Rencontrez l’incroyable couple qui a restauré une synagogue polonaise
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Rencontrez l’incroyable couple qui a restauré une synagogue polonaise

Le documentaire 'Raise the Roof' montre comment Rick et Laura Brown ont dirigé une équipe pour recréer la magnifique Gwozdiec

  • Comme le montre "Raise the Roof", Jason Loïk et Rick Brown sont en train de stabiliser le haut de la bima du toit de la synagogue Gwoździec reconstruite, maintenant la pièce maîtresse du Musée POLIN de l'histoire des Juifs de Pologne à Varsovie, qui a ouvert ses portes en octobre 2014. (Crédit : production Trillium Studios)
    Comme le montre "Raise the Roof", Jason Loïk et Rick Brown sont en train de stabiliser le haut de la bima du toit de la synagogue Gwoździec reconstruite, maintenant la pièce maîtresse du Musée POLIN de l'histoire des Juifs de Pologne à Varsovie, qui a ouvert ses portes en octobre 2014. (Crédit : production Trillium Studios)
  • La structure du toit de la synagogue Gwoździec, les peintures au plafond et le Bīmah installés dans la galerie « La ville juive » du Musée POLIN de l'histoire des Juifs de Pologne (Crédit : Magda Starowieyska)
    La structure du toit de la synagogue Gwoździec, les peintures au plafond et le Bīmah installés dans la galerie « La ville juive » du Musée POLIN de l'histoire des Juifs de Pologne (Crédit : Magda Starowieyska)
  • Les artistes Rick et Laura Brown examinant les photos des synagogues polonaises qui n'existent plus pour aider à la reconstruction de la synagogue Gwoździec (Crédit : Trillium Studios production)
    Les artistes Rick et Laura Brown examinant les photos des synagogues polonaises qui n'existent plus pour aider à la reconstruction de la synagogue Gwoździec (Crédit : Trillium Studios production)
  • Yari et Cary Wolinsky tournant la calligraphie et la peinture pendant qu'Ariel Rosenblum examine le texte hébreu avec le rabbin Michael Schudrich, le Grand Rabbin de Pologne (Crédit : Trillium Studios production)
    Yari et Cary Wolinsky tournant la calligraphie et la peinture pendant qu'Ariel Rosenblum examine le texte hébreu avec le rabbin Michael Schudrich, le Grand Rabbin de Pologne (Crédit : Trillium Studios production)
  • Les maîtres peintres et les élèves en train de peindre un panneau long de 30 pieds (Crédit : Trillium Studios production)
    Les maîtres peintres et les élèves en train de peindre un panneau long de 30 pieds (Crédit : Trillium Studios production)
  • A Sanok en Pologne, les encadreurs et les étudiants ébéniste au niveau du sol à l'aide du travail d'équipe et de la puissance humaine collective pour soulever une poutre finie sur la structure du toit (Crédit : Trillium Studios production)
    A Sanok en Pologne, les encadreurs et les étudiants ébéniste au niveau du sol à l'aide du travail d'équipe et de la puissance humaine collective pour soulever une poutre finie sur la structure du toit (Crédit : Trillium Studios production)
  • Yari Wolinsky, le réalisateur, travaillant au studio Handshouse (Crédit : Trillium Studios production)
    Yari Wolinsky, le réalisateur, travaillant au studio Handshouse (Crédit : Trillium Studios production)

BOSTON – Ça fait près d’un an depuis que le président israélien Reuven Rivlin a prononcé un émouvant discours lors de la cérémonie d’ouverture du nouveau musée POLIN de Varsovie sur l’Histoire des Juifs polonais.

« Ce n’est pas un musée de l’Holocauste, c’est un musée de la vie », a proclamé Rivlin, faisant écho à la mission du musée qui raconte l’histoire sur 1 000 ans sur la façon dont les Juifs ont vécu en Pologne, et pas seulement comment ils sont morts.

Depuis lors, plus de 350 000 personnes à travers le monde, y compris des milliers d’Israéliens, ont visité le musée et la pièce maîtresse de son exposition permanente – la recréation du toit et du plafond peint au 18e siècle de la synagogue Gwozdziec et de son complexe bimah à huit côtés peint et sculpté à la main.

Un nouveau documentaire, « Raise the Roof », emmène les spectateurs dans les coulisses de l’histoire improbable et inspirante de la façon dont Rick et Laura Brown, une équipe composée d’un mari et d’une femme artistes et éducateurs visionnaires de Boston, ont dirigé un mouvement international de plus de 300 étudiants, artisans et chercheurs pour recréer ce magnifique joyau architectural, un petit morceau connu et significatif de l’histoire juive presque perdu.

À une certaine époque, il y avait quelque 200 de ces synagogues en bois construites au cours d’une période à laquelle on se réfère comme à l’âge d’or du judaïsme polonais. Aucune n’a survécu à la destruction pendant l’occupation nazie de la Pologne.

L'affiche pour "Raise the Roof",  les coulisses du documentaire illustrant la récréation de la synagogue Gwoździec (Crédit : Trillium Studios production)
L’affiche pour « Raise the Roof », les coulisses du documentaire illustrant la récréation de la synagogue Gwoździec (Crédit : Trillium Studios production)

Tout le travail pour recréer le toit et le plafond de la synagogue a été fait à la main, avec des rotations d’équipes d’étudiants de partout dans le monde qui ont travaillé sur les conseils d’artistes qualifiés en utilisant des méthodes, des outils et des matériaux qui ont été utilisés à l’époque où l’original a été fait. La reconstruction du toit a été menée par l’International Timber Framers Guild.

« La récupération de cet objet perdu est une histoire épique », selon Barbara Kirshenblatt-Gimblett, la directrice du programme de l’exposition permanente du Musée Polin, qui a collaboré avec les Brown ainsi que l’Association de l’Institut historique juive de Pologne pour la reconstruction.

Kirshenblatt-Gimblett, un des chercheurs interviewés dans le film, décrit le plafond peint comme une « voûte céleste », reflétant une période riche d’histoire juive polonaise qui contraste fortement avec les images stéréotypées de la vie appauvrie du shtetl juif polonais.

Déjà projeté dans le monde entier, le superbe film de 85 minutes passionnant de Yari Wolinsky (monteur et réalisateur) et son père, Cary Wolinsky (scénariste et producteur), a été présenté en Israël lors d’une projection le vendredi 2 octobre, au Festival international du film de Haïfa. Sharon Pucker Rivo et Lisa Rivo du National Center for Jewish Film de l’université de Brandeis, le distributeur du film, a dirigé une discussion après la diffusion du film.

Dans la scène d’ouverture du film, Rick Brown tient une vieille photo de la synagogue Gwozdziec, l’image intrigante qui l’a attiré lui et Laura dans le monde des synagogues en bois de la Pologne peu connu.

A partir de ce moment-là, lors d’une conférence de 2003 sur l’histoire anéanti tenue en Pologne, le couple, des Américains du sud qui ne sont ni juifs ou d’origine polonaise, ont été attirés par la beauté et la tragique destruction de ces synagogues. Ils étaient déterminés à aider à ramener cette histoire presque perdue à la vie, a déclaré Rick Brown.

Les Brown, des membres du corps professoral au Massachusetts College of Art and Design à Boston, sont les fondateurs d’une organisation éducative à but non lucratif appelée Handshouse qui se spécialise dans les projets pour recrééer de grands objets historiques en utilisant les méthodes traditionnelles.

« En regardant de près un objet historique et essayer de le reconstruire aussi précisément que possible, vous en apprenez inévitablement sur les forces sociales, politiques et économiques qui étaient présentes à ce moment-là », a expliqué Rick Brown dans une interview.

Jason Loïk, le peintre en chef, met la touche finale au plafond de la synagogue Gwozdziec (Crédit : Trillium Studios production)
Jason Loïk, le peintre en chef, met la touche finale au plafond de la synagogue Gwozdziec (Crédit : Trillium Studios production)

La photo qui a réveillé leur curiosité fait partie de la collection Alois Breyer (Breier) du Musée d’Art de Tel Aviv. Breyer (1885-1948) était un jeune étudiant en architecture à l’université de Technologie de Vienne, qui a voyagé en Galice en 1910 pour documenter certaines des synagogues en bois de la région.

Son étude de la couleur d’une partie de la plaque du plafond à l’intérieur de la synagogue Gwozdziec, construite vers 1914, est le seul exemple visuel existant connu des couleurs de plafond et était une source clé pour les Brown et leur équipe pour déterminer les couleurs utilisées par les peintres originaux.

L’étude Breyer « montre la palette et où chaque planche est », explique Laura Browns dans le film.

« Il nous a donné la base de bleu et de rouge », dit-elle, l’aidant à résoudre l’un des défis les plus persistants dans ce projet complexe. De ces indices, ils ont examiné d’autres sources, y compris des textes kabbalistiques et des colorants utilisés dans le domaine de l’industrie textile locale et de la fabrication de tente qui a joué un rôle central dans l’économie de la région à cette époque.

Les artistes Rick et Laura Brown examinant les photos des synagogues polonaises qui n'existent plus pour aider à la reconstruction de la synagogue Gwoździec (Crédit : Trillium Studios production)
Les artistes Rick et Laura Brown examinant les photos des synagogues polonaises qui n’existent plus pour aider à la reconstruction de la synagogue Gwoździec (Crédit : Trillium Studios production)

Le Musée de Tel Aviv a acquis la collection Breyer en 1937, l’a envoyée au musée au début de la Seconde Guerre mondiale, selon le Dr Batsheva Goldman Ida, la conservatrice des projets spéciaux. Elle a été exposée en 1941 puis ne l’a pas été pendant trois quarts de siècle, jusqu’à l’année dernière, où elle a été exposée dans le cadre d’une exposition organisée par Goldman-Ida qui juxtaposait l’architecture de la synagogue unique avec le travail des artistes du 20e siècle, El Lissitzky et Frank Stella.

Les Brown ont également obtenu une bourse de Kazimierz Piechotka et son épouse, Maria Piechotka.

Leur travail a été basé sur la documentation sur la synagogue d’entre deux guerres, qui a été compilée sous la direction d’Oskar Sosnowski et Szymon Zajczyk, qui ont péri pendant l’occupation nazie de la Pologne, qui a survécu. Le documentaire, « Raise the Roof », comprend une entrevue avec Maria Piechotka.

« Nous disons à nos étudiants qu’ils poursuivent le travail des chercheurs et des étudiants qui les ont précédés », dit Rick Brown dans le film.

Yari et Cary Wolinsky tournant la calligraphie et la peinture pendant qu'Ariel Rosenblum examine le texte hébreu avec le rabbin Michael Schudrich, le Grand Rabbin de Pologne (Crédit : Trillium Studios production)
Yari et Cary Wolinsky tournant la calligraphie et la peinture pendant qu’Ariel Rosenblum examine le texte hébreu avec le rabbin Michael Schudrich, le Grand Rabbin de Pologne (Crédit : Trillium Studios production)

Le réalisateur, Cary Wolinsky, dont les ancêtres étaient des Juifs de Pologne, dit que le film met en lumière la façon dont le projet Handshouse a engagé les jeunes dans les complexités de l’histoire juive polonaise.

Il fait preuve d’un optimisme prudent.

Jusqu’à récemment, a-t-il expliqué dans une conversation téléphonique, les jeunes Israéliens et les Juifs des Etats-Unis ont fait l’expérience de la Pologne dans une large mesure par des visites des camps de la mort. Le musée et le projet des Brown reflètent une volonté d’ouvrir un nouveau dialogue entre les Juifs et les Polonais, a-t-il observé.

Le film arrive à « un moment magique où il y a maintenant des opportunités pour les jeunes [d’Israël et de la Pologne] de se rencontrer, de parler et d’être curieux », s’est-il réjoui.

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