Prison ferme pour un astrophysicien palestinien accusé d’incitation à la violence
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Prison ferme pour un astrophysicien palestinien accusé d’incitation à la violence

Imed Barghouti aurait des relations avec le Hamas, et pourrait être libéré dans un mois en raison du temps déjà passé en prison

Imad Barghouthi pendant un rassemblement du Hamas à l'université al-Quds de Jérusalem, en octobre 2014. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Imad Barghouthi pendant un rassemblement du Hamas à l'université al-Quds de Jérusalem, en octobre 2014. (Crédit : capture d'écran YouTube)

L’astrophysicien palestinien Imed Barghouthi a été condamné dimanche à sept mois de prison ferme par un tribunal militaire israélien pour incitation à la violence, a indiqué l’ONG le Club des prisonniers palestiniens dans un communiqué.

Les autorités israéliennes affirment que Barghouti a des relations avec le Hamas, groupe terroriste palestinien. Il a été accusé d’incitation à la violence contre Israël.

Selon son avocat, Barghouthi avait été arrêté fin avril pour des commentaires publiés sur sa page Facebook, le procureur l’accusant d’incitation à la violence. Depuis, il était détenu sous le régime extrajudiciaire de la détention administrative qui permet d’incarcérer des suspects pendant des mois des suspects sans les inculper ni les juger.

Il avait fait appel de son arrestation auprès d’un tribunal militaire israélien, qui avait jugé en mai qu’il devait être libéré.

Cependant, les procureurs militaires ont choisi de le juger, ce qui a entraîné sa condamnation dimanche.

Le scientifique palestinien, qui a également été condamné à une amende de 2 000 shekels (450 euros), pourrait être libéré dans un mois si sa peine n’est pas ajoutée aux six mois déjà passés en détention.

Agé de 52 ans et père de deux enfants, Imed Barghouthi exerce comme professeur de physique à l’université al-Quds de Jérusalem. Il avait déjà été détenu durant deux mois l’année dernière, selon le Club des prisonniers palestiniens.

Une vidéo publiée sur YouTube où Barghouti s’adresse à la foule pendant un rassemblement du Hamas montre qu’il ne critique pas simplement la politique d’Israël en Cisjordanie, mais qu’il est aussi un partisan déclaré de la branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam.

Imad Barghouthi (à gauche) pendant un rassemblement du Hamas à l'université al-Quds de Jérusalem, en octobre 2014. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Imad Barghouthi (à gauche) pendant un rassemblement du Hamas à l’université al-Quds de Jérusalem, en octobre 2014. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Dans la vidéo, diffusée le 11 août 2014, au milieu de la guerre de 50 jours d’Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza, l’on peut voir Barghouti s’exprimer pendant un rassemblement du Hamas dans le centre de Ramallah, et appelé les Palestiniens de Cisjordanie à « prendre les armes pour défendre leurs maisons ».

Pendant un discours deux mois après dans son université, Barghouti a rendu hommage aux actions des brigades al-Qassam et appelé le public à se dévouer à la « résistance » et à la « libération d’Al-Aqsa et des lieux saints », une référence au mont du Temple de Jérusalem.

Barghouti a obtenu son doctorat à l’université de l’état de l’Utah, et a travaillé en Jordanie et en Arabie saoudite avant d’arriver à l’université al-Quds en 2000. Il avait déjà été arrêté par la police des frontières israélienne pour des accusations qui n’ont pas été précisées pendant qu’il tentait d’entrer en Jordanie en décembre 2014, et libéré le mois suivant.

Des groupes universitaires internationaux avaient protesté contre sa détention en 2014, dont l’Association française des universitaires pour le respect du droit international en Palestine, le Comité britannique pour les universités en Palestine, et le Comité des scientifiques inquiets, basé aux Etats-Unis, qu’ils avaient considérée comme un violation de la liberté d’expression et de la liberté de déplacement.

Plus de 10 % des quelque 7 000 Palestiniens détenus par Israël sont en détention administrative, un régime critiqué par des organisations de défense des droits de l’Homme.

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