Que s’est-il donc passé ? 8 choses à savoir pour le 14 mars
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Revue de presse

Que s’est-il donc passé ? 8 choses à savoir pour le 14 mars

La presse et les spécialistes observent ce qui a maintenu Netanyahu au pouvoir et ce qui a poussé Rex Tillerson vers la sortie

Le ministre des Finances Moshe Kahlon, à gauche, serre la main du ministre de l'Intérieur Aryeh Deri lors d'une séance plénière à la Knesset, le 13 mars 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le ministre des Finances Moshe Kahlon, à gauche, serre la main du ministre de l'Intérieur Aryeh Deri lors d'une séance plénière à la Knesset, le 13 mars 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

1. Avec des élections anticipées annulées au dernier moment, l’attention se tourne vers l’analyse – cruciale – des événements qui viennent de se dérouler. « Que s’est-il donc passé » ? est la question qui hante les esprits de tous les Israéliens.

La Une de Haaretz, « Netanyahu retire son plan d’élections anticipées sous la pression des leaders des partis de la coalition », et le titre plus sarcastique choisi par le Yedioth Ahronoth, « Ils ont voté pour eux », ne permettent pas de pouvoir juger les hésitations de la coalition ces derniers jours.

Certains ont laissé entendre que Netanyahu et les autres craignaient de perdre le pouvoir à travers les élections : « Le Premier ministre n’a pas renoncé à des élections parce qu’il pensait que c’était une bonne chose pour le pays, il y a renoncé parce qu’elles auraient pu lui revenir au visage comme un boomerang », a écrit Sima Kadmon dans le Yedioth Ahronoth.

David Horovitz, du Times of Israel, a également présumé que les chiffres faibles parus dans les sondages concernant les partenaires de coalition de Netanyahu ont également entraîné cette volte-face. « Tous ces partis sont des partenaires potentiels ou actuels de la coalition pour le Likud. Tous sont de droite ou sont les alliés naturels d’un leadership de droite. Et tous sont apparus dans le sondage de lundi soir comme connaissant des faiblesses à un certain degré », a-t-il écrit.

2. Mais Netanyahu avait-il vraiment peur, ou était-ce plutôt le cas de ses partenaires de coalition – qui ont vu un moyen permettant d’éviter un scrutin anticipé en refusant d’appuyer la date favorisée du mois de juin pour des élections, comme l’indiquent plusieurs articles ?

« Pour Netanyahu, le moment idéal pour une élection aurait été le mois de juin – après les célébrations du 70ème anniversaire d’Israël et le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, et avant la décision prise par le procureur général sur son éventuelle inculpation dans les dossiers de corruption. Il était préférable qu’il se présente aux élections en tant que suspect plutôt qu’inculpé », a écrit Yossi Verter dans Haaretz. « Mais cette fenêtre est dorénavant close – non pas parce qu’il désirait vraiment que cela arrive, mais parce que ses partenaires ont été suffisamment avisés à la dernière minute pour s’unir contre lui et l’isoler ».

Le Times of Israel rapporte que ce sont des membres du Likud qui ont menacé d’une mutinerie s’il se présentait aux élections.

« Il lui est clairement apparu qu’il ne pourrait pas réunir une majorité. Les autres partis ne voulaient pas d’élections mais c’est le Likud qui les a écartées », aurait dit une source proche de la coalition. « Une fois que Netanyahu a réalisé qu’il pourrait devoir affronter une forme de rébellion, il a décidé de véritablement se pencher sur l’accord de compromis ».

3. La ligne officielle reste que la crise de coalition a été précipitée par une querelle portant sur la loi sur le service militaire des ultra-orthodoxes, qui a été autorisée à avancer en lecture préliminaire grâce à un accord obtenu au bout de 11 heures de négociations.

Israel Hayom a salué Netanyahu, disant qu’il a été le héros qui aura permis de trouver ce compromis, se faisant l’écho d’un sujet de conversation entendu au Likud – portant sur le fait que Netanyahu n’a jamais voulu d’élections anticipées et que le gouvernement s’est trouvé au bord de l’effondrement à cause du leader de Yisrael Beytenu Avigdor Liberman et des partis ultra-orthodoxes, jusqu’à ce que le bon sens reprenne ses droits.

« Les partenaires de la coalition sont tous parvenus à stopper les élections mais ils ont également montré combien leur volonté de rester au pouvoir était plus forte que quoi que ce soit d’autre », a écrit Moti Tochfeld dans le journal.

4. Dans le Yedioth, Yossi Yehoshua se demande dans quelle mesure l’armée a vraiment besoin des ultra-orthodoxes (même si pour la majorité, c’est une question de justice davantage que de main-d’oeuvre).

« L’armée israélienne se trouve, en effet, dans un ‘trou’ de main d’oeuvre en termes de soldats enrôlés mais c’est un état temporaire qui devrait disparaître dans les trois ans », est-il écrit.

5. Laissant peut-être entrevoir une opportunité dans les chiffres qui révèlent que Netanyahu dispose toujours d’un soutien massif malgré les enquêtes de corruption qui le touchent, Shmuel Rosner explique dans le New York Times pourquoi il s’inquiète du jour où le Premier ministre laissera son siège vacant.

« Netanyahu, tant qu’il ne sera pas forcé à partir, est sans aucun doute le leader le plus expérimenté dont disposent les Israéliens. En fait, c’est le seul qui soit doté d’une expérience réelle. Les détails et les noms peuvent être être ennuyeux, mais ceux qui espèrent lui succéder sont une ancienne personnalité des médias qui a brièvement servi au poste de ministre des Finances sans s’y distinguer, un ancien ministre de l’Environnement dont le parti s’est lassé après quelques mois et un ministre de l’Education très ambitieux mais qui manque de soutiens », a-t-il écrit, décrivant Yair Lapid, Avi Gabbay et Naftali Bennett sous leur jour le moins attrayant.

6. Le « Rexit » du secréataire d’Etat américain Rex Tillerson et son remplacement par Mike Pompeo est considéré comme une tentative de mettre le ministère des Affaires étrangères sur une ligne de pensée plus conforme à celle de Trump sur les sujets, entre autres, d’Israël et de l’Iran.

Israel Hayom se vante d’avoir anticipé ce limogeage – même si apparemment, cela n’a pas été le cas de Tillerson – rappelant un article du mois d’octobre où le journal indiquait que Tillerson était (déjà) sur le départ.

« Les choses ont été inscrites le jour même de la prise de fonction de Rex Tillerson. Dès le début, il a projeté la lassitude, la frustration, un manque notable d’enthousiasme pour son astreignante position », a écrit Avraham Ben Tzvi dans le tabloïd.

Toutefois, Raphael Ahren a souligné dans le Times of Israel que Tillerson n’était pas exactement John Kerry. « Tillerson… était considéré par Jérusalem comme un secrétaire d’Etat amical. Un ancien magnat du pétrole, qui n’avait pas de liens antérieurs avec l’Etat juif mais qui semblait en accord avec le point de vue pro-israélien de l’administration ».

Dans Haaretz, Chemi Shalev a noté qu’avec le penchant pour le limogeage affiché par le président Trump, Netanyahu devrait s’inquiéter de ce que sa proche amitié avec le chef d’Etat américain puisse appartenir un jour au passé : « Un grand nombre de leaders dans le monde s’inquiètent de ce qu’ils perçoivent comme une volonté de Trump à trahir ses alliés à l’étranger et les loyalistes chez lui quand cela lui chante, une destinée dont Netanyahu, pour une raison ou une autre, se sent pour sa part immunisé ».

7. Le départ dans le grand au-delà de Stephen Hawking n’as pas donné simplement lieu à des hagiographies du physicien légendaire, mais a également été l’occasion de revenir sur sa relation effilochée avec Israël et sur le soutien qu’il apportait aux Palestiniens.

« En 2013, sa décision de boycotter une conférence à Jérusalem rendant hommage à Shimon Peres, feu le président israélien, avait fait les gros titres à l’étranger et suscité l’indignation en Israël et dans une grande partie du monde juif », a écrit Haaretz.

« Des hommages ont été rendus mercredi au célèbre physicien britannique Stephen Hawking – non seulement en rappelant la brillance de son esprit scientifique mais également son esprit passionné de militant qui aura prêté sa voix unique à des causes, notamment au droit à la résistance des Palestiniens et un appel en faveur de la fin de la guerre en Syrie », a noté le Middle East Eye.

8. Les entreprises israéliennes ont figuré en bonne place dans la presse ces derniers jours en dévoilant des failles en termes de cyber-sécurité, depuis les interphones de surveillance aux puces informatiques.

Une découverte de ce type soulève toutefois des questions après que les laboratoires CTS de Tel Aviv ont affirmé avoir trouvé un moyen de hacker des puces AMD. Un chercheur l’a qualifiée de « surestimée au-delà du raisonnable » et certains se demandent s’il ne s’agit pas d’un stratagème marketing pour aider Intel, entreprise concurrente.

« C’est dur de prendre cela pour argent comptant parce que je ne pense pas qu’ils agissent de bonne foi et que le manque de détails rend cela invérifiable », a commenté Ben Gras, chercheur en sécurité logiciel à l’université libre d’Amsterdam, des propos repris dans Wired.

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