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Quelques jours de canicule suffiraient pour basculer dans l’insécurité alimentaire – étude

L'étude a été publiée alors que l’alimentaire est soumis à l'inflation suite à l'invasion de l'Ukraine et un mois après que l'Inde a décidé de réduire ses exportations de riz

Photo d'illustration : Les effets de la sécheresse, le 18 octobre 2019. (Crédit : piyaset, iStock de Getty Images)
Photo d'illustration : Les effets de la sécheresse, le 18 octobre 2019. (Crédit : piyaset, iStock de Getty Images)

Quelques jours de grande chaleur peuvent suffire à plonger des millions de personnes à travers le monde dans l’insécurité alimentaire, en les privant de leur revenu quotidien, soulignent des chercheurs dans une étude publiée lundi.

Les analyses se limitent généralement aux effets négatifs des chaleur sur le rendement des récoltes, sur des mois ou des années. Mais cette étude, publiée dans le journal Nature Human Behaviour, révèle que les effets peuvent en réalité être immédiats lorsqu’on envisage la privation de revenus pour les travailleurs pauvres.

« S’il fait chaud aujourd’hui, l’insécurité alimentaire peut arriver en quelques jours parce que les gens ne peuvent pas travailler, ne gagnent pas d’argent et n’ont donc pas les moyens de s’acheter à manger », a expliqué à l’AFP l’auteure principale de ces travaux, Carolin Kroeger de l’Université d’Oxford.

Selon son étude, une semaine de températures extrêmes en Inde signifie par exemple que huit millions de personnes supplémentaires seront confrontées à une grave insécurité alimentaire.

Sur cette photo prise le 22 octobre 2020, un agriculteur marche au milieu des orangers desséchés par la sécheresse dans les plaines au sud d’Agadir, au cœur du Maroc. (Crédit : Fadel Senna/AFP)

Sur les 150 pays examinés – en particulier dans les zones tropicales et subtropicales – la même vague de chaleur peut ainsi conduire des millions de personnes à connaître la famine.

La vulnérabilité porte surtout sur ceux qui exercent des métiers pour lesquels les travailleurs sont payés à la pièce ou au rendement.

Des femmes du Bengale occidental (Inde) sont par exemple payées selon le nombre de briques qu’elles transportent chaque jour. Lorsque des températures suffocantes les contraignent à charger moins de briques, elles peuvent perdre jusqu’à 50 % de leur revenu.

Une difficulté récemment illustrée dans un reportage de l’AFP dans le nord-ouest de la Syrie, où le forgeron Mourad Haddad doit se lever tôt pour éviter une chaleur insupportable.

« La chaleur nous tue. J’ai six enfants, et je peux à peine subvenir à leurs besoins. Si on ne travaille pas, on ne peut pas joindre les deux bouts », a-t-il raconté.

« Certaines choses vont empirer » 

« On trouve les effets les plus importants dans les pays à bas revenus, avec plus d’emplois agricoles ou vulnérables », a expliqué Kroeger.

470 milliards d’heures de travail – soit l’équivalent de près d’une semaine et demi de travail par personne dans le monde – ont été perdues en 2021 en raison des chaleurs extrêmes.

Ces conclusions interviennent alors que les prix alimentaires sont soumis à l’inflation consécutive à l’invasion russe de l’Ukraine et un mois après la décision de l’Inde, premier exportateur de riz, de réduire ses exportations en raison de mauvaises récoltes.

Les chercheurs se sont aussi rendus compte que la hausse des températures a causé un déclin de nutriments essentiels dans de nombreuses cultures qui servent à nourrir la planète.

« Beaucoup de records de chaleur ont été battus ces deux dernières années donc je pense que certaines choses vont empirer », prédit Kroeger.

« Mais certaines choses pourraient aider comme des micro-assurances ou une amélioration du droit du travail », a-t-elle raconté.

Selon le Groupe d’experts inter-gouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de l’ONU, des centaines de millions de personnes souffriront d’au moins 30 « journées de chaleur mortelle » chaque année d’ici 2080. Et cela même si le monde parvient à respecter l’accord de Paris et à limiter le réchauffement mondial bien en-dessous de 2°C.

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