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Quelques-uns des 189 actes antisémites commis en France depuis les massacres du Hamas

Tags, insultes, menaces... La liste d'actes antisémites survenus en France depuis le 7 octobre est longue

Un tag antisémite à Carcassonne, le 8 octobre 2023. (Crédit : Capture d’écran X)
Un tag antisémite à Carcassonne, le 8 octobre 2023. (Crédit : Capture d’écran X)

Le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin a affirmé samedi qu’il y avait eu 189 actes antisémites recensés sur le territoire français depuis l’attaque du groupe terroriste du Hamas contre Israël samedi dernier, et 65 interpellations en lien avec des actes de cette nature.

« 189 actes antisémites sont relevés depuis samedi dernier et également 2 449 signalements à la plateforme Pharos en lien avec l’apologie du terrorisme ou des propos antisémites sur internet », a déclaré M. Darmanin lors d’une conférence de presse au ministère de l’Intérieur.

Sur les 65 personnes interpellées, 10 sont des étrangers en situation irrégulière sur le territoire français et se trouvent actuellement « en centre de rétention administrative (…) ou détenus en prison pour deux d’entre eux ».

Parmi ces faits : des inscriptions, comme « des croix gammées, des ‘morts aux Juifs’, des appels à l’intifada ». Mais aussi « des actes encore plus graves, des gens arrêtés à l’entrée d’une école ou d’une synagogue avec une arme blanche, un drone qu’on a vu voler à l’intérieur d’un lieu cultuel juif », a indiqué le ministre sur France inter.

Ainsi, ces derniers jours, à Paris, dans le 16e arrondissement, deux lycéens scolarisés à Janson de Sailly ont déposé plainte pour « propos antisémites » et « apologie du terrorisme ». Les plaignants, Juifs, ont accusé trois autres élèves de les avoir insultés. Parmi eux, une jeune fille leur aurait envoyé un message, indiquant qu’elle soutenait le Hamas et qu’elle s’en prendrait aux Juifs. Le commissariat local a ouvert une enquête mercredi.

Dans un lycée des Hauts-de-Seine, un élève a lui aussi été pris à partie et a essuyé une dizaine d’insultes antisémites de la part de ses camarades.

Mercredi, toujours dans le 16e arrondissement de la capitale, les policiers ont interpellé un homme qui criait dans la rue : « Je vais brûler la France, je vais exterminer tous les Juifs ». Le suspect a été placé en garde à vue.

À Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), une jeune fille juive de 21 ans a déposé plainte pour harcèlement et menaces de mort. Elle a indiqué avoir reçu plusieurs appels téléphoniques et messages malveillants, tels que « sale pute », « t’es morte », « On va t’égorger », « Juif en boîte ». Le commissariat local a été saisi de l’enquête.

Dans le même département, un courrier menaçant a été déposé à mairie de la Garenne-Colombe. L’auteur indiquait son intention de s’attaquer à une école juive.

À Cergy (Val-d’Oise), les policiers ont constaté mercredi de nombreux tags hostiles à Israël, sur des murs et des panneaux. À Sarcelles, les occupants d’une voiture ont été vus passant plusieurs fois devant la synagogue de la ville et prenant des photos du dispositif policier mis en place.

À Sucy-en-Brie (Val-de-Marne), des agents ont découvert des étoiles de David taguées sur plusieurs commerces, avec une bombe de peinture noire. Le commissariat de Boissy-Saint-Léger est chargé de l’enquête.

Dans le même département, à Créteil, une jeune fille qui attendait le bus près de l’école Ozar Hatorah a été encerclée par deux hommes qui l’ont traité de « sale Juive » et l’ont menacée de mort. Elle n’a pas été prise à partie physiquement et une plainte a été déposée. Dans la même ville, samedi dernier, des individus ont pris des photos suspectes du bâtiment de la synagogue.

Dimanche 8, dans le 19e arrondissement de Paris, un homme se disant de nationalité syrienne et parlant anglais s’est présenté devant une école-synagogue où il a demandé au gardien de le laisser rentrer et lui a déclaré être présent pour poser une bombe, avant de lancer à plusieurs reprises « Allah Akbar ». Le suspect a été interpellé par un policier hors service puis conduit au commissariat de l’arrondissement.

Le même jour, dans le 16e arrondissement, un homme né en Tunisie a été arrêté et placé en garde à vue pour apologie du terrorisme et insulte à caractère racial après être passé devant une synagogue et avoir crié : « Sales Juifs, que 150 morts, c’est pas beaucoup, il en aurait fallu plus. » Il a été arrêté peu après et aurait déjà, la veille, vociféré des insultes antisémites devant la même synagogue. Il a été placé en garde à vue. Il devrait par ailleurs faire l’objet d’un placement en centre de rétention afin d’être expulsé. Une source policière proche du dossier a indiqué que le jeune homme interpellé était une sorte de « débile » qui n’avait exprimé aucune motivation claire lors de sa garde à vue.

À Nice, un homme a traité son beau-frère de « sale Juif » et a menacé d’égorger les gendarmes venus l’interpeller en faisant l’apologie du terrorisme, avec un « vive Daesh ».

À Lyon, un large graffiti « Soutien à la lutte armée palestinienne » a été inscrit en grosses lettres sur toute la façade d’un bâtiment de l’Université Lyon-2.

Des affiches haineuses ont aussi été placardées à Sciences-Po Lyon. « Gloire à Israël. Mort aux Arabes. Je soutiens Israël », est-il indiqué en hébreu, avec une large étoile de David. Caricaturales et simplistes, reprenant des slogans qui ne sont pas employés par des militants d’extrême droite pro-Israël, on peut légitimement penser que ce tract anti-arabe est en fait un coup monté, et que des étudiants juifs n’en seraient pas les auteurs.

https://twitter.com/mathisaucisse/status/1711973378251207018

Des universitaires ont aussi tenu des propos antisémites ou douteux au début de la semaine, et un maître de conférences de l’université Paris-Panthéon-Assas a depuis été suspendu.

Mila Benhamou, 18 ans, présidente locale de l’Union des étudiants juifs de France au campus spécialisé Moyen-Orient de Sciences Po Paris, délocalisé à Menton, a elle expliqué au micro d’Europe 1 : « On a beaucoup d’étudiants de notre campus de Sciences Po qui vont poster du contenu qui justifie le terrorisme qui a eu lieu en Israël. Moi, j’ai été dans un cours ce matin où on a justifié, encore une fois, le terrorisme en disant qu’Israël a fait bien pire et en appelant ça de la résistance ! »

À Carcassonne, un large tag antisémite, « Tuer les juifs est un devoir », a été inscrit sur les murs extérieurs d’un stade et une enquête a été ouverte.

À Aix-en-Provence, des médecins ont été insultées de « sales juives, sales putes » et menacées dans leur cabinet médical par un homme se disant Palestinien. Il a été interpellé et placé en garde à vue pour propos antisémites, menaces de commettre un crime ou un délit et apologie du terrorisme.

De son côté, l’Observatoire juif de France a indiqué en fin de semaine déposer plainte auprès du Procureur de la République contre le militant d’extrême droite Yvan Benedetti pour « apologie du terrorisme » suite à la publication d’un article intitulé « Soutien aux autochtones palestiniens qui défendent leur souveraineté et leur identité ». « Ce multirécidiviste surfe sur la triste et macabre actualité, les attaques des terroristes du Hamas, et continue à déverser sa haine envers les Juifs et Israël », a écrit l’OJF.

Dès le 7 octobre, Gérald Darmanin a annoncé le renforcement de la sécurité autour des lieux de culte et des établissements scolaires juifs dans plusieurs villes de France.

M. Darmanin répète depuis lundi qu’il n’y a pas de « menace avérée » contre des intérêts juifs en France, mais appelle à la « grande vigilance » de tous face au risque d’une action isolée au nom de la défense de l’islam.

Il a aussi annoncé que, dans le cas des personnes interpellées pour ces faits et « qui n’ont pas la nationalité française, [il] avait demandé à tous les préfets de retirer les titres de séjour, et de les placer en centre de rétention administrative pour une expulsion immédiate ». Selon le ministre, « 2 ou 3 personnes » ont déjà été concernées par cette mesure.

Les autorités françaises sont particulièrement attentives à tout signe pouvant révéler une propagation du conflit dans le pays, qui compte à la fois la plus forte communauté musulmane et la plus grande communauté juive d’Europe.

« Les réseaux sociaux ainsi que de premiers incidents aux abords de lieux de culte témoignent du fait que l’état d’esprit de nombre de personnes est belliqueux », a indiqué à CNews une source aux renseignements. « Par ailleurs, les intérêts juifs ont toujours été désignés comme des cibles légitimes pour les organisations terroristes islamistes. Dans ce contexte il faut rester très attentif au risque d’action isolée au nom de la défense de l’islam. »

Le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin et le ministre français de la Justice Eric Dupond-Moretti assistent à une cérémonie commémorative marquant le 8e anniversaire de l’attaque terroriste islamiste meurtrière de 2015 contre le supermarché juif Hyper Cacher à Paris, le 9 janvier 2023. (Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP)

Par ailleurs, Gérald Darmanin a annoncé samedi avoir utilisé à 11 reprises l’article 40 du code de procédure pénale (pour dénoncer des faits ou des propos à la justice) à l’encontre « d’associations ou personnes faisant acte de propos antisémites, d’apologie du terrorisme ou de soutien au Hamas », parmi lesquelles le « collectif Palestine Vaincra », le « Comité Action Palestine » et le « Parti des indigènes de la République ».

« J’ai demandé à l’ensemble des services du ministère de l’Intérieur de travailler à la dissolution de plusieurs associations ou collectifs relayant ou parfois finançant de manière officieuse et cachée le Hamas ou les mouvements autour du Hamas », a par ailleurs indiqué M. Darmanin, sans les nommer.

« Je veux redire que les manifestations pro-Hamas sont interdites sur tout le territoire de la République », a ajouté le ministre, évoquant une nouvelle « manifestation sauvage » samedi place de la République à Paris, donnant lieu à 9 interpellations et plus de 300 verbalisations.

Parmi les interpellés : l’ancien « journaliste » d’extrême gauche Taha Bouhafs, proche de la France insoumise, déchu après des accusations de violences sexuelles, une condamnation pour injure publique à caractère raciste et des accusations de manipulation des faits. Par le passé, l’individu avait menacé les « pseudo-influenceurs/ses qui soutiennent Israël » de les « attraper par la veste et les afficher comme jamais ». Il avait aussi appelé à la décapitation de Marine Le Pen en brandissant lors d’une manifestation une broche sur laquelle était accrochée une marionnette représentant la tête de la responsable d’extrême droite, parmi d’autres sinistres faits d’armes. L’homme, sans emploi, a depuis disparu de la scène médiatique et politique.

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