Prêche antisémite de l’imam de Toulouse : la justice se prononcera en août
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Prêche antisémite de l’imam de Toulouse : la justice se prononcera en août

Au sujet d'une "bataille finale contre les Juifs", Mohammed Tatai invoquait une "traduction pas fidèle" ; le parquet de Toulouse a demandé une traduction certifiée

L'Imam Mohamed Tatai fait un sermon à la Grande Mosquée de Toulouse, France, le 15 décembre 2017. (Capture d'écran : YouTube)
L'Imam Mohamed Tatai fait un sermon à la Grande Mosquée de Toulouse, France, le 15 décembre 2017. (Capture d'écran : YouTube)

Le parquet de Toulouse a indiqué mardi avoir reçu la traduction certifiée du prêche controversé de l’imam de la ville Rose, Mohamed Tataï, et ne rendra pas sa décision avant la première quinzaine d’août dans cette affaire qui suscite l’émotion de la communauté juive.

Le parquet de Toulouse, saisi par le préfet de Haute-Garonne, a ouvert fin juin une enquête pour « des faits susceptibles de constituer une incitation à la haine », à propos d’une vidéo de décembre 2017 dans laquelle on voit l’imam de Toulouse prêcher en langue arabe et tenir des propos soupçonnés d’être antisémites.

Selon le texte sous-titré en anglais, Mohamed Tataï déclare notamment : « (Le prophète Muhammad) nous a parlé de la bataille finale et décisive : le jugement dernier ne viendra pas jusqu’à ce que les Musulmans combattent les Juifs ».

Mohamad Tataï avait ensuite invoqué une « traduction pas fidèle » qui « n’est pas le vrai sens du hadith » (texte religieux) qu’il cite dans la vidéo, où apparaît le logo de la chaîne Memri TV.

Le parquet de Toulouse a confirmé avoir reçu vendredi une traduction certifiée par un interprète assermenté. « Nous rentrons maintenant dans une phase d’analyses et il n’y aura pas de décision avant la première quinzaine d’août », a indiqué à l’AFP la secrétaire générale du parquet, Annick Browne.

« Le dossier est sensible et ne nécessite pas une réponse dans l’urgence donc nous prenons le temps de l’analyse », a-t-elle précisé.

Après avoir soutenu l’imam, le recteur de la Grande mosquée de Paris (GMP) Dalil Boubakeur a finalement condamné et regretté « vivement les propos totalement incongrus » de Mohamed Tataï, qui selon lui avait cité, dans le prêche incriminé, « un texte (hadith) de Abou Houray un traditionnaliste musulman du 7e siècle ».

« Devant nous, il lui en a été fait reproche. L’imam a reconnu son erreur et les conséquences aussi néfastes que toxiques de cette citation », a déclaré le recteur dans un courrier au maire de Toulouse qui avait réclamé des clarifications, suite à son soutien.

L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) et la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) avaient déposé plainte pour « incitation à la haine raciale ».

« Comment penser que nous puissions continuer à dialoguer avec quelqu’un qui souhaite notre mort ? », avait dénoncé de son côté Franck Touboul, président du CRIF Midi-Pyrénées, « nous ne pouvons nous satisfaire d’une simple condamnation de ces propos ».

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