Pour le 3e vendredi consécutif, les émeutes hebdomadaires à Gaza sont annulées
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Pour le 3e vendredi consécutif, les émeutes hebdomadaires à Gaza sont annulées

Les autorités palestiniennes assurent que l'annulation n'est pas liée à des accords avec Israël ; elle fait suite à des tirs de roquettes de Gaza et à des frappes de représailles

Un Palestinien armé d'une fronde face aux forces israéliennes durant une émeute le long de la frontière avec Israël, à l'est de Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, le 18 octobre 2019 (Crédit : Mahmud Hams/AFP)
Un Palestinien armé d'une fronde face aux forces israéliennes durant une émeute le long de la frontière avec Israël, à l'est de Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, le 18 octobre 2019 (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Pour la troisième semaine consécutive, les organisateurs de la bande de Gaza ont annulé les émeutes hebdomadaires de vendredi à la frontière avec Israël.

Selon la chaîne publique Kan, les organisateurs ont assuré que cette annulation « n’a rien à voir avec les accords récents conclus avec Israël » et vise à protéger les manifestants palestiniens des troupes israéliennes.

Vendredi, un journal libanais a rapporté que la commission chargée d’organiser les manifestations envisageait de réduire leur fréquence.

Ils envisagent de « réduire les marches à une par moi ou pour les occasions nationales », a indiqué une source à la chaîne pro-Hezbollah al-Akhbar, soulignant qu’aucune décision n’a été prise.

Le 13 novembre, après 48 heures de violences entre Israël et le Jihad islamique palestinien, les rassemblements ont été annulés pour la troisième fois depuis fin mars 2018.

L’initiative est perçue comme visant à éviter une nouvelle confrontation avec Israël.

La Haute commission nationale pour la Marche du retour et la rupture du siège, qui comprend dans ses rangs des représentants des groupes terroristes et factions politiques basés à Gaza, a indiqué que le mouvement n’aurait pas lieu cette semaine pour que « les Palestiniens puissent continuer à apporter leur aide aux membres des familles de martyrs et aux blessés, ainsi qu’à ceux dont les habitations ont été endommagées par les agressions israéliennes ».

Les combats, la semaine dernière, ont commencé après l’assassinat ciblé par l’Etat juif de Baha Abu al-Ata, un chef du groupe terroriste du Jihad islamique installé dans la bande.

Au cours de cette escalade des tensions, les brigades Al-Quds – l’aile armée du Jihad islamique – a tiré 450 roquettes et mortiers vers Israël qui a répondu par des frappes de représailles sur l’enclave.

Des terroristes du Jihad islamique assistent à une cérémonie en mémoire de l’un d’entre eux qui a été tué dans des affrontements avec Israël, le 15 novembre 2019. (Hassan Jedi/Flash90)

Les brigades Ezzedine al-Qassam, qui appartiennent au groupe terroriste du Hamas, seraient restées – contrairement aux flambées précédentes de violences – largement en marge.

Trois Israéliens ont été blessés par des tirs de roquettes au cours des combats, et des dizaines d’autres ont été blessés alors qu’ils se précipitaient vers des abris anti-bombes.

Trente-quatre Palestiniens de Gaza ont été tués dans les confrontations et 109 ont été blessés, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas. Au moins 19 d’entre eux étaient membres de groupes terroristes. Plusieurs d’entre eux étaient civils, parmi lesquels huit mineurs.

Cette annulation survient après une légère reprise des tirs de roquettes depuis la bande.

Mardi, des terroristes ont tiré deux roquettes sur le sud d’Israël alors que les Palestiniens ont marqué un « jour de colère », en réponse à la décision de Washington en soutien aux implantations. L’un des projectiles a été abattu par les soldats opérant le système du Dôme de fer. Le second serait tombé dans un terrain vague de la région de Shaar HaNegev.

L’armée a indiqué avoir mené plusieurs frappes contre des cibles du Hamas en représailles.

La veille, un obus de mortier avait été tiré depuis Gaza et atterri dans le sud d’Israël.

Parallèlement, les banques postales de l’enclave ont commencé à distribuer 7 millions de dollars qataris en coupures de 100 dollars aux familles défavorisées.

Depuis le mois de mars 2018, les Palestiniens de Gaza ont pris part aux manifestations et émeutes à la frontière chaque vendredi, demandant à l’Etat juif de lever ses restrictions sur les mouvements de personnes et des biens entrant et sortant de l’enclave côtière et appelant au retour des réfugiés palestiniens et de leurs descendants sur les terres qui font aujourd’hui partie d’Israël.

Lors de ces émeutes, des jets de pierres, d’explosifs et de bombes artisanales sur les soldats, qui ont répondu à l’aide de gaz lacrymogènes et de tirs à balle réelle, ont été constatés. Au moins 200 Palestiniens ont trouvé la mort, selon le ministère de la Santé.

Les responsables israéliens affirment que les restrictions de circulation ont été mises en place pour empêcher le Hamas et d’autres groupes terroristes de se livrer à un trafic d’armes. Ils clament également que le retour des réfugiés palestiniens et de leurs descendants détruirait le caractère juif d’Israël.

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