Remaniement ministériel : Hanegbi à l’Agriculture, Akunis aux Affaires sociales
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Remaniement ministériel : Hanegbi à l’Agriculture, Akunis aux Affaires sociales

Ces nominations ont été annoncées à la suite du retrait de Cohen et de Bitan, après que la Haute Cour s'interroge sur la nomination de ministres par un gouvernement de transition

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu donne une conférence de presse à l'Orient Hotel à Jérusalem, le 1er janvier 2020. (Photo par Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu donne une conférence de presse à l'Orient Hotel à Jérusalem, le 1er janvier 2020. (Photo par Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé lundi une série de nominations ministérielles dans le cadre du remaniement d’un cabinet après avoir été contraint de renoncer à ses portefeuilles, en raison de sa potentielle mise en examen.

Le bureau du Premier ministre a déclaré dans un communiqué qu’il désignait Tzachi Hanegbi au poste de ministre de l’Agriculture, en plus de son portefeuille de la Coopération régionale. Ofir Akunis a été nommé ministre des Affaires sociales, en plus de son actuel poste de ministre des Sciences et des technologies.

De plus, le Premier ministre a confirmé que la députée du Likud Tzipi Hotovely serait nommée ministre des Affaires de la diaspora, soulignant que son poste de vice-ministre ne serait pas remplacé.

Tzipi Hotovely (G) et Tzachi Hanegbi (D) lors d’une réunion de la Commission des affaires étrangères et de la sécurité au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem le 21 juillet 2015 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Hotovely était vice-ministre quand Netanyahu était ministre des Affaires étrangères, entre autres portefeuilles, notamment celui de Premier ministre. En février dernier, ce dernier a chargé Israel Katz de le remplacer, en réponse à une requête déposée à la Haute Cour de justice autour du nombre de responsabilités ministérielles occupées par le chef du gouvernement.

Le député du Shas Meshulam Nahari sera nommé vice-ministre des Affaires sociales.

Le Premier ministre israélien avec Benjamin Netanyahu avec le ministre des Sciences, Ofir Akunis, à gauche, au début de la réunion hebdomaire de cabinet au cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 22 décembre 2019 (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

Deux députés s’étaient déjà retirés après que leurs nominations ont été suspendues après une décision de la Cour suprême remettant en question le droit d’un gouvernement transitoire de procéder à des désignations ministérielles.

Le vice-ministre des Finances Yitzhak Cohen du parti Shas a dû revenir sur son accord d’être nommé ministre du Logement après que l’approbation de sa nomination a été indéfiniment retardée.

Netanyahu a été contraint d’abandonner le ministère des Affaires sociales, mais c’est un portefeuille que le parti ultra-orthodoxe Shas semble peu disposé à occuper en raison de la responsabilité revenant au ministre en charge d’approuver les permis de travail pour le Shabbat, raison pour laquelle le Premier ministre a décidé de confier le portefeuille du logement à Cohen.

Le vice-ministre des Finances, Yitzhak Cohen, assiste à un événement de campagne du parti Shas à Jérusalem, le 22 juillet 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton / Flash90)

Dans sa décision rendue au début du mois, la Haute Cour a déclaré qu’en tant que gouvernement de transition n’ayant pas le soutien de la Knesset, il « doit s’abstenir d’apporter des changements à la composition [du cabinet] s’ils ne sont pas nécessaires pour assurer son bon fonctionnement ».

Les juges estiment qu’il faut faire la distinction entre les cas où un ministre a démissionné ou est décédé et ceux qui n’entraînent pas un « vide gouvernemental », comme le désir de remanier le cabinet pour des raisons politiques.

Le vote de ces nominations a ensuite été retardé, après avoir été, semble-t-il, déjà reporté en raison de soupçons de corruption à l’encontre de David Bitan, qui avait été nommé ministre de l’Agriculture.

Bitan, que la police a recommandé de mettre en examen pour de multiples accusations de corruption, notamment de pot-de-vin, de fraude et de blanchiment d’argent, a annoncé la semaine dernière qu’il renonçait à sa nomination, invoquant des retards « sous divers prétextes ».

Le député Likud David Bitan assiste à une réunion de la commission centrale électorale à la Knesset, le 5 mars 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Cette décision fait suite à une pétition contre l’approbation par le gouvernement de la nomination de Naftali Bennett au poste de ministre de la Défense en novembre, finalement confirmée par la Haute Cour.

Netanyahu, qui a occupé divers postes ministériels secondaires pendant son mandat de Premier ministre, a été contraint d’abandonner les portefeuilles de la Santé, des Affaires sociales et des Affaires de la diaspora en raison des accusations portées contre lui. Ces dernières n’exigent pas qu’il quitte ses fonctions de Premier ministre.

La nomination de Yaakov Litzman à la Santé a été approuvée avant la décision du tribunal.

En vertu des lois fondamentales quasi-constitutionnelles d’Israël, un gouvernement de transition peut nommer un député à un poste ministériel sans l’approbation de l’ensemble de la Knesset.

Israël dispose d’un gouvernement de transition depuis décembre 2018, date à laquelle la Knesset a voté sa dissolution et la tenue d’élections anticipées. Un troisième scrutin aura lieu le 2 mars, après que les deux précédents ont échoué à désigner un vainqueur clair, capable de former un gouvernement. Une première dans l’histoire d’Israël.

Netanyahu a procédé à de nombreuses nominations ministérielles alors qu’il dirigeait un gouvernement de transition, notamment en nommant Bennett au poste de ministre de la Défense, Katz aux Affaires étrangères et Amir Ohana à la Justice.

Le cabinet de Netanyahu comprend actuellement deux ministres menacés par une mise en examen pour corruption, sur recommandation de la police : le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri de Shas et Litzman, le chef du parti Yahadout HaTorah. Le député du Likud Haim Katz a démissionné de son poste de ministre des Affaires sociales en août après que le procureur général a annoncé des accusations de corruption contre lui.

En novembre, Netanyahu est devenu le premier Premier ministre en poste à faire l’objet de poursuites lorsque le procureur général Avichai Mandelblit a annoncé qu’il comptait l’inculper pour corruption, fraude et abus de confiance. Netanyahu nie ces allégations.

Aryeh Deri, chef du parti Shas, et ministre de l’Intérieur, (à droite), avec Yaakov Litzman, vice-ministre de la Santé du parti Yahadout HaTorah, lors d’une réunion conjointe de parti à la Knesset, à Jérusalem, le 19 juin 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Mandelblit a statué que Netanyahu n’a pas à démissionner de son poste de Premier ministre, car il dirige actuellement un gouvernement intérimaire, de sorte que cette action n’aurait « aucune pertinence pratique ». Mais il enjoint le Premier ministre à renoncer à ses autres fonctions.

Netanyahu avait promis à la Haute Cour qu’il les quitterait toutes, sauf celle de Premier ministre, avant la fin 2019.

En raison d’un accord de coalition de la 20e Knesset, aujourd’hui enterré mais pas encore remplacé, un portefeuille a été promis à un élu du Shas tandis que les deux autres ont été réservés à des députés du Likud.

A LIRE : Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

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