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Procès Netanyahu : Hadas Klein nie être amie avec la femme de l’ex-Premier ministre

Pour sa deuxième journée de contre-interrogatoire, la témoin a refuté l'accusation de la défense selon laquelle elle était "protégée" et "du côté" des enquêteurs

Hadas Klein, assistante d'Arnon Milchan, arrive à une audience du procès de l'ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au tribunal de district de Jérusalem, le 5 juillet 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Hadas Klein, assistante d'Arnon Milchan, arrive à une audience du procès de l'ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au tribunal de district de Jérusalem, le 5 juillet 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Au deuxième jour de son contre-interrogatoire, Hadas Klein, témoin clé dans le procès pour corruption dont fait l’objet Benjamin Netanyahu, a rejeté les accusations formulées par la défense indiquant qu’elle était amie avec Sara Netanyahu et a rejeté les tentatives de l’équipe juridique de Netanyahu de saper son statut de témoin.

Hadas Klein, une assistante haut-placée du magnat d’Hollywood Arnon Milchan, a pris la parole à la barre mercredi pour la seconde journée de contre-interrogatoire, mené par l’avocat de Netanyahu, Amit Haddad, dans le cadre de l’affaire 1000, qui traite des cadeaux luxueux que le Premier ministre et sa famille auraient reçus, et des arrangements qu’il aurait accordés en échange.

Dans l’affaire 1000, l’ancien Premier ministre est accusé de fraude et d’abus de confiance pour avoir accepté des cadeaux de luxe de Milchan et du milliardaire australien James Packer d’une valeur de 691 776 shekels et pour être intervenu au nom de Milchan alors qu’il cherchait un renouvellement de son visa américain et en l’aidant sur le plan réglementaire.

Durant le témoignage de mercredi, la défense a présenté plusieurs messages WhatsApp faisant état d’une correspondance chaleureuse entre Sara Netanyahu et Klein, y compris des souhaits d’anniversaire de la part de l’épouse de l’ancien Premier ministre, et des bons vœux à l’occasion de la fête de Pessah en 2015.

Mais Klein a nié qu’elles entretenaient une quelconque relation amicale.

« J’ai vu le témoignage de Sara Netanyahu, disant que j’avais volé – ce n’est pas de l’amitié. Arnon m’avait dit que si je ne lui remettais pas les cadeaux, je ne pourrais pas être son amie, et que si elle découvrait que j’étais séfarade, elle ne serait résolument pas mon amie », a déclaré Hadas Klein.

L’avocat de Benjamin Netanyahu Amit Hadad au tribunal pour une audience dans le procès contre l’ancien Premier ministre, au tribunal du district de Jérusalem, le 13 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Elle a ajouté que durant la fête de Pessah, elle avait pris la décision d’envoyer une bouteille de champagne aux Netanyahu. Cela a été l’unique fois où elle a été l’instigatrice d’un tel geste.

L’accusation a également persisté dans ses tentatives de saper sa qualité de témoin lors de la session, arguant que Klein avait reçu un traitement préférentiel lors de l’enquête sur l’affaire.

Hadad a présenté une citation de l’interrogatoire, dans lequel les interrogateurs lui disent : « avec nous, vous êtes complètement protégée ».

Klein a clarifié que cette phrase signifiait qu’elle était « protégée en ce qui concerne les informations relatives à Arnon. C’est mon travail ! Je n’avais pas le droit de dire à Arnon que je participais à une enquête policière. Je pensais que vous me demandiez si j’étais protégée comme un témoin de l’Etat. »

Un ami de la famille de Klein a répondu mercredi à une question qui était posée directement à Klein pendant l’interrogatoire, avant d’être exclu de la salle d’audience. « C’est très sérieux, ce qui vient de se passer », a alors déclaré le juge à l’adresse de l’individu, qui a été interdit d’entrer dans la salle d’audience.

Klein a dit que lorsque Milchan avait été contacté pour être interrogé par la police, il paraissait effrayé et il lui avait demandé de prévoir une date pour son propre interrogatoire. Klein ne l’avait pas informé qu’elle avait également été interrogée.

James Packer, co-président de Melco Crown Entertainment, intervient lors d’une conférence de presse du projet Studio City à Macao, le 27 octobre 2015. (Kin Cheung/AP)

De plus, Hadad a montré une vidéo de l’interrogatoire de Klein, durant lequel les enquêteurs lui demandent d’appeler Packer pour qu’il vienne témoigner en Israël. « Je pense que Packer est en colère contre moi, parce que je suis de votre côté, et pas du sien », dit Hadas dans la vidéo.

Elle a clarifié devant la cour qu’elle n’était pas du côté des enquêteurs mais qu’elle craignait que c’était ce que pensait Packer, et a ajouté que s’il venait en Israël, « tant mieux, mais sinon, ça serait bien aussi ».

Klein a ajouté qu’elle a honoré la demande de l’interrogateur et a dit à Packer que les autorités demandaient à le voir.

Au premier jour de son contre-interrogatoire, l’une des conseillères les plus proches d’Arnon Milchan – qui est aussi un témoin déterminant dans le procès pour corruption de Benjamin Netanyahu – a nié les affirmations avancées par la défense selon qui elle avait dissimulé des éléments de preuve, qu’elle exagérait l’importance des cadeaux offerts à la famille Netanyahu et que ces mêmes cadeaux avaient été faits dans le cadre d’une amitié sincère et non dans celui d’un éventuel accord.

Le témoignage de Klein, qui a débuté la semaine dernière, porte essentiellement sur les différents cadeaux qu’elle aurait eu à acheter pour les Netanyahu ainsi que la disposition de l’ancien Premier ministre à intervenir en faveur de Milchan, notamment lors de difficultés liées à l’obtention de visas, lui permettant également d’obtenir des avantages réglementaires et fiscaux au bénéfice de ses intérêts commerciaux en Israël.

En plus de l’Affaire 1000, Netanyahu est mis en examen pour fraude et abus de confiance dans deux autres affaires, et de corruption dans l’une d’elles. Il nie toute malversation et affirme, sans preuve, que les charges retenues contre lui ont été fabriquées de toutes pièces et relèvent d’un complot ourdi par la police, le ministère public et ses rivaux politiques pour le forcer à quitter ses fonctions.

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