Recherche d’un compromis pour éviter d’évincer Yifat Shasha-Biton du Likud
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Recherche d’un compromis pour éviter d’évincer Yifat Shasha-Biton du Likud

Miki Zohar, chef de la coalition, aurait organisé une rencontre entre Yifat Shasha-Biton et Netanyahu pour tenter de trouver une solution moins sévère

La députée Yifat Shasha-Biton lors d'une réunion de la commission Coronavirus de la Knesset le 19 juillet 2020. (Capture d'écran : Knesset livestream)
La députée Yifat Shasha-Biton lors d'une réunion de la commission Coronavirus de la Knesset le 19 juillet 2020. (Capture d'écran : Knesset livestream)

Après que le chef de la coalition Miki Zohar a informé la semaine dernière que la présidente d’une commission parlementaire serait démise de son poste pour avoir bloqué des restrictions du gouvernement liées au coronavirus, un article de presse a indiqué dimanche qu’un compromis était recherché pour éviter son éviction.

L’élue du Likud, Yifat Shasha-Biton, qui dirige la commission Coronavirus de la Knesset depuis juin, s’est opposée au Premier ministre Benjamin Netanyahu en annulant certaines décisions du cabinet visant à limiter l’économie pendant l’épidémie, notamment la fermeture des restaurants, des salles de sport et des piscines.

Mais dimanche, Zohar travaillait en coulisses pour arranger les choses entre Shasha-Biton et Netanyahu, a indiqué le site d’information Ynet, citant Zohar.

« Il y a un temps pour la guerre et un temps pour la paix », a déclaré Zohar. Il est exact que j’essaie de trouver un compromis entre la députée Shasha-Biton et le Premier ministre. Naturellement, c’est mieux que de l’évincer. »

L’article notait que Shasha-Biton devrait rencontrer Netanyahu lundi pour discuter du sujet. Il a été ajouté, sans citer de source, que l’éviction de la présidente de la commission serait probablement évitée en privilégiant plutôt une sanction différente telle qu’une interdiction de présenter des projets de loi pendant un certain temps.

Il pourrait aussi être demandé à Shasha-Biton de trouver des accords avec le gouvernement avant de rejeter ses mesures, expliquait l’article.

Son éviction n’a pas encore été formellement approuvée par la Chambre des Commissions de la Knesset.

Le député Miki Zohar lors d’une réunion de la commission des arrangements à la Knesset, le 13 janvier 2020. (Hadas Parush/Flash90)

« Je veux vous informer qu’à la lumière de votre conduite et en l’absence de votes obligatoires dans l’assemblée plénière… il a été décidé de vous retirer votre poste de présidente de la commission Coronavirus », a écrit Zohar la semaine dernière dans une lettre adressée à Shasha-Biton.

Réagissant alors à la lettre de Zohar, Shasha-Biton a déclaré que la décision de l’évincer était en réalité celle de Netanyahu.

« J’ai agi selon ma conscience. La décision du Premier ministre de me limoger est destinée à empêcher que des délibérations, des discours, l’écoute du public, [et] d’autres voix soient entendus », a-t-elle écrit sur Twitter. « Je suis également heureuse d’avoir ouvert la commission au public avec transparence, sérieux et une totale écoute, et je m’engage à continuer à le faire à l’avenir, quelle que soit ma position. »

Outre Shasha-Biton, Zohar a sanctionné la semaine dernière plusieurs autres ministres du Likud et membres de la Knesset pour avoir été absents lors des votes en plénière, notamment sur un projet de loi visant à interdire aux psychothérapeutes de pratiquer une thérapie de conversion des homosexuels.

Ce projet de loi, qui a passé sa première lecture, a été soutenu par Kakhol lavan mais été contré par le Likud et les partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah de la coalition. Netanyahu lui-même faisait partie des 21 députés du Likud qui n’étaient pas présents lors du vote.

Les sanctions annoncées par Zohar comprennent l’interdiction pour les députés de soumettre des projets de loi jusqu’à la fin de la session actuelle de la Knesset et l’obligation pour les ministres d’exercer leurs fonctions de représentants du gouvernement pendant les sessions plénières.

Le député Shlomo Karhi, qui faisait partie des députés à sanctionner, s’en est pris à Zohar, un proche allié de Netanyahu.

« Miki agit de manière erronée et manipulatrice », a écrit Karhi sur Twitter. « Il est source de division, nuit au Likud et au Premier ministre et doit rentrer chez lui immédiatement. »

Le ministre du Renseignement Eli Cohen, également sanctionné, a aussi attaqué Zohar.

« Quand un petit homme projette une ombre géante, cela signifie que le soleil se couche. J’espère que vous agirez pour remplir votre mission et unir la faction », a-t-il écrit sur Twitter.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le député Miki Zohar lors d’une réunion de faction du Likud à la Knesset, le 7 décembre 2015. (Yonatan Sindel/Flash90)

Zohar a rejeté les critiques, affirmant qu’il faisait son travail en maintenant la coalition unie. Il a également semblé reconnaître le rôle de Netanyahu dans la décision d’évincer Shasha-Biton.

« Dans une consultation conjointe avec le Premier ministre, il a été décidé d’imposer des sanctions à quiconque enfreint la discipline [de la coalition] exactement comme l’a fait chaque gouvernement israélien dans l’histoire. Je suis désolé que certains n’acceptent pas les critiques et se livrent plutôt à des luttes intestines », a écrit Zohar sur Twitter.

Il a également reçu le soutien de Netanyahu.

« Sans discipline, le Likud ne peut pas gouverner, surtout pendant la crise du coronavirus », a tweeté Netanyahu. « Je demande à tous les membres du Likud de faire preuve de responsabilité, de respecter le responsable de la faction et de cesser les attaques inutiles au sein de la faction. »

L’un des ministres contre lesquels M. Zohar a annoncé des sanctions est le ministre de la Sécurité publique Amir Ohana, qui a démissionné lundi de la Knesset en vertu de la loi dite norvégienne permettant aux ministres de céder leur siège pour qu’un autre membre de leur parti puisse prendre leur place au Parlement. Il n’était pas clair si Zohar pouvait appliquer des sanctions contre Ohana.

Suite à ces mesures disciplinaires, le site d’information Ynet a rapporté que 12 députés du Likud – un tiers des députés du parti à la Knesset – ont signé une demande de destitution de Zohar en tant que président de la coalition. Une telle décision nécessiterait le soutien de 19 députés du Likud.

Ces sanctions font suite à plusieurs querelles au sein du Likud, dont une prise de bec publique la semaine dernière entre Zohar et le ministre des Finances Israel Katz.

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