Profanation d’un mémorial de la Shoah en Grèce – la troisième en trois mois
Rechercher

Profanation d’un mémorial de la Shoah en Grèce – la troisième en trois mois

L'université de Thessalonique - bâtie sur le cimetière juif, rasé par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale - a fait nettoyer le monument

Photo d’illustration d'un mémorial de l'Holocauste au cimetière juif de Thessalonique, en Grèce (Crédit photo : Arie Darzi / Wikimedia Commons)
Photo d’illustration d'un mémorial de l'Holocauste au cimetière juif de Thessalonique, en Grèce (Crédit photo : Arie Darzi / Wikimedia Commons)

Un mémorial de l’extermination par les nazis de la population juive de Thessalonique (nord) a été profané par des inconnus, dans le troisième incident de ce type en Grèce depuis mai, a annoncé mercredi une source policière.

Des inconnus ont jeté de la peinture bleue sur ces stèles, dans l’enceinte de l’université de la ville, et y ont inscrit, avec une croix, « Jésus Christ vainc le diable », un slogan des milieux ultra-nationalistes orthodoxes grecs et serbes, a précisé la même source.

La profanation a été découverte mardi par une enseignante, et l’université – qui a condamné cette action tout comme la municipalité – a fait nettoyer le monument.

L’enquête a été confiée au service de répression des crimes racistes.

Le monument avait été érigé en 2014 pour rappeler que l’université a été construite sur le cimetière juif de la ville, rasé par les occupants nazis.

Le Congrès juif mondial s’est fait l’écho de la communauté juive de Grèce, après la profanation du monument.

« La consternation qui est la nôtre après une profanation aussi lâche est exacerbée par le fait qu’il ne s’agit pas d’un incident isolé. La Grèce a fait l’objet de plusieurs actes de profanation cette année. Nous continuons à nous tenir tenir aux côtés de la communauté juive de Thessalonique et de Grèce pour combattre le racisme, l’antisémitisme et la haine sous toutes les circonstances, » lit-on dans un communiqué signé Ronald S. Lauder, le président du Congrès juif mondial.

« La semaine dernière, la Grèce a été l’une des 22 nations à co-parrainer une déclaration conjointe au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, pour dénoncer l’antisémitisme, à l’initiative du Congrès juif mondial. Nous appelons la Grèce à s’en tenir à son engagement dans la lutte contre l’antisémitisme, et a traiter ces incident avec la sévérité, l’attention et les actions nécessaires. Une telle haine ne doit pas être autorisée. »

Le secrétaire général grec des Affaires religieuses George Kalantzis a publié un communiqué dans lequel il condamne « un acte qui s’inscrit dans la tradition et l’idéologie nazie ».

Le 27 juin, à l’issue d’une manifestation ultra-nationaliste, des inconnus avaient jeté de la peinture noire contre le principal mémorial consacré par la ville à la Shoah, sur une place centrale.

C’est là que tous les hommes juifs avaient été rassemblés le 11 juillet 1942 par les occupants nazis, inaugurant, avant les déportations massives de mars 1943, l’extermination de 98 % des quelque 50 000 Grecs juifs qui faisaient de Thessalonique un des centres du judaïsme dans les Balkans.

Les juifs de Thessalonique, rassemblés sur la place de la Liberté, en juillet 1942. (Crédit : Bundesarchiv)

Début mai, des stèles funéraires juives avaient aussi été endommagées dans le cimetière de Nikéa, dans la banlieue sud-ouest d’Athènes.

Imputées à l’extrême droite et en particulier à la mouvance néo-nazie, représentée au Parlement par le parti Aube Dorée, ce type de profanations est récurrent en Grèce.

Le pays, où les préjugés antisémites restent vivaces, a attendu la fin des années 1990 pour commencer à renouer avec l’histoire de sa communauté juive et de son extermination.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...