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"On est obligé de faire du commerce avec tout le monde"

Président du Medef: « Problème de cohérence » à sanctionner Téhéran et non Ryad

Geoffroy Roux de Bézieux, qui estime que l'Iran est une démocratie, s'est insurgé contre l'extra-territorialité des sanctions américaines

Geoffroy roux de Bezieux, président du Medef. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Geoffroy roux de Bezieux, président du Medef. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a estimé mercredi qu’il y avait un « problème de cohérence » à sanctionner le commerce avec l’Iran et pas celui avec l’Arabie Saoudite, après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

« Si on fait des échanges avec des gens qui ne respectent pas les mêmes valeurs que nous, il faut leur appliquer la même jurisprudence », a déclaré M. Roux de Bézieux lors d’un déjeuner de l’organisation Ethic (Entreprises de taille humaine et de croissance).

« L’Iran qui a plein de défauts est quand même une démocratie et le président (Hassan) Rouhani a été élu par les Iraniens », a souligné le porte-parole des patrons, qui a ajouté que « le droit des femmes en Iran est bien supérieur au droit des femmes en Arabie Saoudite ».

Le président du Medef s’est insurgé contre l’extra-territorialité des sanctions américaines qui permettent à Washington de sanctionner les entreprises étrangères, par exemple européennes, qui commercent avec Téhéran.

Donald Trump et Emmanuel Macron trinquent dîner officiel à la Maison Blanche à Washington, le 24 avril 2018. (Crédit : AFP / Thomas KAMM)

« Moi je n’ai pas voté pour M. Trump, j’ai voté pour M. Macron et c’est à M. Macron de me dire si je fais du commerce avec l’Iran ou pas », a-t-il dit, ajoutant qu' »il faut qu’on ait une autonomie de décision a minima au niveau européen ».

Interrogé sur l’opportunité de vendre des armes à l’Arabie saoudite alors que l’Allemagne a appelé les Européens à ne plus les autoriser, il a jugé que « si on ne faisait du commerce qu’avec les démocraties, on ne ferait pas beaucoup de commerce. La démocratie recule dans le monde, contrairement à ce qu’on prédisait il y a un temps ».

« On est obligé de faire du commerce avec tout le monde avec l’espoir, mais pas la certitude, que plus les échanges augmentent, plus les chances que nos valeurs qui sont importantes, qui sont celles du respect de la personne humaine, se propagent », a encore dit M. Roux de Bézieux.

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