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Promue sur TikTok, l’application « No Thanks » cible les produits liés à Israël

Google avait brièvement interdit cette application - téléchargée par plus d'un million de personnes depuis novembre - pour sa référence faite au "meurtre d'enfants" dans sa description commerciale

L'application de boycott d'Israël "No Thanks" montre Nescafé sur sa liste de produits à boycotter. (Crédit : No Thanks)
L'application de boycott d'Israël "No Thanks" montre Nescafé sur sa liste de produits à boycotter. (Crédit : No Thanks)

Une application pro-palestinienne, créée pour que les consommateurs à boycotter les produits en provenance d’Israël, a gagné en notoriété sur TikTok alors même que des appels ont été lancés à Google, via les médias israéliens, en faveur de son interdiction.

Cette application gratuite, appelée « No Thanks », a été lancée par Ahmed Bashbash, un étudiant palestinien, au mois de novembre dernier. Téléchargée par 100 000 personnes en l’espace de seulement un mois, l’application permet aux consommateurs de scanner les code-barres des produits pour déterminer si ces derniers sont liés, d’une manière ou d’une autre, à Israël.

Au début du mois d’avril, « No Thanks » semblait avoir franchi le cap du million de téléchargements. Ce sont des millions d’internautes qui ont pu voir des vidéos d’influenceurs sur TikTok qui faisaient la promotion de l’application, ce qui a contribué à ce nombre impressionnant de téléchargements enregistrés sur quatre mois.

« ‘No Thanks’, ce n’est pas une tendance mais c’est un nouveau style de vie », dit ainsi un post publié sur X au sujet de l’application.

« No Thanks » cible des entreprises qui vont de McDonalds à Adidas. Certaines firmes ont rejoint la liste du boycott parce qu’elles avaient condamné l’attaque terroriste meurtrière qui avait été perpétrée par le Hamas, le 7 octobre – un assaut qui avait fait près de 1 200 morts dans le sud d’Israël. Les hommes armés, aidés de civils complices, avaient aussi enlevé 253 personnes qui avaient été prises en otage dans la bande de Gaza.

« Je ne suis pas convaincu que les partisans de l’application ‘No Thanks’, qui exhorte à boycotter Netflix et Apple, vont rapidement éteindre leur télévision et se débarrasser de leurs IPhones », commente Cary Nelson, ancien président de l’Association américaine des professeurs d’université et spécialiste du mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) anti-israélien.

Dans un entretien accordé au Times of Israel, Nelson fait remarquer la futilité du mouvement de boycott qui vise l’État juif aux États-Unis.

« Pour leur part, les partisans de ‘No Thanks’ vont s’enorgueillir d’avoir trouvé une marque de houmous non-israélienne. Les autres pourront continuer à acheter les marques de ‘No Thanks’, » explique-t-il.

L’application ‘No Thanks’ qui aide les consommateurs à boycotter les produits liés à Israël. (Autorisation)

Peu après le lancement de « No Thanks », Google avait interdit l’application dans sa boutique virtuelle – le géant technologique avait tiqué devant sa description commerciale, où elle se présentait comme un outil visant « à s’assurer que le produit qui se trouve entre vos mains ne soutient pas le meurtre des enfants en Palestine ».

Les créateurs de « No Thanks » avaient ensuite supprimé cette référence de la description de l’application, évoquant la campagne de boycott dans des termes plus généraux. Un changement qui avait suffi à convaincre Google de donner le feu vert au retour de l’application dans sa boutique, au mois de décembre dernier.

Avant la suppression de cette référence, plusieurs groupes de veille de l’antisémitisme avaient expliqué que l’accusation laissant entendre qu’Israël prenait délibérément pour cible des enfants était une forme moderne de « la diffamation du sang ». Au Moyen-Age, les Juifs étaient accusés de vider de leur sang les bébés chrétiens pour fabriquer de la matzah à Pessah.

« Un certain nombre d’usagers des réseaux sociaux, en Allemagne, disent que lorsqu’ils entendent de tels appels au boycott, ils se souviennent de l’appel qui avait été lancé par le parti national-socialiste en 1933, qui avait demandé à la population de ne rien acheter aux Juifs. Mais une comparaison de ce genre peut également être considérée comme historiquement inexacte et problématique en elle-même dans la mesure où elle fait courir le risque de banaliser le national-socialisme », a fait remarquer la DW, sur le territoire allemand.

Les médias ont continué, depuis, à critiquer l’application. Le 25 avril, les créateurs de « No Thanks » ont mis en garde les utilisateurs du réseau social X, anciennement Twitter, contre le site d’information israélien « Walla ». Une Opinion publiée sur le site avait demandé aux soutiens de l’État juif de se mobiliser et de lancer une pétition exigeant de Google le retrait de l’application de sa boutique virtuelle.

« L’un des plus grands sites d’information sionistes [sic] a évoqué l’application ‘No Thanks’ en demandant à tout le monde de la signaler de manière à ce qu’elle soit supprimée », a dit un post paru sur X.

Parmi les autres entreprises prises pour cible par « No Thanks », des start-ups israéliennes et des firmes qui, selon les créateurs de l’application, sont liées « au vol du territoire palestinien ».

Des Palestiniens brandissent des affiches demandant le boycott des produits israéliens lors d’un rassemblement dans la ville de Hébron en Cisjordanie, le 28 octobre 2023. (Crédit : HAZEM BADER / AFP)

Depuis son lancement, « No Thanks » a fait des affirmations qui s’avèrent être incontestablement mensongères sur X. Par exemple, au mois de décembre, l’application avait fait savoir que Starbucks avait perdu 12 milliards de dollars en raison des efforts menés dans le monde entier en faveur du boycott d’Israël. Sur la plateforme de l’application, sur X, ont par ailleurs été publiées des vidéos d’activistes en train de vandaliser les vitrines à l’aide d’autocollants représentant le drapeau palestinien.

« Complètement mensonger ou inutile »

Bashbash, le créateur de « No Thanks », étudiant en sciences informatiques qui vit en Hongrie, a déclaré aux journalistes que deux de ses frères et sœurs étaient morts à cause d’Israël – un frère qui a été tué dans un « massacre » récent commis par l’armée israélienne à Gaza et une sœur décédée à Jérusalem, il y a plusieurs années, parce qu’elle avait été prise en charge trop tardivement au niveau médical.

« J’ai fait ça au nom de mon frère et de ma sœur que j’ai perdus à cause de cette occupation brutale et mon objectif est d’empêcher que ce qui m’est arrivé arrive aussi à d’autres Palestiniens », a dit Bashbash à DW.

Un dessin de ‘No Thanks’ sur la page de l’application sur X. (Crédit : Domaine public)

Le Times of Israel a contacté Bashbash, sur Facebook, pour obtenir une interview, une demande restée sans réponse au moment de l’écriture de cet article.

Sur internet, sur les forums parlant de « No Thanks » et notamment sur Reddit, le public reconnaît être un peu perdu s’agissant de l’efficacité réelle de l’application.

« C’est complètement mensonger ou inutile », écrit ainsi un usager de Reddit dans le groupe Muslim Lounge. « L’application ne parvient pas à identifier des produits qui sont carrément sionistes comme Palwin ou Sabra. Elle peut même avoir nui et avoir arrêté le bon fonctionnement d’autres applications de BDS ».

D’autres utilisateurs de Reddit, de leur côté, font l’éloge de l’application qui, selon eux, les aide à prendre des initiatives pratiques pour décoloniser le monde.

L’application ‘No Thanks’ a été brièvement interdite au téléchargement dans le Google Store au mois de décembre 2023 pour ce texte. (Autorisation)

« Et cela profite très certainement au capitalisme et à la colonisation de faire en sorte que nous soyons trop occupés pour que nous ayons encore du temps libre – sans même parler de nous laisser du temps pour nous éduquer sur la question du démantèlement des systèmes d’oppression », note un usager.

Pour Eyal Cohen, expert israélien en génie logiciel et en applications internet, le problème qui se pose véritablement avec « No Thanks » est que « cela rend très facile le boycott, sans nécessité de creuser en profondeur les choses ».

Cohen compare l’application aux campements dressés sur les campus qui ont commencé à faire leur apparition dans les universités américaines au mois d’avril. La similarité entre ces camps et « No Thanks », dit-il au cours d’un entretien accordé au Times of Israel, c’est que tous deux sont facilement accessibles.

« Beaucoup de gens veulent réellement faire partie de quelque chose. Peu importe si c’est justifié tant que la cause leur donnera un sentiment d’inspiration », dit Cohen, qui vit aux États-Unis et qui a fait ses études à la Brandeis University.

« Et ils ont le sentiment qu’ils doivent se donner au mouvement pro-palestinien, et même au terrorisme, parce qu’ils sont tous les deux des sources d’inspiration », ajoute Cohen. « Ces causes réunissent vraiment à convaincre les gens, malheureusement – et ce n’est pas logique », déplore-t-il.

« Le Hamas a commis le 7 octobre, avant tout, pour inspirer la haine, pour attiser la haine et pour empêcher qu’une solution pacifique puisse être trouvée », continue-t-il.

« Un mouvement en échec »

Les tentatives visant à boycotter les firmes et les produits israéliens ont échoué dans le passé. Depuis des années, le mouvement a cherché à recréer la réussite des initiatives de désinvestissement qui avaient été entreprises à l’égard de l’Afrique du sud, pendant l’apartheid.

Des manifestants sur le campus de la Northwestern University demandent à leur école de désinvestir d’Israël à Evanston, dans l’Illinois, le 25 avril 2024. (Crédit : Scott Olson/Getty Images North America/Getty Images via AFP)

Mark Yudof, qui est le président du groupe Academic Engagement Network, a déclaré à CNN que les boycotts lancés à l’encontre d’Israël n’étaient pas efficaces, et ce pour plusieurs raisons.

« La vérité, c’est que c’est parfois difficile de déterminer qui fait des affaires avec Israël et quelle est la relation entretenue entre les uns et les autres dans le cadre de la guerre », a dit Yudof, l’ancien président de l’Université de Californie, à CNN.

Yudoff a fait remarquer que pas une seule université américaine n’avait désinvesti d’Israël à l’heure actuelle, malgré les efforts livrés par les groupes pro-palestiniens.

Certaines vidéos consacrées à « No Thanks » et qui circulent sur TikTok tentent de démystifier l’application – et l’idée que le boycott d’Israël apportera la paix au Moyen-Orient.

Un créateur, répondant au nom de « The Moderate Case », a accumulé les « vues » en exposant au grand jour les mensonges et le peu de répercussion du mouvement de boycott anti-israélien – un mouvement qui est la raison d’être de « No Thanks ».

Entre autres informations, « The Moderate Case » partage dans le détail les bénéfices engrangés par les entreprises figurant sur la liste de « No Thanks ». La croissance de presque toutes les compagnies majeures qui figurent sur cette liste n’a nullement été interrompue depuis le début de cette initiative de boycott, au mois d’octobre dernier et c’est le cas notamment pour Apple, Google, Starbucks et HP.

@themoderatecase

Keep it up guys! #fyp

♬ original sound – The Moderate Case

« Le mouvement de boycott d’Israël est un échec abject depuis des décennies et l’arrivée d’une application tape-à-l’œil ne changera rien à sa tendance à la baisse », note Jonah Cohen, directeur du département de la communication au sein du Committee for Accuracy in Mideast Reporting in America.

« La raison en est simple : l’ingénuité israélienne continue à attirer l’intérêt du monde et elle continue à enthousiasmer alors que les partisans du boycott n’ont que la négativité et le ressentiment à offrir », dit Cohen au Times of Israel.

« Tous les gadgets technologiques de la planète ne parviendront pas à faire disparaître l’idée médiocre qui se trouve au cœur de leur mouvement, un mouvement en échec », ajoute-t-il.

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