Préparation de la maison du terroriste à la démolition et arrestations en Cisjordanie
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Préparation de la maison du terroriste à la démolition et arrestations en Cisjordanie

Un soldat a été légèrement blessé par une bombe artisanale au moment de la mesure de la maison du terroriste de Jérusalem ; plus de 60 Palestiniens ont été arrêtés

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats israéliens mesurent le domicile d'un terroriste pour préparer la démolition du bâtiment, le 28 novembre 2015. Illustration. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Des soldats israéliens mesurent le domicile d'un terroriste pour préparer la démolition du bâtiment, le 28 novembre 2015. Illustration. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)

Un soldat israélien a été légèrement blessé tôt lundi matin quand des Palestiniens ont jeté une bombe artisanale contre son unité pendant une opération dans un village palestinien du nord de Jérusalem, un jour après une attaque à main armée palestinienne qui a tué deux Israéliens et en a blessé cinq dans la capitale.

L’incident a eu lieu alors que les troupes israéliennes regroupaient des dizaines de Palestiniens suite à la fusillade de Jérusalem, dont 31 qui cherchaient à participer à des célébrations en mémoire du terroriste, ainsi que des proches de l’attaquant à Jérusalem Est, a annoncé à la radio militaire le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan.

Les soldats mesuraient le domicile d’al-Ram du terroriste après l’attaque de dimanche matin, l’une des premières étapes nécessaires pour sa démolition, quand des habitants ont jeté l’engin explosif artisanal sur eux, selon l’armée israélienne.

L’un des soldats a été légèrement blessé par un éclat de la bombe et transporté dans un hôpital voisin, a annoncé l’armée.

Levana Malihi, 60 ans, à gauche, et le policier Yosef Kirma, 29 ans, ont été tués pendant une attaque terroriste à Jérusalem, le 9 octobre 2016. (Crédit : porte-parole de la police israélienne)
Levana Malihi, 60 ans, à gauche, et le policier Yosef Kirma, 29 ans, ont été tués pendant une attaque terroriste à Jérusalem, le 9 octobre 2016. (Crédit : porte-parole de la police israélienne)

Dimanche soir, des foules se rassemblaient dans les rues devant la maison du terroriste de Jérusalem pour rendre hommage à l’attentat. Certains distribuaient des bonbons dans les rues aux voitures qui passaient au moment où avaient lieu les funérailles de deux victimes.

La maison était décorée de drapeaux verts du Hamas et d’une immense affiche de lui le désignant comme un shahid, un martyr. Sa mère se tenait à l’extérieur pour accueillir les visiteurs venus célébrer les meurtres.

« Avec l’esprit et le sang, nous te vengerons », scandait la foule, selon un article du site d’informations Ynet, et « bravo aux brigades Ezzedine al-Qassam », qui faisait référence à la branche militaire du Hamas.

Les photos et vidéos des célébrations ont attiré de vives condamnations en Israël et aux Etats-Unis, et Erdan a ordonné à la police d’empêcher tous rassemblements de partisans du meurtrier.

Célébrations devant la maison de Jérusalem Est du terroriste qui a assassiné deux Israéliens, le 9 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Célébrations devant la maison de Jérusalem Est du terroriste qui a assassiné deux Israéliens, le 9 octobre 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Quelque 31 personnes ont été arrêtées à Jérusalem Est pour avoir fêté l’attaque terroriste en distribuant des bonbons, en plaçant des affiches de soutien au tireur, en criant « Allahu Akbar », Dieu est grand en arabe, et en encourageant les propriétaires de magasins à fermer boutique en solidarité avec le terroriste, a annoncé la police.

Même si beaucoup de politiques israéliens ont demandé que la maison du terroriste soit démolie immédiatement, ces appels étaient largement rhétoriques, puisque le processus de démolition d’un domicile, qui commence par la mesure du bâtiment, prend en général plusieurs semaines, si ce n’est plusieurs mois, pour être achevée.

L’attaquant vivait à Silwan, mais l’armée a mesuré la maison de sa famille à al-Ram.

Un habitant d’al-Ram a été arrêté pendant l’opération, mais l’armée n’a pas précisé s’il était impliqué dans l’attaque à la bombe artisanale, s’il avait un lien avec la fusillade de dimanche ou s’il avait été arrêté pour une autre raison.

Pendant des opérations nocturnes en Cisjordanie et à Jérusalem Est dimanche soir et tôt lundi matin, les forces de sécurité israéliennes ont arrêté des dizaines de Palestiniens supplémentaires, la plupart pour avoir participé à des manifestations violentes, ont annoncé des responsables. Au total, 62 Palestiniens ont été arrêtés entre dimanche soir et lundi matin.

Ce nombre comprend la fille de l’attaquant et d’autres proches.

Quinze autres personnes ont été arrêtées à Jérusalem Est sur des soupçons de « crimes d’émeute », notamment « en jetant des pierres et des cocktails Molotov sur des civils et des forces de sécurité », a annoncé un porte-parole de la police.

En plus des arrestations à al-Ram et Azzun, les soldats israéliens ont arrêté neuf autres suspects palestiniens pendant la nuit, dont sept qui auraient pris part à des manifestations violentes et des jets de pierres, a annoncé l’armée.

L’armée a également continué sa répression de la fabrication et de la vente d’armes illégales en Cisjordanie, fermant un atelier présumé de fabrication et saisissant une arme semi-automatique artisanale.

Des soldats israéliens confisquent des machines d'un atelier présumé de fabrication d'armes dans le village palestinien d'Azzun, dans le nord de la Cisjordanie, le 10 octobre 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Des soldats israéliens confisquent des machines d’un atelier présumé de fabrication d’armes dans le village palestinien d’Azzun, dans le nord de la Cisjordanie, le 10 octobre 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

A Azzun, un village palestinien du nord de la Cisjordanie, les soldats de la brigade Givati ont fermé un atelier qui aurait été utilisé pour fabriquer illégalement des armes, soudant les portes du bâtiment, a annoncé l’armée.

L’équipement de l’atelier a également été saisi, ainsi que des armes, dont une arme à feu artisanale qui aurait été conçue sur le modèle d’un Thompson, a annoncé l’armée.

Des soldats israéliens scellent les portes d'un atelier présumé de fabrication d'armes dans le village palestinien d'Azzun, dans le nord de la Cisjordanie, le 10 octobre 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Des soldats israéliens scellent les portes d’un atelier présumé de fabrication d’armes dans le village palestinien d’Azzun, dans le nord de la Cisjordanie, le 10 octobre 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Six personnes ont également été arrêtées dans le village palestinien apparemment en lien avec l’atelier, a annoncé un porte-parole de l’armée.

Une arme semi-automatique saisie par des soldats israéliens dans le village palestinien d'Azzun, dans le nord de la Cisjordanie, le 10 octobre 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Une arme semi-automatique saisie par des soldats israéliens dans le village palestinien d’Azzun, dans le nord de la Cisjordanie, le 10 octobre 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

A Surif, à l’ouest du Gush Etzion, des soldats ont découvert une autre arme artisanale illégale, qui a été remise au Shin Bet et à la police pour la suite de l’enquête, a annoncé l’armée.

Ailleurs en Cisjordanie, de faibles affrontements ont éclaté dimanche soir quand 1 200 fidèles juifs, escortés par l’armée israélienne, la police, la police des frontières et l’administration civile du ministère de la Défense, se sont rendus au Tombeau de Joseph à Naplouse, a annoncé l’armée.

Tous les mois, des juifs religieux sont autorisés à se rendre dans la ville palestinienne pour visiter le lieu saint, alors que cette partie de la Cisjordanie est normalement interdite aux civils israéliens. Les habitants jettent quasiment à chaque visite des pierres et des engins incendiaires sur les troupes défendant les pèlerins.

Des juifs orthodoxes prient au tombeau de Joseph dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie, en 2011. (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)
Des juifs orthodoxes prient au tombeau de Joseph dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie, en 2011. (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)

Dimanche soir n’a pas été une exception, avec « nombre d’émeutes violentes qui ont eu lieu dans toute la ville », a annoncé l’armée.

Les forces de sécurité ont répliqué « sans entraîner ni blessé ni dégât », a annoncé l’armée.

« Les prières ont eu lieu normalement », selon un communiqué de l’armée.

Une secouriste israélienne aide une femme sur la scène d'une attaque terroriste à main armée à Jérusalem, le 9 octobre 2016. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)
Une secouriste israélienne aide une femme sur la scène d’une attaque terroriste à main armée à Jérusalem, le 9 octobre 2016. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)

L’attaque de dimanche a brisé un calme relatif dans la capitale après une vague de violence qui a duré plusieurs mois, et au cours de laquelle plusieurs attaques ont eu lieu près de la colline des munitions. Ces violences avaient semblé s’arrêter pendant l’été.

Les responsables craignent le retour des attaques au couteau, à main armée et à la voiture bélier avec le début de l’automne, un moment où les tensions religieuses sont souvent au plus haut.

Octobre 2015 avait marqué le début de plusieurs mois d’attaques quasi-quotidiennes pendant lesquelles au moins 34 Israéliens ont été assassinés. Plus de 200 Palestiniens ont également été tués pendant cette période, la majorité d’entre eux pendant qu’ils menaient ou tentaient de mener des attaques, ou pendant des affrontements avec les troupes, selon des responsables israéliens.

L’AFP a contribué à cet article.

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