Rencontre de la dernière chance Netanyahu/Gantz pour former un gouvernement
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Rencontre de la dernière chance Netanyahu/Gantz pour former un gouvernement

Le chef de Kakhol lavan s'entretiendra avec le Premier ministre, 26 heures avant la date limite pour réunir une coalition, sans qu'une percée ne soit en vue

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz, (à gauche), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rencontrent au siège de l'armée israélienne à Tel Aviv, le 27 octobre 2019. (Crédit : Elad Malka)
Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz, (à gauche), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rencontrent au siège de l'armée israélienne à Tel Aviv, le 27 octobre 2019. (Crédit : Elad Malka)

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se réuniront mardi soir dans une ultime tentative de former un gouvernement d’unité entre leurs partis Kakhol lavan et le Likud.

La rencontre prévue à 22h aura lieu 26 heures avant la date limite imposée à M. Gantz pour former une coalition gouvernementale. Le leader centriste en a été chargé après l’échec de Netanyahu en la matière à la suite des élections de septembre.

Si M. Gantz ne parvient pas à former une coalition d’ici mercredi à minuit, les membres de la Knesset disposeront de 21 jours supplémentaires pour choisir un candidat chargé de former un gouvernement, ou décider de retourner aux élections – la troisième en moins d’un an.

Bien que l’ancien chef d’état-major de Tsahal ne dispose pas de perspective réaliste de former une coalition majoritaire sans le Likud, il pourrait théoriquement former un gouvernement minoritaire, à condition qu’Avidgor Liberman de Yisrael Beytenu se joigne au mouvement, avec le soutien extérieur de la Liste arabe unie à majorité arabe.

Netanyahu et Gantz se sont invectivés ces derniers jours sur la possibilité d’un gouvernement minoritaire soutenu par la Liste arabe unie, ce que le dirigeant de Kakhol lavan n’a ni confirmé ni infirmé.

Dimanche soir, le parti du Likud de Netanyahu a organisé un « rassemblement d’urgence » visant à « arrêter le dangereux gouvernement minoritaire qui dépend des partisans du terrorisme ». Sur place, le Premier ministre a accusé les membres de la Liste arabe unie de chercher à « détruire le pays ». Il a affirmé, sans preuve, que les députés arabes soutiennent les organisations terroristes de Gaza qu’Israël a combattues la semaine dernière.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (C) lors d’une réunion de l’union des 55 membres de son parti, le Likud, et d’autres partis de droite et religieux, à la Knesset, 18 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Netanyahu a essuyé un feu nourri pour ses commentaires, avec des membres de Kakhol lavan, de la Liste arabe unie et d’autres l’accusant d’incitation à la violence contre les députés et de reprendre les propos des extrémistes de droite.

S’adressant à la presse avant une réunion de faction à la Knesset lundi, Yair Lapid, n°2 de Kakhol lavan, a déclaré que la rhétorique de Netanyahu ressemblait à celle d’un disciple du terroriste juif Baruch Goldstein, qui a tué 29 fidèles musulmans en ouvrant le feu au Tombeau des Patriarches à Hébron en 1994.

« Les mots qui sortent de la bouche de Netanyahu ces derniers jours sont une incitation à la violence. Ce sont des paroles prononcées par des partisans de Baruch Goldstein, et non par un Premier ministre. Ça va mal finir. Il sait que ça va mal finir. Il est passé par là », a dit M. Lapid dans un communiqué. Netanyahu a été largement accusé par la gauche d’incitation dans la période qui a conduit à l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin en 1995.

Faisant le point sur ses efforts pour former un gouvernement d’unité avec le Likud, M. Gantz a déclaré lundi qu’il « a fini par comprendre qu’il s’adressait à un mur, à un bloc », a-t-il précisé, faisant référence à l’union de 55 membres de partis religieux et de droite qui insistent pour négocier en un seul bloc.

Le président de Kakhol lavan Benny Gantz (à droite) et Yair Lapid lors d’une réunion du parti à la Knesset, le 18 novembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

« Au lieu d’effrayer et de terrifier les autres, parlons. Au lieu d’inciter et de diviser, parlons. Asseyons-nous et parvenons à un compromis qui puisse servir véritablement tous les citoyens d’Israël. Cela peut permettre la formation d’un gouvernement d’unité large et libéral, comme le public le souhaitait », a-t-il ainsi appelé de ses vœux.

Les deux principaux points d’achoppement dans les pourparlers de coalition ont été le bloc de droite, dont Netanyahu a refusé de se séparer, et l’objection de Kakhol lavan à servir sous un Premier ministre faisant face à des accusations criminelles. Rivlin a proposé un accord de partage du pouvoir, en vertu duquel Netanyahu prendrait congés en cas de mise en accusation et serait remplacé par Gantz au poste de chef du gouvernement.

Le procureur général devrait annoncer sa décision d’inculper ou non Netanyahu d’ici le début de la semaine prochaine.

Plus tôt mardi, Netanyahu et le leader de Yisrael Beytenu, Liberman, se sont rencontrés pour la deuxième fois cette semaine. La réunion a été « positive et approfondis et les deux parties poursuivront leurs efforts pour former un gouvernement d’unité », ont déclaré le Likud et Yisrael Beytenu dans un communiqué commun.

Liberman, qui se place en faiseur de rois de la coalition depuis les élections de septembre, a déclaré lundi qu’il tenterait de forcer un gouvernement Likud-Kakhol lavan jusqu’à mercredi après-midi.

« Si, mercredi à midi, nous ne sommes pas parvenus à un accord, en ce qui me concerne, nous aurons échoué [à former un gouvernement d’unité] et ce sera chacun pour soi », a déclaré Liberman lundi à la presse, laissant apparemment la porte ouverte aux négociations pour un gouvernement minoritaire pendant les 12 dernières heures restant à Kakhol lavan pour former une coalition avant minuit ce jour-là.

S’adressant aux journalistes lundi, M. Liberman a déclaré que la rencontre de dimanche soir avec M. Netanyahu avait été « pragmatique » et que les deux hommes n’ont pas perdu de temps à discuter de leurs querelles personnelles passées.

Avigdor Liberman, président de Yisrael Beytenu, prend la parole lors d’une réunion de faction à la Knesset, le 18 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

La plus récente d’entre elles a été la rupture spectaculaire entre Netanyahu et Liberman en mai, lorsque le dirigeant de Yisrael Beytenu a refusé de rejoindre la coalition dirigée par le Likud après les élections d’avril précédentes en raison de désaccords avec ses alliés politiques ultra-orthodoxes, précipitant le vote de septembre.

Lundi, Netanyahu a décrit de la même façon les pourparlers du dimanche soir comme une « bonne réunion ».

« Tout n’est pas perdu. Je pense qu’il y a encore de l’espoir. J’ai eu une réunion hier avec [le président d’Yisrael Beytenu] Avigdor Liberman, une bonne réunion – et nous nous reparlerons. »

« Je n’arrive pas à croire que Liberman appuierait un tel gouvernement, soutenu par des défenseurs du terrorisme qui veulent détruire le pays », a fustigé Netanyahu. « Un gouvernement d’unité nationale, c’est ce qu’il faut au pays aujourd’hui. En ce moment historique, nous devons choisir entre la malédiction et la bénédiction ».

Liberman, qui a déjà fait campagne sur des politiques sévères contre les Arabes israéliens et qui dénonce régulièrement les députés de la Liste arabe unie comme des personnalités politiques illégitimes, a déclaré dimanche que tout gouvernement minoritaire serait une « catastrophe » pour le pays.

Liberman a refusé de dire quel scénario était le pire à ses yeux : la formation d’un gouvernement d’unité ou un troisième scrutin.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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