacité du camp libéral à contrer les haredim dépendait « de la manière dont le maire parviendrait à manœuvrer ».

« La tâche sera compliquée, compte tenu de la situation dans le pays et, … en particulier, de l’agitation croissante autour de questions telles que le projet de loi sur le service militaire. Je pense que les autres membres du conseil seront unis et vigilants quant à ce qu’ils essaient de faire », a-t-elle déclaré – notant que, dans le passé, il a parfois été possible de monter les différentes factions ultra-orthodoxes l’une contre l’autre.

« Pendant des dizaines d’années, la politique à Jérusalem a été de ‘vivre et laisser vivre’ : les ultra-orthodoxes dans leurs quartiers, les laïcs et les religieux dans les leurs, et les Palestiniens chez eux. Malheureusement, on a assisté ces dernières années à un glissement vers une politique plutôt agressive par laquelle les ultra-orthodoxes et l’ultra-droite ont construit et envahi des espaces libres sans discernement pour les aménager, souvent de manière exclusive, pour leurs propres populations », a ajouté Wharton.

« À Kiryat Yovel, un quartier laïc et libéral, une école exceptionnelle qui desservait la population locale a été supprimée par la municipalité pour être remplacée par une école ultra-orthodoxe stricte pour filles », a-t-elle déclaré. Ce n’est là qu’un des « innombrables exemples où la commission locale des constructions utilise son pouvoir d’une manière qui entraîne souvent le déplacement et la perturbation des communautés au profit de services et de bâtiments pour les représentants au pouvoir ».

Shalom Yerushalmi a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.